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Le Shou Sugi Ban n’existe pas ! (Shou Sugi Ban ou Yakisugi ?)…

brulage de douglas pour Shou Sugi Ban Yakisugi

1/ Le Shou Sugi Ban n’existe pas !

Je croyais que le Shou Sugi Ban existait depuis des siècles ! Qu’il était apparu du côté de Seto et Hiroshima, au Japon pour protéger le bois du climat local chaud et humide. Je m’étais trompé… Enfin pas complétement non plus !

Cette technique ancestrale japonaise protège durablement le bois par le feu. Elle présente de nombreux avantages techniques, écologiques et esthétiques. Je l’emploie moi-même depuis plusieurs années avec bonheur tant à l’extérieur qu’en intérieur. On dit qu’un bois traité par le feu dure plus de 80 ans…

façade de maison en bardage bois brûlé yakisugi Shou Sugi Ban

J’ai même écrit plusieurs articles sur le Shou Sugi Ban dont “Ma maison en bois brûlé”. Je le sais maintenant, je faisais une erreur monumentale. Moi qui aime la précision, je suis resté plus de 6 ans dans le faux. Fin 2019, j’ai persévéré dans l’erreur en créant un groupe Facebook : “Fans du Shou Sugi Ban” (que vous êtes invité à rejoindre si le thème vous intéresse et que vous n’y êtes pas encore). Ce groupe francophone à l’origine est vite devenu international. Il regroupe aujourd’hui plus d’une vingtaine de nationalités issues de 5 continents ! Que des joyeux fans du Shou Sugi Ban ! D’ailleurs j’adore l’enthousiasme qui se dégage du groupe. Tous ces gens du monde entier, fiers de poster leur dernier projet passé par la flamme. Cette technique a quelque chose de primitif, intemporel et puissant. Ceux qui y goutent une fois récidivent !

Malgré tout, j’ai commis une erreur… Découvrez laquelle en lisant la suite de cet article…

2/ La claque !

Il y avait bien eu quelques alertes, mais j’étais trop aveuglé par mon enthousiasme… Je n’ai pas écouté assez attentivement les quelques voix çà et là qui allaient à l’encontre de ma croyance. Caroline Hans, qui a rédigé un mémoire sur le sujet (ainsi que la page Wikipedia) lorsqu’elle était élève en école d’archi, mon client de la pointe bretonne Marc Elies (MEBB) ou cet article de Nakamoto Forestry (en anglais) qui proposait une piste intéressante… Malheureusement, je ne voyais pas la charge de cavalerie pointer au loin.

Et puis les Anglais ont tiré les premiers… Heureusement, nous n’étions pas à la bataille de Fontenoy (“Messieurs les Anglais, tirez les premiers !”). Mais la salve fut cinglante. Contrairement aux bataillons de Louis XV, je n’avais rien à gagner (pas même une noix de jambon de Bastogne ou une gaufre car Fontenoy est en Belgique mais on s’éloigne là!).

C’est arrivé sur Facebook, dans le groupe des “Fans du Shou Sugi Ban”. Un “cheval de Troie” accepté quelques jours auparavant dans le groupe me contacte en message privé. Cette dame me dit à peu près ceci : “Guillaume, vous utilisez l’expression Shou Sugi Ban qui est notre marque déposée au Royaume-Uni depuis 2009 et dans toute l’Europe depuis 2018. Vous parlez de Shou Sugi Ban au lieu de Yakisugi. Nous sommes les inventeurs du terme “Shou Sugi Ban” qui est une désignation de notre marketing. Veuillez cesser immédiatement l’utilisation frauduleuse de ce terme.”

3/ Contrefacteur sans le savoir !

brulage de douglas pour Shou Sugi Ban Yakisugi

Bon, là, je vous avoue que le sol s’est un peu dérobé sous mes pieds. D’abord, je ne suis pas en concurrence avec cette entreprise anglaise qui promeut vaguement le bois brûlé (d’ailleurs ils n’en fabriquent pas eux-même et la majeure partie de leurs projets d’architecture sentent plus le ciment que la fumée…). J’ai écrit des articles, tourné des vidéos et créé le groupe Facebook uniquement pour partager mes idées et connaissances autour du bois brûlé. J’ai vérifié à nouveau sur les moteurs de recherches et il existe des centaines de liens utilisant l’expression Shou Sugi Ban à travers le monde. Il faut vraiment chercher pour trouver un premier lien avec l’entreprise anglaise qui revendique légalement la propriété du terme. En fait, les 2 expressions semblent être utilisées à travers le monde.

J’ai immédiatement décidé 2 choses :

  • changer le nom du groupe Facebook, désormais appelé “Fans du Yakisugi”
  • étoffer mes connaissances par une recherche minutieuse que je partage avec vous

Ce que j’ai découvert ensuite m’a vraiment soufflé !

