Publié par 2 commentaires

Le Shou Sugi Ban n’existe pas ! (Shou Sugi Ban ou Yakisugi ?)…

brulage de douglas pour Shou Sugi Ban Yakisugi

1/ Le Shou Sugi Ban n’existe pas !

Je croyais que le Shou Sugi Ban existait depuis des siècles ! Qu’il était apparu du côté de Seto et Hiroshima, au Japon pour protéger le bois du climat local chaud et humide. Je m’étais trompé… Enfin pas complétement non plus !

Cette technique ancestrale japonaise protège durablement le bois par le feu. Elle présente de nombreux avantages techniques, écologiques et esthétiques. Je l’emploie moi-même depuis plusieurs années avec bonheur tant à l’extérieur qu’en intérieur. On dit qu’un bois traité par le feu dure plus de 80 ans…

façade de maison en bardage bois brûlé yakisugi Shou Sugi Ban

J’ai même écrit plusieurs articles sur le Shou Sugi Ban dont “Ma maison en bois brûlé”. Je le sais maintenant, je faisais une erreur monumentale. Moi qui aime la précision, je suis resté plus de 6 ans dans le faux. Fin 2019, j’ai persévéré dans l’erreur en créant un groupe Facebook : “Fans du Shou Sugi Ban” (que vous êtes invité à rejoindre si le thème vous intéresse et que vous n’y êtes pas encore). Ce groupe francophone à l’origine est vite devenu international. Il regroupe aujourd’hui plus d’une vingtaine de nationalités issues de 5 continents ! Que des joyeux fans du Shou Sugi Ban ! D’ailleurs j’adore l’enthousiasme qui se dégage du groupe. Tous ces gens du monde entier, fiers de poster leur dernier projet passé par la flamme. Cette technique a quelque chose de primitif, intemporel et puissant. Ceux qui y goutent une fois récidivent !

Malgré tout, j’ai commis une erreur… Découvrez laquelle en lisant la suite de cet article…

2/ La claque !

Il y avait bien eu quelques alertes, mais j’étais trop aveuglé par mon enthousiasme… Je n’ai pas écouté assez attentivement les quelques voix çà et là qui allaient à l’encontre de ma croyance. Caroline Hans, qui a rédigé un mémoire sur le sujet (ainsi que la page Wikipedia) lorsqu’elle était élève en école d’archi, mon client de la pointe bretonne Marc Elies (MEBB) ou cet article de Nakamoto Forestry (en anglais) qui proposait une piste intéressante… Malheureusement, je ne voyais pas la charge de cavalerie pointer au loin.

Et puis les Anglais ont tiré les premiers… Heureusement, nous n’étions pas à la bataille de Fontenoy (“Messieurs les Anglais, tirez les premiers !”). Mais la salve fut cinglante. Contrairement aux bataillons de Louis XV, je n’avais rien à gagner (pas même une noix de jambon de Bastogne ou une gaufre car Fontenoy est en Belgique mais on s’éloigne là!).

C’est arrivé sur Facebook, dans le groupe des “Fans du Shou Sugi Ban”. Un “cheval de Troie” accepté quelques jours auparavant dans le groupe me contacte en message privé. Cette dame me dit à peu près ceci : “Guillaume, vous utilisez l’expression Shou Sugi Ban qui est notre marque déposée au Royaume-Uni depuis 2009 et dans toute l’Europe depuis 2018. Vous parlez de Shou Sugi Ban au lieu de Yakisugi. Nous sommes les inventeurs du terme “Shou Sugi Ban” qui est une désignation de notre marketing. Veuillez cesser immédiatement l’utilisation frauduleuse de ce terme.”

3/ Contrefacteur sans le savoir !

brulage de douglas pour Shou Sugi Ban Yakisugi

Bon, là, je vous avoue que le sol s’est un peu dérobé sous mes pieds. D’abord, je ne suis pas en concurrence avec cette entreprise anglaise qui promeut vaguement le bois brûlé (d’ailleurs ils n’en fabriquent pas eux-même et la majeure partie de leurs projets d’architecture sentent plus le ciment que la fumée…). J’ai écrit des articles, tourné des vidéos et créé le groupe Facebook uniquement pour partager mes idées et connaissances autour du bois brûlé. J’ai vérifié à nouveau sur les moteurs de recherches et il existe des centaines de liens utilisant l’expression Shou Sugi Ban à travers le monde. Il faut vraiment chercher pour trouver un premier lien avec l’entreprise anglaise qui revendique légalement la propriété du terme. En fait, les 2 expressions semblent être utilisées à travers le monde.

