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Shou Sugi Ban : Une tradition japonaise exceptionnelle !

chalumeau et bois brûlé
brûlage du bois

Avez-vous déjà entendu parlé du Shou Sugi Ban ou Yakisugi ?…

Cette technique de brûlage du bois de bardage était très employée dans le Japon médiéval. En effet, comme dans les villes d’Europe, les maisons japonaises était majoritairement construites en bois. De plus, les rues étaient étroites. Cela favorisait la propagation d’incendies gigantesques comme celui de Chartres en 1134, de Bourges en 1252 ou ceux qui ravagèrent l’ancienne capitale du Japon : Edo. Ces incendies urbains étaient parmi les pires calamités que les habitants avaient à redouter. La ville d’Edo a connue à elle seule 85 incendies majeurs durant son histoire !

Des avantages multiples !

Les japonais ont donc pris l’habitude à cette époque de brûler les bardages de cèdre (cryptomeria japonica) qu’ils employaient pour leurs façades. Les avantages de cette technique sont multiples. D’abord, tout bois brûlé devient plus résistant et ralentit la propagation du feu entre les bâtiments. Le bois ainsi traité ne contient plus d’amidon dans ses couches supérieures, les insectes xylophages et les champignons n’ont donc plus rien à y faire ! Autre avantage, le bois brûlé est extrêmement résistant aux UV (qui est une des causes majeures du vieillissement du bois). Après le huilage final le bois est hydrofuge, limitant ainsi les variations dimensionnelles. Le bois ainsi préparé est réputé durer près d’un siècle ! Quel traitement chimique nous garantit une telle longévité ? Ne cherchez pas, il n’y en a aucun !

Vous l’aurez compris, le Shou Sugi Ban mérite vraiment qu’on s’y arrête car il présente de nombreux avantages pour la réalisation d’éléments extérieurs en bois massif. Les multiples variations des tons du brûlage du bois offrent également toute une palette d’effets pour la décoration intérieure. L’intensité du feu, les essences employées (cèdre, douglas, chêne, pin…) et le débit (dosse ou quartier) sont les 3 facteurs à explorer pour faire varier son esthétique.

Voici le procédé que j’utilise pour faire mon Shou Sugi Ban :

Matériel :

  1. Vos planches (essence, épaisseur et type de débit à votre convenance)
  2. Chalumeau de couvreur avec sa bonbonne de gaz
  3. De l’eau pour stopper le feu
  4. Brosse métallique ou synthétique (plus souple)
chalumeau en action
chalumeau en action

Huile de Tung Pure Sol-éco, bidon de 5 litres

Pure Huile de Tung 5L

Bidon de 5 litres, huile Sol-éco
huile Sol-éco

Procédé du Shou Sugi Ban :

Brûler le bois à l’aide du chalumeau en veillant à être régulier dans le brûlage pour obtenir une teinte homogène.

brûlage sur chêne
brûlage sur chêne

Lorsque le bois est bien brûlé en surface ou que vous estimez que sa teinte vous convient, arrêter le feu avec de l’eau puis laisser le bois à la verticale pour que l’eau puisse ruisseler hors de la planche. Laisser sécher quelques instants (variable en fonction du climat…).

stopper le feu avec de l'eau

Une fois la planche sèche, brosser le bois dans le sens des fibres pour enlever la couche carbonisée et friable. Pour cette étape, je préfère utiliser une brosse souple (type balai brosse) car elle creuse moins le bois.

brossage shou sugi ban
brossage des parties friables

Appliquer ensuite généreusement l’huile Sol-éco haute protection à l’aide d’un spalter ou d’une brosse large.

application de l'huile Sol-éco
application de l’huile Sol-éco

huilage au pinceau shou sugi ban

Puis, à l’aide du chalumeau, sécher l’huile en chauffant l’ensemble de la planche. Régler la flamme avec moins de puissance que lors du brûlage. Le but étant d’accélérer la catalyse de l’huile par évaporation des parties volatiles et non pas de rebrûler votre planche !

re-brûlage de l'huile
chauffer l’huile aide à la faire pénétrer en profondeur

Et voilà ! L’ensemble de ces opérations vous auront pris environ 10 minutes pour une planche de bardage classique. Votre bois est maintenant prêt à traverser le temps !

final shou sugi ban
c’est parti pour des décennies !

Utilisations du Shou Sugi Ban:

Hors le bardage, j’ai également utilisé cette technique pour mes potagers en carrés que je réalise avec du bois de coffrage (non-traité). L’avantage est d’utiliser du bois vraiment pas cher et de le rendre esthétique et durable même en contact direct avec la terre. Un autre avantage de cette technique est la constance de l’esthétique : en effet, le bois a le même aspect du premier au dernier jour. Plus de surprise ou de déception quant à l’évolution de sa couleur dans le temps !

Il existe de multiples applications au Shou Sugi Ban et quelque chose me dit que nous en verrons de plus en plus dans les années à venir… En guise de conclusion, je vous propose également une petite vidéo dont l’ambiance champêtre japonaise a tout pour me séduire !

Et maintenant, à vos chalumeaux !

Guillaume Le Penher

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2 réflexions au sujet de « Shou Sugi Ban : Une tradition japonaise exceptionnelle ! »

  1. Merci à Guillaume pour ces précieux conseils sur un projet de bardage en douglas version sugi-ban.
    Une réponse précise par mail le soir même et un excellent suivi après vente 🙂
    A recommander

    1. Merci beaucoup Anthony d’avoir pris le temps de laisser un commentaire ! Surtout si élogieux 😉
      Je cherche toujours à donner le maximum d’infos pour que mes clients puissent utiliser mes produits de la meilleure manière possible. Je suis également sensible aux retours qui permettent d’améliorer mon offre pour vous apporter encore plus de satisfaction. Bon chantier en Belgique ! J’ai hâte de voir des photos !

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