4/ Une bonne enquête…

Parmi les lecteurs de ce blog, il y a un détective privé qui a 25 ans de métier. Il doit sourire en lisant ce titre que j’écris en pensant à lui.

Pour comprendre ce qui se passait, j’ai d’abord contacté mes interlocuteurs privilégiés au sein de l’INPI (Institut National de la Propriété Intellectuelle). Je leur ai demandé comment une expression qui désigne universellement une technique a pu être déposé. Car soyons clair, j’attends toujours la preuve que cette entreprise britannique a créé elle-même cette expression vers les années 2005-2006 comme elle le prétend. Comment son nom aurait-il disparu des radars alors que la marque en question se serait miraculeusement propagée autour du monde de la France au Canada et à l’Australie ou aux Philippines ? Et cela bien sûr avec un budget communication qui semble quasi-inexistant ! C’est comme si Mickey était devenu célèbre dans le monde entier, sans pub et sans que personne ne connaisse Disney…

Bref, la règle actuelle en terme de propriété intellectuelle interdit le dépôt d’une technique. Donc pas de marque style “marqueterie”, béton banché” ou “pot-au-feu”. Il est probable que cette entreprise anglaise a argumenté sur un mot à consonance chinoise ou japonaise en disant l’avoir créé de toute pièce. L’institut Européen de la propriété intellectuelle (EUIPO )ne diligente pas d’enquête en ce sens et se limite à une recherche d’antériorité dans la base des marques. Après le délai légal d’information pendant lequel les contestations sont possibles, la marque est enregistrée. Fin du film.

Ensuite, si quelqu’un veut contester la validité d’une marque enregistrée, il doit ouvrir une procédure en contentieux. Cela coûte plusieurs milliers d’euros. Les conseillers français interrogés étaient eux-mêmes dans l’impossibilité de me renseigner plus clairement sur ce point, n’ayant jamais eu affaire à ce type de procédure. Ils m’ont simplement assuré que “cela coûte plus cher que le dépôt”… Dans cette procédure de contentieux, tout se joue autour de la démonstration de l’utilisation antérieure au dépôt de l’expression en question ainsi que de son caractère technique reconnu largement. En gros, j’arrivais à la conclusion sur ce point que l’entreprise britannique avait légalement la propriété intellectuelle en Europe de cette expression mais que cela reposait sur un socle fragile. Vous verrez à la fin de cette enquête que la propriété intellectuelle me réservait encore une autre surprise…

Désormais, mes recherches s’orientaient dans 2 voies :

  • L’antériorité ou pas de l’expression avant 2009 (UK) ou 2018 (Europe)
  • L’étymologie et l’étude des caractères qui composent l’expression

5/ Internet est une passoire mémorielle !

rinçage du carbone du Yakisugi
rinçage du carbone

En remontant les origines des publications consacrées au Shou Sugi Ban, je me suis heurté à un écueil. S’il est très facile de faire des recherches par date, les résultats sont très aléatoires. On peut définir dans Google que nous cherchons des publications antérieures à 2009 par exemple. Le souci c’est qu’Internet est un outil très jeune et remis à jour fréquemment. J’ai donc facilement trouvé des liens de publications datant de 2006 ou 2007. Cela tendait à prouver que mes interlocuteurs anglais avaient un peu surestimé leur créativité linguistique. Mais en cliquant sur les liens en questions, les pages proposées ne reflétaient pas le lien. En effet, elles avaient été mises à jour de nombreuses fois dans l’intervalle. Alors preuve ou pas ? C’est pas clair.

Si vous voulez, c’est comme un livre d’histoire auquel on aurait gardé le sommaire au fil du temps et modifié tout le contenu des chapitres. Finalement, le sommaire garde une trace d’un contenu depuis longtemps disparu. Si nous basons toutes nos recherches historiques sur Internet, nous risquons d’être de plus en plus déçu au fil du temps. En plus la majeure partie des contenus publiés ne sont validés par aucun tiers. C’est aussi le cas du blog que vous lisez actuellement. Je m’applique à citer mes sources et consulter des experts mais je peux me tromper de bonne foi !

Cette piste est donc un peu délicate. Je la laisse de côté pour l’instant en attendant de trouver des publications qui nous apporteraient un éclairage nouveau et fiable sur ce point précis. Voyons un peu ce que ça donne sur le plan linguistique.

6/ Alors, Shou Sugi Ban ou Yakisugi ?

Voici un mystère, doit-on parler de Shou Sugi Ban ou de Yakisugi pour parler de cette technique japonaise de bardage brûlé ? Mettons de côté les revendications (aujourd’hui légales) de l’entreprise britannique et intéressons-nous aux termes employés.

Bien sûr les 2 expressions se basent sur la même série d’idéogrammes chinois, passés dans le japonais au Moyen-Âge. Ces idéogrammes apprtiennent au Kanji, un des 3 alphabets qui cohabitent en japonais. Sur cette partie, l’article de Nakamoto Forestry (en anglais) est très clair. D’après eux, l’expression Shou Sugi Ban est une erreur de lecture des idéogrammes chinois par quelqu’un qui ne connait pas le japonais et la prononciation particulière du kanji.