J’ai immédiatement décidé 2 choses :

  • changer le nom du groupe Facebook, désormais appelé “Fans du Yakisugi”
  • étoffer mes connaissances par une recherche minutieuse que je partage avec vous

Ce que j’ai découvert ensuite m’a vraiment soufflé !

4/ Une bonne enquête…

Parmi les lecteurs de ce blog, il y a un détective privé qui a 25 ans de métier. Il doit sourire en lisant ce titre que j’écris en pensant à lui.

Pour comprendre ce qui se passait, j’ai d’abord contacté mes interlocuteurs privilégiés au sein de l’INPI (Institut National de la Propriété Intellectuelle). Je leur ai demandé comment une expression qui désigne universellement une technique a pu être déposé. Car soyons clair, j’attends toujours la preuve que cette entreprise britannique a créé elle-même cette expression vers les années 2005-2006 comme elle le prétend. Comment son nom aurait-il disparu des radars alors que la marque en question se serait miraculeusement propagée autour du monde de la France au Canada et à l’Australie ou aux Philippines ? Et cela bien sûr avec un budget communication qui semble quasi-inexistant ! C’est comme si Mickey était devenu célèbre dans le monde entier, sans pub et sans que personne ne connaisse Disney…

Bref, la règle actuelle en terme de propriété intellectuelle interdit le dépôt d’une technique. Donc pas de marque style “marqueterie”, béton banché” ou “pot-au-feu”. Il est probable que cette entreprise anglaise a argumenté sur un mot à consonance chinoise ou japonaise en disant l’avoir créé de toute pièce. L’institut Européen de la propriété intellectuelle (EUIPO )ne diligente pas d’enquête en ce sens et se limite à une recherche d’antériorité dans la base des marques. Après le délai légal d’information pendant lequel les contestations sont possibles, la marque est enregistrée. Fin du film.

Ensuite, si quelqu’un veut contester la validité d’une marque enregistrée, il doit ouvrir une procédure en contentieux. Cela coûte plusieurs milliers d’euros. Les conseillers français interrogés étaient eux-mêmes dans l’impossibilité de me renseigner plus clairement sur ce point, n’ayant jamais eu affaire à ce type de procédure. Ils m’ont simplement assuré que “cela coûte plus cher que le dépôt”… Dans cette procédure de contentieux, tout se joue autour de la démonstration de l’utilisation antérieure au dépôt de l’expression en question ainsi que de son caractère technique reconnu largement. En gros, j’arrivais à la conclusion sur ce point que l’entreprise britannique avait légalement la propriété intellectuelle en Europe de cette expression mais que cela reposait sur un socle fragile. Vous verrez à la fin de cette enquête que la propriété intellectuelle me réservait encore une autre surprise…

Désormais, mes recherches s’orientaient dans 2 voies :

  • L’antériorité ou pas de l’expression avant 2009 (UK) ou 2018 (Europe)
  • L’étymologie et l’étude des caractères qui composent l’expression

5/ Internet est une passoire mémorielle !

rinçage du carbone du Yakisugi
rinçage du carbone

En remontant les origines des publications consacrées au Shou Sugi Ban, je me suis heurté à un écueil. S’il est très facile de faire des recherches par date, les résultats sont très aléatoires. On peut définir dans Google que nous cherchons des publications antérieures à 2009 par exemple. Le souci c’est qu’Internet est un outil très jeune et remis à jour fréquemment. J’ai donc facilement trouvé des liens de publications datant de 2006 ou 2007. Cela tendait à prouver que mes interlocuteurs anglais avaient un peu surestimé leur créativité linguistique. Mais en cliquant sur les liens en questions, les pages proposées ne reflétaient pas le lien. En effet, elles avaient été mises à jour de nombreuses fois dans l’intervalle. Alors preuve ou pas ? C’est pas clair.

Si vous voulez, c’est comme un livre d’histoire auquel on aurait gardé le sommaire au fil du temps et modifié tout le contenu des chapitres. Finalement, le sommaire garde une trace d’un contenu depuis longtemps disparu. Si nous basons toutes nos recherches historiques sur Internet, nous risquons d’être de plus en plus déçu au fil du temps. En plus la majeure partie des contenus publiés ne sont validés par aucun tiers. C’est aussi le cas du blog que vous lisez actuellement. Je m’applique à citer mes sources et consulter des experts mais je peux me tromper de bonne foi !

