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2500 ans d’efficacité : une histoire de l’huile de Tung.

Bardage huile de Tung
Dans cette vidéo je réponds aux 5 questions les plus fréquentes sur l’huile de Tung : Coloration du bois, rendu final, nombre de couches, application, consommation / séchage… Avec, en plus, un petit peu de botanique chinoise 😉

L’ huile de Tung : efficacité prouvée depuis 2500 ans !

Utilisée en Chine depuis plus de 2000 ans, l’huile issue de la noix de Tung n’a pas fini de nous offrir ses qualités exceptionnelles… Appelée “Abrasin“, “huile d’abrasin” ou “Aleurite” par les canadiens, cette huile est également connue sous le nom d’huile de bois de Chine. L’ huile de Tung est la plus ancienne huile siccative connue.

J’ai découvert cette huile de Tung il y a plus de 10 ans lorsque je cherchais une alternative aux vernis et finitions chimiques pour le bois. Je l’emploie dans presque toutes mes popotes pour protéger les meubles, les objets et les sculptures que je créé avec mon épouse, Sophie (vous pouvez d’ailleurs voir une partie de notre travail commun alliant bois et verre en suivant ce lien).

Il faut que je vous prévienne d’emblée : face à la richesse de l’histoire de cette substance naturelle, je ne peux me résoudre à faire un article court ! Je vais donc vous exposer un condensé des connaissances botaniques, techniques et historiques de l’huile de Tung.

1/ Botanique

Fleurs de Tung mâles et femelle
On voit ici 2 fleurs mâles et une fleur femelle dont les pétales sont tombés. Photo issue du site anglais suivant : http://www2.palomar.edu/users/warmstrong/tungoil1.htm

fruit de Tung

    coupe du fruit de Tung
  • Caractéristiques

En chinois You Tong ferait référence à sa feuille en forme de cœur, nom scientifique Vernicia fordii (anciennement Aleurites fordii). Petit arbre (3 à 12m) à feuilles caduques comprenant 3 espèces en Asie orientale et Océanie. Son biotope est situé sous le 30ème parallèle (Sud de la Chine, Sud des États-Unis, Argentine, Paraguay, Afrique) dans des sols humifères et légèrement acides. La production démarre vers la 3ème année et le pic de production se situe vers 10-12 ans. L’exploitation commerciale dure environ 20 ans. Les fruits tombent entre septembre et novembre. Ils sont d’abord séchés à l’air puis pressés à froid. La noix contient environ 20% d’huile.

  • Utilisations traditionnelles

Cet arbre sert parfois d’espèce de reforestation. Ses usages sont multiples : bois d’œuvre (meubles), la coque brûlée des graines donne un excellent charbon actif, les feuilles, l’huile et les graines sont utilisées comme insecticide contre les pucerons, les chenilles, les mouches ou les courtilières (taupes grillon qui provoquent des dégâts dans les cultures en sectionnant les racines des végétaux). Les graines, l’huile, les fleurs, les racines, les fruits immatures et les feuilles sont utilisées en médecine traditionnelle chinoise pour soigner les bosses, les ecchymoses et les brûlures (source : Dictionnaire Ricci des plantes de Chine, éditions du Cerf, page 554).

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Attention : Toutes les parties de l’arbre sont toxiques par ingestion ! Des cas d’intoxications sont régulièrement révélés en Chine ou à Taïwan suite à une confusion avec des châtaignes. Pourtant, le fruit est vraiment différent… Les symptômes apparaissent rapidement (problèmes cardiaques, perte de réflexes, nausée et vomissements). Ils disparaissent généralement dans les 24 heures.

2/ Histoire des usages de l’huile de Tung

Premièrement, on dit que Confucius (551-479 AV J-C) mentionne son emploi dans confection de la laque traditionnelle chinoise. Marco Polo en aurait aussi rapporté un échantillon… Certains usages anciens sont mieux documentés.