A ce stade, j’en suis là : la véritable expression est Yakisugi-ita mal prononcée (on ne sait pas bien à partir de quand) “Shou Sugi Ban”. Ce qui signifie “planche (ita) de cèdre (Sugi) brûlée (Yaki)“. Pour le japonais, c’est ok ! Mais la partie soi-disant chinoise m’interroge encore…

petit bateau sculpté en cèdre du Japon (sugi)
Un petit bateau que j’ai sculpté dans du cèdre du Japon
(Sugi) ramassé sur la cale d’échouage de Horta
sur l’île de Faial aux Açores en 1991

Au collège, j’étais helléniste et j’ai toujours adoré l’étymologie ! La recherche des racines des mots nourrit une de mes plus grandes forces, l’#Input (ma 3ème exactement selon le test Gallup CliftonStrengths dont je parle régulièrement sur un autre blog que j’alimente : DesForcesPourLaVie. Ce test permet de découvrir ses talents naturels et de les développer en véritables forces). #Input, c’est la capacité à collectionner les infos, les chiffres, les connaissances car, on ne sait jamais, ça peut toujours servir un jour ;).

Ici, il ne s’agit pas de mots grecs mais de caractères chinois. Je décide alors de mettre mon “Guanxi” (réseau en Chine) en alerte pour m’aider à contacter un des plus grands sinologues en France : Cyrille J.D Javary. Lui seul peut m’éclairer sur l’interprétation des idéogrammes avancée par Nakamoto Forestry…

7/ Lost in Translation

Là, on rentre dans le “dur”…

Avant de contacter Cyrille Javary, j’ai feuilleté une fois de plus mon “Grand dictionnaire RICCI des plantes de Chine”. Puisque tous ces idéogrammes étaient chinois, la première chose à faire était de vérifier s’ils désignaient bien ce qu’on prétendait : du cèdre du japon (Cryptomeria japonica) brûlé. En réalité, je tombe sur un terme composé de 2 idéogrammes 柳杉 qui se prononcent “liǔ shān”. Donc pas de “Sugi” qui signifie cèdre en japonais… de plus, un seul de ces idéogrammes se retrouve dans l’expression Shou Sugi Ban/Yakisugi-ita.

Voici une traduction rapide de la partie intéressante de l’article du blog de Nakamoto Forestry :

kanji「焼」ou “yaki”, dans la prononciation indigène japonaise, se lit comme “shou” dans la prononciation japonaise de la prononciation chinoise originale, également écrite comme “xiao” dans le mandarin moderne Pinyin. Alors「板」ou “ita” dans la prononciation indigène japonaise se lit comme “ban” dans la prononciation japonaise de la prononciation chinoise originale, similaire à “ban” dans le mandarin moderne Pinyin. Il est donc fort probable qu’un universitaire (en raison du mot composé de 3 kanji moins souvent utilisé) ait lu par erreur 「焼杉 板」 comme “shousugiban” au lieu du bon “yakisugi-ita”, ou plus communément “yakisugi”. En d’autres termes, l’erreur commise par un étranger a été de lire le kanji composé avec un mélange de prononciation chinoise et japonaise, au lieu de la seule prononciation japonaise que tout Japonais connaît.

Nakamoto Forestry

Vous suivez encore ? C’est là que nous avons vraiment besoin des compétences d’un spécialiste de la trempe de Cyrille Javary… Je dois préciser que j’appécie la rigueur, l’écriture et le partage de connaissances de ce spécialiste de la Chine qui vécut d’ailleurs à Taiwan entre 1979 et 1981. J’ai lu avec beaucoup de plaisir “Les 3 sagesses chinoises” et “La souplesse du dragon”.

8/ Comment prononcer ?

Je me retrouve donc avec 5 idéogrammes dont 1 s’est perdu dans la version finale de l’expression (柳 liǔ) et un autre qui apporte une précision (ita = planche). Quel bazar !

Pour commencer, décomposons l’expression chinoise désignant ce fameux cèdre japonais employé historiquement pour le bois brûlé. 柳杉 liǔ shān. Grâce à Mr Javary, voici ce que j’ai appris :

  • 柳 liǔ est le nom commun du saule
  • shān est le nom du sapin de Chine / Cunninghamia lanceolata. Cet idéogramme est resté dans l’expression finale.
  • Les 2 ensembles désignent bien le cèdre du japon, Cryptomeria japonica. Ce “cèdre” est en fait de la famille des cyprès… Cette essence très légère et naturellement résistante a été implantée notament aux Açores et sur l’île de la Réunion.