Cette piste est donc un peu délicate. Je la laisse de côté pour l’instant en attendant de trouver des publications qui nous apporteraient un éclairage nouveau et fiable sur ce point précis. Voyons un peu ce que ça donne sur le plan linguistique.

6/ Alors, Shou Sugi Ban ou Yakisugi ?

Voici un mystère, doit-on parler de Shou Sugi Ban ou de Yakisugi pour parler de cette technique japonaise de bardage brûlé ? Mettons de côté les revendications (aujourd’hui légales) de l’entreprise britannique et intéressons-nous aux termes employés.

Bien sûr les 2 expressions se basent sur la même série d’idéogrammes chinois, passés dans le japonais au Moyen-Âge. Ces idéogrammes apprtiennent au Kanji, un des 3 alphabets qui cohabitent en japonais. Sur cette partie, l’article de Nakamoto Forestry (en anglais) est très clair. D’après eux, l’expression Shou Sugi Ban est une erreur de lecture des idéogrammes chinois par quelqu’un qui ne connait pas le japonais et la prononciation particulière du kanji.

A ce stade, j’en suis là : la véritable expression est Yakisugi-ita mal prononcée (on ne sait pas bien à partir de quand) “Shou Sugi Ban”. Ce qui signifie “planche (ita) de cèdre (Sugi) brûlée (Yaki)“. Pour le japonais, c’est ok ! Mais la partie soi-disant chinoise m’interroge encore…

petit bateau sculpté en cèdre du Japon (sugi)
Un petit bateau que j’ai sculpté dans du cèdre du Japon
(Sugi) ramassé sur la cale d’échouage de Horta
sur l’île de Faial aux Açores en 1991

Au collège, j’étais helléniste et j’ai toujours adoré l’étymologie ! La recherche des racines des mots nourrit une de mes plus grandes forces, l’#Input (ma 3ème exactement selon le test Gallup CliftonStrengths dont je parle régulièrement sur un autre blog que j’alimente : DesForcesPourLaVie. Ce test permet de découvrir ses talents naturels et de les développer en véritables forces). #Input, c’est la capacité à collectionner les infos, les chiffres, les connaissances car, on ne sait jamais, ça peut toujours servir un jour ;).

Ici, il ne s’agit pas de mots grecs mais de caractères chinois. Je décide alors de mettre mon “Guanxi” (réseau en Chine) en alerte pour m’aider à contacter un des plus grands sinologues en France : Cyrille J.D Javary. Lui seul peut m’éclairer sur l’interprétation des idéogrammes avancée par Nakamoto Forestry…

7/ Lost in Translation

Là, on rentre dans le “dur”…

Avant de contacter Cyrille Javary, j’ai feuilleté une fois de plus mon “Grand dictionnaire RICCI des plantes de Chine”. Puisque tous ces idéogrammes étaient chinois, la première chose à faire était de vérifier s’ils désignaient bien ce qu’on prétendait : du cèdre du japon (Cryptomeria japonica) brûlé. En réalité, je tombe sur un terme composé de 2 idéogrammes 柳杉 qui se prononcent “liǔ shān”. Donc pas de “Sugi” qui signifie cèdre en japonais… de plus, un seul de ces idéogrammes se retrouve dans l’expression Shou Sugi Ban/Yakisugi-ita.

Voici une traduction rapide de la partie intéressante de l’article du blog de Nakamoto Forestry :

kanji「焼」ou “yaki”, dans la prononciation indigène japonaise, se lit comme “shou” dans la prononciation japonaise de la prononciation chinoise originale, également écrite comme “xiao” dans le mandarin moderne Pinyin. Alors「板」ou “ita” dans la prononciation indigène japonaise se lit comme “ban” dans la prononciation japonaise de la prononciation chinoise originale, similaire à “ban” dans le mandarin moderne Pinyin. Il est donc fort probable qu’un universitaire (en raison du mot composé de 3 kanji moins souvent utilisé) ait lu par erreur 「焼杉 板」 comme “shousugiban” au lieu du bon “yakisugi-ita”, ou plus communément “yakisugi”. En d’autres termes, l’erreur commise par un étranger a été de lire le kanji composé avec un mélange de prononciation chinoise et japonaise, au lieu de la seule prononciation japonaise que tout Japonais connaît.