  • La Grande Muraille de Chine

L’histoire de l’huile de Tung commence il y a plus de 2000 ans avec la construction de la Grande Muraille de Chine. Cet édifice mondialement connu est l’un des seuls ouvrages pérenne que la Chine ancienne nous a légué. La majeur partie du patrimoine chinois étant construit en bois, la Chine n’est pas un “Pays de vieilles pierres”. La muraille est unique ! Cyrille Javary, éminent initiateur à la culture chinoise nous explique sa vision : “la construction de la muraille de Chine est la réponse d’un peuple d’agriculteurs sédentaires à l’attaque de barbares nomades. Elle contrôle les mouvements Nord-Sud et est vectrice de communication Est-Ouest. Son rôle n’est pas tant de stopper l’envahisseur mais de pouvoir arrêter ces pillards alors qu’ils remontent vers leurs terres ralentis par leur chargement…” (Cyrille J-D JAVARY, La souplesse du dragon, Albin Michel).

La grande muraille de Chine à Jinshanling
La grande muraille de Chine à Jinshanling, 2011. Photo archives Sophie et Guillaume Le Penher

La grande muraille doit sa longévité à la résistance de son mortier. En effet, le Nord de la Chine est soumis à un climat continental (chaud l’été, froid l’hiver) qui met la pierre à rude épreuve. Pourtant la muraille résiste aussi bien aux assauts climatiques qu’aux tremblements de terre (dans une certaine mesure). Le secret de cette longévité réside dans la recette exclusive de son mortier ! Alliant carbonate de calcium, riz gluant et huile de Tung, ce mélange est souple, collant, hydrofuge et durable ! C’est l’huile de Tung qui rend le mortier hydrofuge. Les joints sont donc protégés de l’éclatement par le gel en hiver. http://www.pourlascience.fr/ewb_pages/a/actu-le-riz-gluant-fait-le-mur-25276.php

  • La construction navale

Le charbon actif issu de la carbonisation de la coque des noix mélangé avec de l’huile de Tung sont les constituants du premier coaltar utilisé pour étanchéifier les coques des bateaux. L’Empereur Yong Le confia à Zheng He (un eunuque musulman fidèle de la première heure à l’Empereur) “l’organisation d’une formidable armada maritime destinée à aller porter au plus loin l’éclat recouvré de l’Empire chinois. La flotte de Zheng He est impressionnante par son avancée technologique” grâce à 2 inventions majeures : la boussole et le gouvernail d’étambot. L’armada de Zheng He compte un millier de navires, dont le coeur est constitué d’une soixantaine de jonques géantes longues de 120 à 140 mètres de long et 50 de large et accueillant ensemble plus de 2000 passagers (soldats, savants, officiels et même jardiniers qui y cultivent des légumes frais afin d’éviter le scorbut).

75 ans plus tard, Christophe Colomb partira sur une caravelle d’à peine 30 mètres de long avec une quarantaine de marins… (d’après Cyrille JAVARY, “La souplesse du dragon”, éditions Albin Michel).

Yong Le
L’empereur Yong Le, Dynastie Ming
Zheng He
Le navigateur Zheng He (1405-1433)
  • L’encre de Chine

Mondialement connue, son origine est trouble. Elle viendrait d’abord d’Inde. Il faut d’abord savoir qu’il existe de nombreuses recettes et qualités différentes d’encre de Chine. En flacon ou en bâton, elle reste l’apanage des artistes et des lettrés. Sa composition semble toutefois immuable : du noir de fumée, issu de la carbonisation de végétaux (pin) et de résine et de l’huile de Tung. Elle n’est pas indélébile et sa densité est fonction de sa qualité (https://chine.in/guide/encre_4442.html). Cette encre est utilisée depuis des millénaires en Chine.

  • Les usages modernes

A partir du début du XXème siècle, l’industrie s’est emparée des vertus de l’huile de Tung. Les encres industrielles, les peintures, les vernis, la laque, le linoleum en contiennent alors une bonne proportion. Cette huile est naturellement siccative par oxydation au contact de l’air. En séchant, elle forme un film mat, souple et respirant. Elle colore à peine le support, ne fonce pas avec le temps et ne moisit pas contrairement à l’huile de lin. Son seul défaut est son odeur jugée désagréable par certains (comparée aux solvants pétroliers, je préfère sentir une petite odeur de frite plutôt qu’une bonne dose de COV délétères pour la santé…).

huile de Tung pour bois sol-éco
Huile de Tung Sol-Eco Pure, bidon PEHD de 5 litres
  • L’essor de l’industrie

Les États-Unis deviennent  les plus gros importateurs d’huile de Tung en provenance de Chine. Le premier arbre est introduit dans le sud des États-Unis en 1905. Rapidement, des plantations sont mises en place afin de pallier les importations insuffisantes. Ces plantations sont porteuses de grands espoirs. Les fermiers y consacrent de plus en plus d’espace durant les années 1920-30 car ils sont en recherche de cultures rentables après la crise de 1929. Le Mississippi, la Géorgie, la Louisiane et une partie de la Floride deviennent alors les bastions américains du Tung.