Maintenant revenons à l’expression complète. Si la prononciation Shou Sugi Ban vient du chinois, nous n’allons pas tarder à le savoir. Déjà, “Sugi” n’est pas une prononciation chinoise mais Japonaise. Les chinois disent 杉 shān. Et les autres caractères, quelle est leur prononciation ?

Cyrille Javary m’éclaire ensuite sur “Shou” ou “Yaki” :

焼 est la simplification japonaise du caractère chinois : 燒 [shāo] roast, cook, burn et dont la simplification chinoise est : 烧.

Cyrille Javary

Avec shāo, je me retrouve dans les shou, heu, dans les choux je veux dire. Encore une fois l’hypothèse d’une prononciation à la chinoise des idéogrammes “Yakisugi-ita” ne tient pas la route… D’ailleurs en parlant de choux, avec “Yaki” (grillé, brûlé) nous entrons en cuisine : Yakitori, Yaki udon, Yakisoba… Yakisoba, littéralement “nouilles sautées” rappellent les “chao mian” (炒 chǎo, stir-fry) de Shanghai.

Bon, plions les serviettes pour revenir à notre dernier terme : “Ita” ou “Ban”. Toujours selon Cyrille Javary, “quant à 板 [bǎn] il signifie bien : board, hard”. OUF ! Enfin un terme qui correspond !

9/ Pour résumer

Grâce à l’aide de Cyrille Javary, j’ai pu comprendre quelque chose d’important : la prononciation “Shou Sugi Ban” n’existe pas. Cette expression n’est forgée sur aucune logique linguistique rigoureuse. Si nous devions utiliser une prononciation chinoise, ce serait : “烧 (shāo) 杉 (shān) 板 (bǎn)”. En partant de cette expression, cela modifierait sensiblement le résultat car le bois serait alors du sapin de Chine (Cunninghamia lanceolata) au lieu du Cryptomeria japonica.

La prononciation Shou Sugi Ban si elle n’est pas d’origine chinoise, s’est tout de même imposée dans la majeure partie du monde occidental. La seule exception notoire (d’après mes recherches) semble être l’Allemagne qui a conservé majoritairement la prononciation japonaise courte “Yakisugi”. Dans le fond, cette querelle est de peu d’importance ! L’essentiel étant de se comprendre ! Toutefois, pour une question de précision, je vais m’employer à utiliser désormais en premier lieu le terme Yakisugi en lieu et place de Shou Sugi Ban.

J’espère ne pas vous avoir trop fatigué les neurones avec mes histoires de prononciation… La grande leçon que j’en retire est qu’il faut toujours rester vigilant surtout face à ce qui semble un lieu commun sur le net…

10/ Première révélation

En début d’article je vous annonçais une révélation. En fait, je vous en ai gardé 2 pour la fin. La première, c’est que toute cette affaire m’a fait réaliser qu’il n’y avait pas de LIVRE sur le sujet du bois brûlé. J’ai cherché en français et en anglais et je n’ai rien trouvé (si je me trompe, n’hésitez pas à me laisser un commentaire avec la référence du livre, merci !). Alors, avec ma merveilleuse épouse, Sophie, nous avons décidé d’écrire ce premier livre sur cette technique à la fois traditionnelle et résolument moderne du Yakisugi. Sophie fera les illustrations et m’aidera à réunir et trier toute la matière. Je me charge bien sûr de l’écriture ;).

brûlage au chalumeau d'un clin de Douglas Shou Sugi Ban

RESTEZ INFORMÉ/E

Laissez votre prénom et votre email si vous souhaitez contribuer ou être tenu/e au courant en premier de l'avancement du premier livre sur le Yakisugi !

Pour ce projet passionnant, nous avons besoin de VOUS ! Vous pouvez construire ce livre avec nous. SI vous avez des images, des témoignages, des projets, des infos, partagez-les avec nous. Nous verrons ensuite comment les insérer. Si vous êtes architecte et que vous utilisez cette technique pour vos bâtiments, saisissez cette occasion pour les promouvoir dans ce premier livre sur le bois brûlé ! Si vous représentez une entreprise qui fabrique du bardage ou de la décoration en yakisugi, nous attendons avec impatience que vous partagiez votre passion avec le plus grand nombre !

Nous voulons faire de cet ouvrage un événement dans la communauté des passionnés du bois, des architectes et plus globalement auprès de toutes les personnes qui souhaitent utiliser une technique ancestrale et écologique pour construire leur maison. Nous lançons donc un appel à coopération pour que ce livre soit le plus complet, le plus beau et le plus inspirant possible ! Rêvons ensemble d’une architecture plus responsable pour le futur. Quelque chose me dit que le Yakisugi coche pas mal de cases…

Alors, vous en êtes ?