Nakamoto Forestry

Vous suivez encore ? C’est là que nous avons vraiment besoin des compétences d’un spécialiste de la trempe de Cyrille Javary… Je dois préciser que j’appécie la rigueur, l’écriture et le partage de connaissances de ce spécialiste de la Chine qui vécut d’ailleurs à Taiwan entre 1979 et 1981. J’ai lu avec beaucoup de plaisir “Les 3 sagesses chinoises” et “La souplesse du dragon”.

8/ Comment prononcer ?

Je me retrouve donc avec 5 idéogrammes dont 1 s’est perdu dans la version finale de l’expression (柳 liǔ) et un autre qui apporte une précision (ita = planche). Quel bazar !

Pour commencer, décomposons l’expression chinoise désignant ce fameux cèdre japonais employé historiquement pour le bois brûlé. 柳杉 liǔ shān. Grâce à Mr Javary, voici ce que j’ai appris :

  • 柳 liǔ est le nom commun du saule
  • shān est le nom du sapin de Chine / Cunninghamia lanceolata. Cet idéogramme est resté dans l’expression finale.
  • Les 2 ensembles désignent bien le cèdre du japon, Cryptomeria japonica. Ce “cèdre” est en fait de la famille des cyprès… Cette essence très légère et naturellement résistante a été implantée notament aux Açores et sur l’île de la Réunion.

Maintenant revenons à l’expression complète. Si la prononciation Shou Sugi Ban vient du chinois, nous n’allons pas tarder à le savoir. Déjà, “Sugi” n’est pas une prononciation chinoise mais Japonaise. Les chinois disent 杉 shān. Et les autres caractères, quelle est leur prononciation ?

Cyrille Javary m’éclaire ensuite sur “Shou” ou “Yaki” :

焼 est la simplification japonaise du caractère chinois : 燒 [shāo] roast, cook, burn et dont la simplification chinoise est : 烧.

Cyrille Javary

Avec shāo, je me retrouve dans les shou, heu, dans les choux je veux dire. Encore une fois l’hypothèse d’une prononciation à la chinoise des idéogrammes “Yakisugi-ita” ne tient pas la route… D’ailleurs en parlant de choux, avec “Yaki” (grillé, brûlé) nous entrons en cuisine : Yakitori, Yaki udon, Yakisoba… Yakisoba, littéralement “nouilles sautées” rappellent les “chao mian” (炒 chǎo, stir-fry) de Shanghai.

Bon, plions les serviettes pour revenir à notre dernier terme : “Ita” ou “Ban”. Toujours selon Cyrille Javary, “quant à 板 [bǎn] il signifie bien : board, hard”. OUF ! Enfin un terme qui correspond !

9/ Pour résumer

Grâce à l’aide de Cyrille Javary, j’ai pu comprendre quelque chose d’important : la prononciation “Shou Sugi Ban” n’existe pas. Cette expression n’est forgée sur aucune logique linguistique rigoureuse. Si nous devions utiliser une prononciation chinoise, ce serait : “烧 (shāo) 杉 (shān) 板 (bǎn)”. En partant de cette expression, cela modifierait sensiblement le résultat car le bois serait alors du sapin de Chine (Cunninghamia lanceolata) au lieu du Cryptomeria japonica.

La prononciation Shou Sugi Ban si elle n’est pas d’origine chinoise, s’est tout de même imposée dans la majeure partie du monde occidental. La seule exception notoire (d’après mes recherches) semble être l’Allemagne qui a conservé majoritairement la prononciation japonaise courte “Yakisugi”. Dans le fond, cette querelle est de peu d’importance ! L’essentiel étant de se comprendre ! Toutefois, pour une question de précision, je vais m’employer à utiliser désormais en premier lieu le terme Yakisugi en lieu et place de Shou Sugi Ban.

J’espère ne pas vous avoir trop fatigué les neurones avec mes histoires de prononciation… La grande leçon que j’en retire est qu’il faut toujours rester vigilant surtout face à ce qui semble un lieu commun sur le net…

10/ Première révélation

En début d’article je vous annonçais une révélation. En fait, je vous en ai gardé 2 pour la fin. La première, c’est que toute cette affaire m’a fait réaliser qu’il n’y avait pas de LIVRE sur le sujet du bois brûlé. J’ai cherché en français et en anglais et je n’ai rien trouvé (si je me trompe, n’hésitez pas à me laisser un commentaire avec la référence du livre, merci !). Alors, avec ma merveilleuse épouse, Sophie, nous avons décidé d’écrire ce premier livre sur cette technique à la fois traditionnelle et résolument moderne du Yakisugi. Sophie fera les illustrations et m’aidera à réunir et trier toute la matière. Je me charge bien sûr de l’écriture ;).

brûlage au chalumeau d'un clin de Douglas Shou Sugi Ban

RESTEZ INFORMÉ/E

Laissez votre prénom et votre email si vous souhaitez contribuer ou être tenu/e au courant en premier de l'avancement du premier livre sur le Yakisugi !