Bardage huile de Tung
Protection d’un bardage en mélèze avec de l’huile de Tung Sol-Eco. L’huile de Tung pénètre en profondeur dans ce bardage exposé plein Sud et laissé brut pendant 9 ans. La première couche redonne de la souplesse au bois tandis que la seconde protège par imprégnation.

Pendant la seconde guerre mondiale, l’huile de Tung est déclarée d’importance stratégique. Elle sert à protéger les munitions de la corrosion et de l’humidité. On l’emploie également en tant que substitut au gasoil pour les véhicules militaires. L’embargo japonais sur la Chine rend l’approvisionnement mondial délicat.

  • Le déclin des années “Pétrochimie”

Après la guerre, l’apparition du polyuréthane (https://fr.wikipedia.org/wiki/Polyur%C3%A9thane) puis de dérivés pétroliers à bas coût diminue progressivement l’attrait de l’huile de Tung. De plus, des gelées tardives au court des années 50 et 60 mettent à mal la production américaine. La rentabilité des plantations chute face à l’huile en provenance d’Argentine ou du Paraguay. Les tempêtes de la fin des années 60 détruisent une bonne part des surfaces plantées en Amérique du Nord. Malgré la mise au point d’un clone à floraison tardive les agriculteurs américains renoncent quand même à cette culture dès le début des années 70. Aux États-Unis l’arbre est aujourd’hui classé en catégorie 2 des pestes exotiques comme espèce invasive… Fin de l’histoire ?

  • Et… Le renouveau de l’huile de Tung !

L’histoire continue aujourd’hui ! Après être resté un marché de niche pendant 30 ans, l’huile de Tung revient au premier plan. Elle protège même les soudures des circuits imprimés de certains de nos appareils domestiques (quand ses cours mondiaux ne s’enflamment pas…). Dans le Sud des États-Unis une entreprise a en effet récemment relancé la culture dans le golfe du Mexique ! Voir cet article. Les éléments de cette section de l’article sont traduits de cette page : http://www.floridamemory.com/blog/2014/07/23/floridas-not-so-native-tung/

3/ Propriétés et mode d’emploi de l’huile de Tung

Fiche technique

Aspect : liquide visqueux et ambré

Densité : 0,933-0,938 à 25°C

Point éclair : 289°C

Auto-ignition : 457°C

COV : 0g/L

L’odeur caractéristique de l’huile disparait au bout de quelques jours. On peut la masquer en utilisant de l’huile d’orange pour la dilution.

Selon la réglementation européenne, l’huile de Tung ne présente pas de danger pour la santé humaine ( https://echa.europa.eu/substance-information/-/substanceinfo/100.029.338). Pure, elle est stable et ne nécessite pas de pictogramme particulier pour son transport (pas d’inflammabilité notable).

Notre huile de Tung est originaire du Guizhou en Chine. Nous développons des partenariats artistiques et commerciaux sur place depuis 2009.

timbre du Malawi Tung Tree
From Malawi with Love, Tung Tree
  • Mise en œuvre

L’huile s’applique aussi bien au pinceau, au chiffon, à la mèche de coton ou au pad de huilage. D’abord, il faut bien préparer le support par un ponçage au grain de 180 minimum. Le dépoussiérage est extrêmement important (brossage, passage à l’eau, aspiration…). Les éventuelles poussières résiduelles vont s’amalgamer avec huile et former des grattons au séchage. Personnellement, je déteste cela !

Ensuite, les 2 premières couches d’huile sont diluées avec l’huile d’orange à 50% pour l’huile de Tung pure. Vous pouvez également utiliser notre mélange prêt à l’emploi et ajouter 10 ou 20% d’huile d’orange pour l’affiner. La dilution permet à l’huile à la fois de mieux pénétrer en profondeur et de limiter les excès sur le support. Enfin, après application, essuyer le support puis laisser sécher au moins une nuit. Réitérer l’application suivant le même process. A partir de la 3ème couche, utiliser soit l’huile de Tung diluée à 10 ou 20% ou bien notre mélange prêt à l’emploi.