11/ Seconde révélation

Revenons un instant à l’article de blog de Nakamoto Forestry. Pour l’architecte japonais qui a popularisé en occident la méthode japonaise de préservation du bardage par le feu, Terunobu Fujimori, le nom que nous devons donner à cette technique est bien “Yakisugi”. Et là, il y a un autre problème en Europe.

https://upload.wikimedia.org/wikipedia/commons/thumb/5/5a/Coal_House.jpg/320px-Coal_House.jpg
Coal House par Terunobu Fujimori
Photo sous licence CC

En effet, comme pour “Shou Sugi Ban”, une autre entreprise a trouvé le moyen de déposer “Yakisugi” en tant que marque. Cette fois, c’est une entreprise néerlandaise qui a protégé ce nom via un spécialiste espagnol de la propriété intellectuelle. Encore une faille du dispositif européen de protection intellectuelle ? Dans ce cas-là, selon mes interlocuteurs de l’INPI en France, l’entreprise néerlandaise exploiterai probablement cette marque de manière contestable car la classe de produit pour laquelle elle est déposée ne correspond pas à l’activité réelle de cette société. Cette société financière ne semble pas en mesure de fabriquer du bois brûlé et de le vendre. Alors pourquoi un tel montage ? Mystère…

En tout état de cause, il appartient maintenant aux Japonais de protéger leur patrimoine culturel. Ils ont prouvé depuis longtemps qu’ils savent le faire avec la notion de “Patrimoine Vivant”. Un “Patrimoine Vivant”, c’est une personne qui détient un savoir rare et spécifique. Grâce à ce statut, elle peut le transmettre à un élève dans les meilleures conditions. Cette disposition légale a été transposée en France par le statut de Maitre d’Art, désigné par le Ministre de la Culture.

Je prépare un courrier pour les ambassades japonaises françaises, belges, néerlandaises et espagnoles afin de les questionner sur leur position à ce sujet. Reconnaissent-elles les termes “Yakisugi” ou “Shou Sugi Ban” comme représentants une technique ancestrale inhérente à la culture japonaise. Et si oui, quelles actions éventuelles souhaitent-elles mener afin de libérer cette ou ces expressions de la privatisation dont elles font aujourd’hui l’objet en Europe.

Si vous souhaitez soutenir cette demande, vous pouvez me contacter. Je vous enverrai le modèle de courrier que j’adresse à ces ambassades. Plus nous serons nombreux, plus cela aura de poids bien sûr !

Je vous dit à très bientôt pour vous donner des nouvelles de l’avancement de ce premier livre sur le bois brûlé… Une nouvelle aventure passionnante démarre ! Remplissez le formulaire dans l’article pour rejoindre la liste des personnes avisées en priorité. Le Shou Sugi Ban n’existe pas mais il s’écrit pourtant de la même manière que le Yakisugi-ita ! CQFD.

Guillaume de Sol-éco

brûlage au chalumeau d'un clin de Douglas Shou Sugi Ban

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Derniers projets en Shou Sugi Ban

Après la visite de notre nouvelle maison en bois brûlé, je voulais partager avec vous mes derniers petits projets en Shou Sugi Ban… Quand la fièvre de la torche vous prend, il y a peu de chance qu’elle vous quitte ! Avec le bois brûlé, je ne vois jamais la vie en noir. Envie de tester ? Alors à vos torches, prêts, brûlez !

Que faire de mes chutes en bois brûlé ?

Une fois terminé le bardage de la maison, il me restait un gros volume de chutes déjà brûlées. L’inconvénient des lames à rainures-languette, c’est que vous êtes toujours contraint par l’assemblage. Du coup vous avez tendance à produire plus de chutes qu’avec une lame de bois à plat joint.

J’étais chagriné par cette “perte”. Tous ces morceaux de Shou Sugi Ban avaient couté des sous, du gaz, de l’huile de Tung et du temps à produire. J’ai vite trouvé un moyen de les valoriser.

Nichoir à mésanges et rouge-gorge en Shou Sugi Ban

Au début, mes ambitions sont restées modestes ! Pour attirer les oiseaux dans notre forêt, nous avons réalisé 2 nichoirs. Nous avons glané les plans sur Internet. Chaque race d’oiseau a sa propre architecture. Nous avons décidé en famille d’offrir un gite à une famille de mésange charbonnière (évidemment avec un nichoir en bois brûlé !) ainsi qu’une famille de rouge-gorge.

Nichoir à oiseau en bois brûlé fixé en hauteur sur le tronc d'un arbre

Pour les mésanges, nous avons trouvé un plan sur ce site. Attention au diamètre du trou, la tailles diffère selon que vous souhaitez abriter des mésanges charbonnières ou des mésanges bleues, huppées ou nonnettes.

Pour notre famille de rouge-gorge, nous avons préparé un abri différent. Les rouge-gorge sont “semi-cavernicoles”, ils logent donc dans des nids plus ouverts que les mésanges. Vous pouvez trouver les détails sur ce site. D’ailleurs notre prochaine réalisation avec nos chutes de Shou Sugi Ban sera un abri pour nos écureuils !

Bûcher bas en Shou Sugi Ban

Les nichoirs à oiseaux, c’est sympa mais il me restait toujours un gros paquet de chutes après cela. J’ai donc pensé à un projet en Shou Sugi Ban un peu plus grand.

Un bûcher bas en Shou Sugi Ban facile d’accès

Dans la vie, il n’y a pas que le bois brûlé. Il y a aussi le bois À Brûler ! Celui qu’on abrite en prévision de l’hiver. En plus de quelques Douglas de 30 mètres de haut, nous avons aussi abattu des chênes, des châtaigniers et des bouleaux pour construire la maison. Il fallait donc protéger tout ce bois en pensant aux belles flambées à venir.

J’ai donc commencé par un bûcher bas que j’ai placé dans le patio, près de la baie la plus proche de notre poêle. Je peux y mettre 2 rangées de bûches en 35cm. C’est mon “stock-tampon”, facilement accessible.

Bûcher “maison” en Shou Sugi Ban

Pour cet autre projet en Shou Sugi Ban, j’avais 3 contraintes. D’une part, je voulais stocker un peu de bois. Ensuite, je devais avoir un espace technique à la base pour accueillir la pompe de relevage des eaux de pluie qui alimentent les toilettes, la machine à laver et les serres. Et puis, comme cette installation serait visible depuis la plus grande baie de la maison, il fallait que ce soit esthétique !

Projet en bois brûlé Shou Sugi Ban. Bûcher en forme de maison
Bûcher avec local technique pour la pompe de relevage des eaux de pluie

J’ai donc opté pour un style “petite maison en bois brûlé”. Les 2 panneaux du bas sont en contre plaqué brûlé et démontables pour l’accès technique. Comme sur l’autre bûcher, j’ai passé 2 couches d’huile de Tung pure pour bien hydrofuger le toit en Shou Sugi Ban.

Caisson de rangement extérieur

Une fois parti, j’ai eu du mal à m’arrêter (mon côté “Achiever” confirmé par le test CliftonStrengths dont je parle dans mon autre blog). J’ai donc réalisé un autre petit chantier pour cacher mes bouteilles de gaz propane. 2 portes et un toit sur charnières pour accéder facilement au contenu. L’ensemble est adossé au bardage de la maison côté est. En plus du gaz, je peux également y stocker mon petit cuiseur à bois économique acheté auprès de l’association Bolivia-Inti Sud Soleil.

Un coffre en bois brûlé pour cacher des bouteilles de gaz à l'extérieur de la maison

Prêts pour l’hiver !

Avec ces derniers projets en Shou Sugi Ban, nous voilà prêts à affronter l’hiver. Bon, OK, nous ne sommes pas non plus dans le grand Nord Canadien… Mais il a quand même fait -4° une fois l’année dernière !

Je vous présenterai une prochaine fois la charpente de ma serre nord… En bois brûlé et huilé bien sûr !

Dans l’intervalle, commentez cet article !

Guillaume de Sol-éco

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Notre maison en bois brûlé

Vous rêvez d’une maison en bois, de conception écologique et d’entretien limité ? La maison en bois brûlé est la réponse idéale à ce type de contraintes.

Maison en bois brûlé vue du sud. Bardage noir en shou sugi ban
Notre maison en bois brûlé

Nous aussi nous avions ce rêve…

Alors, nous nous sommes retroussés les manches et n’avons pas lâché notre objectif de vue. Il nous a fallu près de 2 ans entre le repérage et l’achat du terrain jusqu’à la pose de la dernière lame de bois brûlé (Shou Sugi Ban)

OUI ! Vous avez bien lu : Bois brûlé !

Vous voulez en savoir plus ? Alors, par ici la visite…

Bienvenue !

Une conception originale

Dès le début, nous avions une idée précise de l’implantation de la maison. En fait, tout part d’une de nos sculptures, le Square Garden #1.

Sculpture en bois d'if et pâte de verre polie par Sophie et Guillaume Le Penher, Titre : Square Garden #1
Square Garden #1 par Sophie et Guillaume Le Penher. If et pâte de verre polie.

Nous cherchions des volumes en équilibre, une harmonie entre les matières.

Après quelques semaines de recherches, nous avons trouvé le terrain idéal pour notre projet : 4000m2, 450 arbres (douglas, pins pectinés, châtaigniers, bouleaux, hêtres, houx, aubépines, chênes, alisiers… Je les ai tous compté !). Le terrain est situé dans un domaine boisé le long du canal de Nantes à Brest.

Feng Shui pour maison bois brûlé

Nous sommes passionnés par la Chine depuis notre premier voyage en 2009 à la rencontre des producteurs d’huile de Tung et d’orange. La culture traditionnelle nous marque un peu plus à chaque séjour. C’est donc tout naturellement que nous nous sommes tournés vers une architecte nantaise formée au Feng Shui : Maria Tavares.