  • Avantages

Par rapport aux autres huiles disponibles sur le marché, l’huile de Tung est économique. Son pouvoir couvrant est supérieur et son film plus résistant à l’eau notamment face à l’huile de lin. La finition huilée est très facile d’entretien. En effet, on peut reprendre un support de manière ponctuelle, ce qui n’est pas faisable avec un vernis. Par exemple, du mobilier de jardin dont le vernis est écaillé nécessite un long et fastidieux travail de remise en état alors qu’avec une finition huilée il n’y a jamais besoin de mettre le bois à nu. Du coup, ça nous laisse plus de temps pour s’y reposer ! Nos huiles ne sont pas catalysées chimiquement en conséquence elles sont plus stables avec un point éclair plus haut.

4/ Conclusion

Depuis 2500 ans cette huile accompagne l’humanité ! Aujourd’hui de plus en plus de personnes, professionnels ou amateurs, la découvrent ou l’utilisent régulièrement. Dans ce monde où nous devons tous faire attention à notre impact sur l’environnement l’huile de Tung est effectivement une alternative naturelle et durable aux finitions chimiques.

Se pencher sur son histoire, c’est découvrir la face cachée des progrès de la civilisation. L’Homme a toujours eu besoin de la nature par contre l’inverse n’est pas si sûr ! A travers cet article, j’espère vous avoir communiqué un peu de la passion qui m’anime lorsque je parle de ces produits naturels qui me fascinent tant !

A bientôt pour un nouveau partage de connaissances !

Amicalement,

Guillaume Le Penher

PS : Pour acheter de l’huile de Tung pure, c’est par ici !

African-American workers gathering tung nuts on a farm near Tallahassee (circa 1960s).
Une autre photo de l’exploitation du Tung en Floride http://www.floridamemory.com/blog/2014/07/23/floridas-not-so-native-tung/
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21 réflexions au sujet de « 2500 ans d’efficacité : une histoire de l’huile de Tung. »

  1. Article très intéressant. Merci

    1. Je vous remercie d’avoir pris le temps de lire et de me laisser un commentaire ! D’autres articles sont en préparation. Dans le prochain, je vous dis tout ce que je sais sur l’huile d’orange… A bientôt !

    2. Merci pour votre soutien !

  2. Merci pour toutes ces informations.

    1. Merci d’avoir pris le temps de lire cet article ! Et encore plus de laisser un commentaire ! Au plaisir Jeff !

  3. Très instructif j’ai changé d’idée a propos de cette huile de tung

    1. Clément, votre commentaire me touche ! Merci d’avoir pris le temps de l’écrire. Je trouve cette huile vraiment merveilleuse et c’est pour cela que j’ai écrit cet article ! De grandes scieries européennes s’intéressent à ses propriétés et testent actuellement des échantillons de mon huile avant commercialisation… Je reste bien sûr à votre disposition pour tout conseil complémentaire et approvisionnements.

  4. Merci encore pour cet article très complet sur ce produit formidable ! J’ai traité le bardage extérieur en bois brûlé de mon chalet avec l’huile Sol-éco et je suis méga content du résultat, tant sur la teinte du bois (veines bien sombres, reflets dorés) que sur la protection. Après 2 hivers, et une première couche, je vais passer une seconde couche ce printemps. Si quelqu’un souhaite des photos du rendu du bardage, n’hésitez pas à demander ! @++ Yann

    1. Merci beaucoup Yann pour votre fidélité et votre commentaire ! Je fais tout mon possible pour diffuser une information claire et sincère sur les huiles naturelles ! Au plaisir !

  5. Bonjour

    Je découvre l’huile de tung que je ne connaissais pas
    J’ai un plan de travail réalisé avec de vieux linteaux en chêne, nous avons choisi de laisser le bois brut, non rabote. Nous voulons le mettre sous la vasque de notre SDB, je cherche un produit qui bien sûr sera hydrofuge et qui ne foncerait pas trop le bois.
    J’avais l’habitude d’utiliser l’huile dure de chez Auro, super produit, le seul inconvénient elle fonce énormément le vieux bois.
    Est ce que l’huile de tung pourrait correspondre à nos attentes?
    Merci pour votre réponse
    Brigitte

    1. Bonjour Brigitte et merci pour votre question !
      Pour connaitre la teinte produite par l’huile, vous pouvez faire un test en mouillant la surface du chêne. Le résultat sera proche du huilage.
      L’huile de Tung, comme expliqué dans l’article, est la plus efficace à l’état naturel. Elle siccative naturellement tout en laissant respirer le bois. Grâce à sa souplesse (contrairement aux huiles dures) elle s’adapte mieux aux variations hygrométriques. Du coup, elle ne “craque” pas comme un vernis qui s’écaille. Par contre, vous devez tout de même éviter de laisser votre plan de travail plein d’eau !
      Bien cordialement,
      Guillaume de Sol-éco

  6. Bonjour, je suis en train de rénover le parquet en bois de merisier d’une chambre de 11 m2. J’ai opté pour le huiler. J’envisage d’utiliser l’huile de tung. J’ai plusieurs questions.
    -1. Quelle quantité d’huile faut il prévoir pour 2 couches sur mon plancher de 11 m2?
    -2. A l’origine, le parquet était probablement ciré. J’ai fait un ponçage au grain de 60 et un ponçage au grain de 120. Puis je huiler sans risque? J’ai lu sur un site qu’il était difficile d’huiler un parquet préalablement ciré du fait que l’huile aurait du mal à pénétrer.
    – 3. Avant ponçage, le bois se desquamait par languettes entraînant des échardes dans les pieds. Ces languettes ont disparu après ponçage. Le fait d’huiler protège-t-il vraiment de cette “desquamation”?
    -4. L’huile Sol-Eco (https://sol-eco-huile.fr/produit/huile-haute-protection/) est-elle bien formulée à partir d’huile de Tung (ce n’est pas indiqué sur la page web)?
    -5. L’huile de Tung étant préparée à partir de noix, savez vois si il y a un risque pour les personnes allergiques aux noix du fait de la libération de molécules allergisantes dans l’air de la pièce (j’ai lu cela sur un site)?

    Merci de prendre le temps de me répondre, et bravo pour votre site particulièrement bien documenté.

    1. Bonjour Fred !
      C’est toujours un plaisir pour moi de vous aider à faire les bons choix dans vos projets.
      Tout d’abord, la consommation :
      1/ Avec 2 litres vous avez largement de quoi faire vos 2 couches. Il vous en restera certainement un peu car la second couche est moins gourmande 😉
      2/ La procédure de préparation me semble correcte. Bien aspirer pour ne laisser aucune poussière cireuse. J’ai quand même un doute sur le fait que votre parquet soit en merisier… Je n’en ai jamais vu car ce bois était réservé au mobilier, il est à peine assez dense pour faire un bon parquet et il coutait cher. De plus, c’est un bois homogène, c’est-à-dire que la différence entre bois de printemps et bois d’été est quasi-invisible. L’exact opposé du pin par exemple où les cernes sont très marqués. Or, si vous dites que vous aviez beaucoup d’échardes, cela me fait penser à un plancher ancien, très sec, en sapin, pin ou autre résineux. J’avais le même cas dans ma précédente maison.
      3/ Huile / cire. Il est effectivement impossible de huiler un bois ciré. Dans votre cas, cela me semble quand même possible si votre préparation de support est bonne (ponçage 60 puis 120 ok). La cire ne pénètre pas dans le bois. Si vous avez poncé énergiquement pour enlever les échardes alors vous avez remis à nu le bois. Donc huilage sans problème. Le seul bémol est si vous avez des joints très larges entre les lames et qu’ils ont été remplis de cire. L’huile ne pénètrera pas dans ces interstices. Dans le fond, ce n’est pas si gênant si le reste du plancher est huilé. Avec un parquet ancien, on ne cherche pas un effet neuf et impeccable…
      4/ Les échardes. Elles sont provoquées par les variations hygrométriques qu’ont subies les maisons anciennes durant leur vie. Nos intérieurs sont beaucoup plus sec qu’avant. Les boiseries sèchent et craquent. L’autre phénomène est l’usure du passage qui peut amener certaines fibres à se relever. Le huilage va nourrir le bois et l’aider à être plus souple en surface. Le plus important est ce que vous venez de faire : poncer. Malheureusement il n’y a pas de recette miracle à l’écharde.
      5/ L’huile haute protection vendue sur le site contient 2 produits ultra secrets que je vous demanderai de ne pas révéler car mon business mourrait dans la seconde qui suit 😉 Je vais quand même prendre le risque de vous révéler ma formule secrète : 90% d’huile de Tung et 10% d’huile d’orange pour faciliter l’application. Basta.
      6/ Allergie : Franchement, même en léchant le parquet je ne crois pas qu’il y ait un risque. L’allergie aux noix est une allergie alimentaire me semble t’il. L’huile de tung n’est pas comestible mais ne libère pas de COV toxique. La seule précaution à prendre serait d’éviter de huiler le bol ou les couverts à salade (d’ailleurs pour ça l’huile d’olive marche très bien !).
      En espérant avoir répondu à l’ensemble de vos préoccupations !
      Au plaisir de préparer bientôt votre commande,
      Bien cordialement,
      Guillaume de Sol-éco