Raie de lumière sur ce lion en bronze fixé sur le bardage shou sugi ban à l'entrée de notre maison en bois brûlé
Bardage Douglas bois brûlé Shou Sugi Ban

Elle a donc réalisée une étude complète puis nous a dessiné notre projet de maison en bois brûlé. Ce travail préalable nous a permis de valider l’hypothèse d’implantation Sud-Ouest. Nous nous sommes ensuite chargés de la maitrise d’ouvrage.

Une belle cathédrale de bois !

Volumes et espaces dédiés

Comme dans notre sculpture Square Garden #1, nous voulions 2 ailes séparées : une partie habitation et une partie studio créatif. Ces 2 parties sont reliées par 2 serres potagères afin d’abriter notre collection d’agrumes, de plantes rares et quelques légumes.

L’ensemble renferme en son centre un patio ouvert d’une soixantaine de m2. Ce jardin fermé est un écrin pour nos rêveries…

Sol Eco Ossature Bois
Maison ossature bois vue de dessus

Une maison en bois brûlé

Dès le début du projet, notre volonté était claire : tout le bardage serait en douglas brûlé selon la technique japonaise du Shou Sugi Ban (ou Yakisugi). Brûlage au chalumeau alimenté avec du gaz propane, huilage à l’huile de Tung pure et re-brûlage léger pour aider à la pénétration et au séchage de l’huile de Tung.

Façade sud-ouest de notre maison en bois brûlé avec la douce lumière du soleil d'automne sur le bardage shou sugi ban (yakisugi)
Façade Sud-Ouest en bois brûlé

La technique est certes un peu fastidieuse mais elle vaut vraiment l’investissement ! L’aspect esthétique a surpris un peu le voisinage et la technique du Shou Sugi Ban a suscité beaucoup de curiosité. Certains voisins et amis sont même venus nous donner un coup de main (qu’ils en soient mille fois remerciés !) et sont repartis avec de nouvelles idées !

Au départ, on aurait pu croire qu’une maison en bois brûlé soit austère et décalée par rapport à l’environnement. En fait, la maison se marie très bien dans son espace naturel. Comme elle est de plain pied, elle laisse la verticalité des arbres (30-35 mètres de haut quand même pour les douglas !) et se fond dans le sous-bois.

Façade ouest de la maison en bois brûlé. Bardage douglas Shou Sugi Ban.
Façade ouest

Le toit en tuiles plates rapporte de la stabilité à l’ensemble et assoie la structure. Pour nous, son motif ressemble à des écailles de poissons ! Cette matière est également en accord avec l’étude Feng Shui qui préconisait de la terre…

Comme un mantra

Brûler, huiler, re-brûler… Puis recommencer !

vue du patio de notre maison en bois brûlé depuis le toit en tuiles plates
Le patio qui sera bientôt fermé par la seconde serre

Nous avions près de 350m2 de bardage en douglas à brûler. J’utilise la technique du Shou Sugi Ban depuis plusieurs années cependant, je souhaitais améliorer mon procéder afin de gagner du temps. J’ai donc effectué beaucoup de tests : matériel, organisation du chantier, température extérieure, hygrométrie, humidité du bois…

Notre fille avec un chalumeau à la main brûle du bois sur le chantier de construction.
Le Shou Sugi Ban ? Un jeu d’enfant !

La seule constante a été l’huile de Tung. Je ne connais aucune autre huile qui catalyse naturellement et d’une telle durabilité dans le temps. Comme je souhaitais que la couche carbonisée ne soit pas salissante, j’ai repassé une seconde couche d’huile sur le bardage posé. Elle a séché rapidement et a fixé le noir comme je l’attendais.

En moyenne, bien concentrés et organisés, nous brûlions 6 à 7m2 par heure. Il nous a donc fallu près de 60 heures pour préparer l’ensemble du bardage de notre maison en bois brûlé.

A votre tour !

Nous sommes vraiment satisfaits du caractère particulier que le Shou Sugi Ban donne à notre maison en bois brûlé. Nous savons également que, dans le temps, nous avons fait le bon investissement : le bois brûlé dure très longtemps (plusieurs décennies) avec très peu d’entretien.

gros plan sur le bardage shou sugi ban de notre maison en bois brûlé
Bienvenue !

Nous ne pouvons que vous encourager à choisir, vous aussi, le bois brûlé Shou Sugi Ban pour vos projets de construction, d’extension ou de décoration intérieure.

Alors, à vos chalumeaux !