      1. Merci Guillaume d’avoir pris le temps de répondre avec autant de soin. Concernant la nature du plancher, je ne sais plus trop. Je tenais cette information d’un voisin qui maintenant revient sur cette hypothèse. La poussière de ponçage était bien orangée, le parquet présente
        beaucoup de cernes allongées dans le sens des lames. Par contre, en ponçant, il y avait une odeur forte que je n’associe ni au sapin ni au pin.
        J’ai une dernière question concernant votre huile . Je voudrais savoir si elle change la teinte d’origine du plancher. Nous voudrions que le plancher ne soit pas trop foncé après l’avoir huilé, la chambre en question étant peu éclairée par la lumière du jour (exposition nord dans une rue ). J’ai fait un essai sur une chute de lame que j’ai retiré dans une autre chambre, dans le cadre de l’installation d’un placard, en utilisant de l’huile de lin achetée en supermarché. La lame une fois huilée est beaucoup plus foncée qu’à l’origine. Merci encore pour le temps que vous me consacrez.

  7. Bonjour Guillaume, 2 mois après avoir huilé mon parquet ( qui est finalement en bois de mélèze), nous sommes très satisfait du résultat. J’ai passé, comme vous m’aviez conseillé, une couche d’huile de Tung diluée à 75% avec de l’huile d’oranger. Cette première couche a été rapidement absorbée, et a donné tout de suite un très beau résultat. On pouvait marcher sur le plancher le lendemain. Quelque jours après, j’ai poncé avec du papier abrasif grain 240 rapidement le plancher. J’ai aussi eu à poncer avec du grain plus gros certaines zones où des traces de peinture que je ne voyais pas étaient ressorties après avoir huilé le parquet. Les zones poncées ne se démarquaient absolument pas du reste du parquet, ce qui montre clairement l’intérêt d’huiler les boiseries pour l’entretien futur.
    Une semaine après avoir passé la première couche, j’ai passé une seconde couche d’huile de Tung diluée à 85% avec de l’huile d’oranger. Cette seconde couche a mis plus de temps à être absorbée (une bonne semaine). Une fois complètement absorbée, j’ai nettoyé le parquet au savon noir dilué, et le tour était joué. Le parquet a une jolie couleur orangée (probablement liée en grosse partie à la nature du bois), et a une apparence légèrement rustique mais très élégante. J’ai aussi fait en même temps un essai de la même manière sur un montant de bois en chêne d’un escalier qui a donné aussi un très beau résultat avec une couleur un peu plus foncée. Je pense que je vais poursuivre sur l’ensemble des boiseries de la maison.

    Merci encore pour vos bons conseils et votre implication. L’environnement a besoin de gens comme vous!!

    1. Bonjour Fred et merci pour ce beau retour !
      Si vous avez des photos à partager, ce serait super 😉
      Personnellement je n’ai jamais autant dilué l’huile de Tung mais je suis vraiment content que vous ayez expérimenté votre propre protocole. C’est aussi un des côtés plaisants je trouve avec les bases naturelles : on n’est pas un “simple utilisateur final” mais on peut être pleinement acteur en faisant nos propres recettes !