Angle Nord est de notre maison en bois brûlé shou sugi ban (yakisugi)
Angle nord-est

Bon chantier à tous,

Guillaume de Sol-éco

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Shou Sugi Ban : Une tradition japonaise exceptionnelle !

chalumeau et bois brûlé
brûlage du bois

Avez-vous déjà entendu parlé du Shou Sugi Ban ou Yakisugi ?…

Cette technique de brûlage du bois de bardage était très employée dans le Japon médiéval. En effet, comme dans les villes d’Europe, les maisons japonaises était majoritairement construites en bois. De plus, les rues étaient étroites. Cela favorisait la propagation d’incendies gigantesques comme celui de Chartres en 1134, de Bourges en 1252 ou ceux qui ravagèrent l’ancienne capitale du Japon : Edo. Ces incendies urbains étaient parmi les pires calamités que les habitants avaient à redouter. La ville d’Edo a connue à elle seule 85 incendies majeurs durant son histoire !

Des avantages multiples !

Les japonais ont donc pris l’habitude à cette époque de brûler les bardages de cèdre (cryptomeria japonica) qu’ils employaient pour leurs façades. Les avantages de cette technique sont multiples. D’abord, tout bois brûlé devient plus résistant et ralentit la propagation du feu entre les bâtiments. Le bois ainsi traité ne contient plus d’amidon dans ses couches supérieures, les insectes xylophages et les champignons n’ont donc plus rien à y faire ! Autre avantage, le bois brûlé est extrêmement résistant aux UV (qui est une des causes majeures du vieillissement du bois). Après le huilage final le bois est hydrofuge, limitant ainsi les variations dimensionnelles. Le bois ainsi préparé est réputé durer près d’un siècle ! Quel traitement chimique nous garantit une telle longévité ? Ne cherchez pas, il n’y en a aucun !

Vous l’aurez compris, le Shou Sugi Ban mérite vraiment qu’on s’y arrête car il présente de nombreux avantages pour la réalisation d’éléments extérieurs en bois massif. Les multiples variations des tons du brûlage du bois offrent également toute une palette d’effets pour la décoration intérieure. L’intensité du feu, les essences employées (cèdre, douglas, chêne, pin…) et le débit (dosse ou quartier) sont les 3 facteurs à explorer pour faire varier son esthétique.

Voici le procédé que j’utilise pour faire mon Shou Sugi Ban :

Matériel :

  1. Vos planches (essence, épaisseur et type de débit à votre convenance)
  2. Chalumeau de couvreur avec sa bonbonne de gaz
  3. De l’eau pour stopper le feu
  4. Brosse métallique ou synthétique (plus souple)

chalumeau en action
chalumeau en action

Huile de Tung Pure Sol-éco, bidon de 5 litres

Pure Huile de Tung 5L

Bidon de 5 litres, huile Sol-éco
huile Sol-éco

Procédé du Shou Sugi Ban :

Brûler le bois à l’aide du chalumeau en veillant à être régulier dans le brûlage pour obtenir une teinte homogène.

brûlage sur chêne
brûlage sur chêne

Lorsque le bois est bien brûlé en surface ou que vous estimez que sa teinte vous convient, arrêter le feu avec de l’eau puis laisser le bois à la verticale pour que l’eau puisse ruisseler hors de la planche. Laisser sécher quelques instants (variable en fonction du climat…).

stopper le feu avec de l'eau

Une fois la planche sèche, brosser le bois dans le sens des fibres pour enlever la couche carbonisée et friable. Pour cette étape, je préfère utiliser une brosse souple (type balai brosse) car elle creuse moins le bois.

brossage shou sugi ban
brossage des parties friables

Appliquer ensuite généreusement l’huile Sol-éco haute protection à l’aide d’un spalter ou d’une brosse large.

application de l'huile Sol-éco
application de l’huile Sol-éco

huilage au pinceau shou sugi ban

Puis, à l’aide du chalumeau, sécher l’huile en chauffant l’ensemble de la planche. Régler la flamme avec moins de puissance que lors du brûlage. Le but étant d’accélérer la catalyse de l’huile par évaporation des parties volatiles et non pas de rebrûler votre planche !

re-brûlage de l'huile
chauffer l’huile aide à la faire pénétrer en profondeur

Et voilà ! L’ensemble de ces opérations vous auront pris environ 10 minutes pour une planche de bardage classique. Votre bois est maintenant prêt à traverser le temps !

final shou sugi ban
c’est parti pour des décennies !

Utilisations du Shou Sugi Ban:

Hors le bardage, j’ai également utilisé cette technique pour mes potagers en carrés que je réalise avec du bois de coffrage (non-traité). L’avantage est d’utiliser du bois vraiment pas cher et de le rendre esthétique et durable même en contact direct avec la terre. Un autre avantage de cette technique est la constance de l’esthétique : en effet, le bois a le même aspect du premier au dernier jour. Plus de surprise ou de déception quant à l’évolution de sa couleur dans le temps !

Il existe de multiples applications au Shou Sugi Ban et quelque chose me dit que nous en verrons de plus en plus dans les années à venir… En guise de conclusion, je vous propose également une petite vidéo dont l’ambiance champêtre japonaise a tout pour me séduire !

Et maintenant, à vos chalumeaux !

Guillaume Le Penher