  8. Bonjour,
    Merci beaucoup pour ces informations sur cette huile.
    J’ai 3 questions :
    – pour 1l de cette huile pure (sans autres huiles ajoutées) , quelle superficie peut on traiter et avec combien de couche (par exemple pour un parquet)
    – quelle avantages/inconvénients/différences par rapport à de l’huile Rubio Monocoat ?
    – peut on teinter cette huile de Tung ? et si oui avec quels types de pigments naturels ?

    Merci.

    1. Bonjour Zeph !
      >>Pour la consommation d’huile de tung :
      _ 6 questions fréquentes sur l’huile de Tung

      >>Pour les parquet :
      Comment protéger mon parquet massif ?

      >>Pour teinter l’huile, j’ai déjà fait une réponse à ce sujet dans la FAQ :
      Je réponds à vos questions !

      Bien cordialement,
      Guillaume

  9. Voici le commentaire que je viens de recevoir de la part d’un chasseur qui cherchait à protéger efficacement et naturellement la crosse en noyer finement poncé de son fusil “vintage”. Il était déçu de l’huile de lin qui noircissait après un passage dans l’étui (à cause de l’humidité) :
    “Tout d’abord,merci pour votre accueil le vendredi 5 mai,nous avons échangé de maniere tres complete,et vous avez precisé les options pour l’utilisation de l’huile de tung .Mon probleme etait un peu special:je voulais traiter une crosse de fusil,j’avais l’arme avec moi,pour que vous puissiez voir l’objet.Le bois est du noyer(bois dur) que j’avais prealablement poncé(grain180,320,finition600)de retour chez moi,j’ai rapidement commencé le traitement :une premiere couche de teinture teck sur le bois brut,puis application de votre melange(tung orange)au chiffon en couches tres fines,j’ai renouvelé l’opération 4 fois(le probleme des bois de fusil c’est qu’ils peuvent rester à la pluie des heures et retrouver le fourreau rapidement favorisant l’impregnation du bois).Le produit n’a pas modifié la teinte du bois mais fixé la coloration,les veines apparaissent bien et le resultat final est pour moi parfait.j’attends à present le sechage définitif(4-5 jours je pense).Je voulais temoigner de cette experience,un peu particuliere,et confirmer que vous avez un nouvel utilisateur convaincu.”

  10. Bonjour,
    Tout d’abord merci pour cet article fort intéressant sur l’huile de Tung.
    Je suis un fervent utilisateur de cette huile que je dilue à 50% avec de l’essence de térébenthine pour appliquer une première couche au pinceau, puis je dilue moins la deuxième couche et je lustre enfin avec de l’huile pure à la mèche de coton.
    Je ne connaissais pas l’usage de l’huile d’oranger,
    Que pensez vous de ma technique, bien sûr je sui prêt à tout entendre et à tout lire pour aboutir à une meilleure pratique.

    1. Bonjour Daniel,
      Merci d’avoir pris le temps de laisser un commentaire.
      Je ne suis pas un adorateur de la térébenthine bien que ce produit soit bien plus local et facile à trouver que l’huile d’orange. J’ai quand même bon espoir de voir une filière d’huile d’orange “française” se monter avec la collecte et le pressage des peaux d’oranges pressées dans les supermarchés…
      Concrètement, les 2 essences (orange et térébenthine) ont des propriétés similaires. Ce sont toutes 2 des huiles essentielles naturelles (lorsqu’elles sont pures bien sûr !). Leur rôle est d’affiner l’huile, la rendre plus fluide. Ensuite, elles s’évaporent. Donc, plus vous diluez, moins vous appliquez d’huile sur le support.
      Votre technique me semble tout à fait convenable, pourvu que vous utilisiez de l’huile de Tung au lieu d’huile de Lin !
      De mon côté, je suis assez gêné par l’odeur de la térébenthine. J’aime la fraicheur de l’agrume ! En plus, j’ai une petite collection d’agrumes rares dans le jardin…
      Je suis curieux de voir une photo de votre lustrage… Je suis persuadé que vous pourriez obtenir les mêmes résultats avec l’huile d’orange. C’est avant tout une question d’affinité. Comme en toutes choses, le mieux étant de tester !
      Bon chantier !

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