Pour ce projet passionnant, nous avons besoin de VOUS ! Vous pouvez construire ce livre avec nous. SI vous avez des images, des témoignages, des projets, des infos, partagez-les avec nous. Nous verrons ensuite comment les insérer. Si vous êtes architecte et que vous utilisez cette technique pour vos bâtiments, saisissez cette occasion pour les promouvoir dans ce premier livre sur le bois brûlé ! Si vous représentez une entreprise qui fabrique du bardage ou de la décoration en yakisugi, nous attendons avec impatience que vous partagiez votre passion avec le plus grand nombre !

Nous voulons faire de cet ouvrage un événement dans la communauté des passionnés du bois, des architectes et plus globalement auprès de toutes les personnes qui souhaitent utiliser une technique ancestrale et écologique pour construire leur maison. Nous lançons donc un appel à coopération pour que ce livre soit le plus complet, le plus beau et le plus inspirant possible ! Rêvons ensemble d’une architecture plus responsable pour le futur. Quelque chose me dit que le Yakisugi coche pas mal de cases…

Alors, vous en êtes ?

11/ Seconde révélation

Revenons un instant à l’article de blog de Nakamoto Forestry. Pour l’architecte japonais qui a popularisé en occident la méthode japonaise de préservation du bardage par le feu, Terunobu Fujimori, le nom que nous devons donner à cette technique est bien “Yakisugi”. Et là, il y a un autre problème en Europe.

https://upload.wikimedia.org/wikipedia/commons/thumb/5/5a/Coal_House.jpg/320px-Coal_House.jpg
Coal House par Terunobu Fujimori
Photo sous licence CC

En effet, comme pour “Shou Sugi Ban”, une autre entreprise a trouvé le moyen de déposer “Yakisugi” en tant que marque. Cette fois, c’est une entreprise néerlandaise qui a protégé ce nom via un spécialiste espagnol de la propriété intellectuelle. Encore une faille du dispositif européen de protection intellectuelle ? Dans ce cas-là, selon mes interlocuteurs de l’INPI en France, l’entreprise néerlandaise exploiterai probablement cette marque de manière contestable car la classe de produit pour laquelle elle est déposée ne correspond pas à l’activité réelle de cette société. Cette société financière ne semble pas en mesure de fabriquer du bois brûlé et de le vendre. Alors pourquoi un tel montage ? Mystère…

En tout état de cause, il appartient maintenant aux Japonais de protéger leur patrimoine culturel. Ils ont prouvé depuis longtemps qu’ils savent le faire avec la notion de “Patrimoine Vivant”. Un “Patrimoine Vivant”, c’est une personne qui détient un savoir rare et spécifique. Grâce à ce statut, elle peut le transmettre à un élève dans les meilleures conditions. Cette disposition légale a été transposée en France par le statut de Maitre d’Art, désigné par le Ministre de la Culture.

Je prépare un courrier pour les ambassades japonaises françaises, belges, néerlandaises et espagnoles afin de les questionner sur leur position à ce sujet. Reconnaissent-elles les termes “Yakisugi” ou “Shou Sugi Ban” comme représentants une technique ancestrale inhérente à la culture japonaise. Et si oui, quelles actions éventuelles souhaitent-elles mener afin de libérer cette ou ces expressions de la privatisation dont elles font aujourd’hui l’objet en Europe.

Si vous souhaitez soutenir cette demande, vous pouvez me contacter. Je vous enverrai le modèle de courrier que j’adresse à ces ambassades. Plus nous serons nombreux, plus cela aura de poids bien sûr !

Je vous dit à très bientôt pour vous donner des nouvelles de l’avancement de ce premier livre sur le bois brûlé… Une nouvelle aventure passionnante démarre ! Remplissez le formulaire dans l’article pour rejoindre la liste des personnes avisées en priorité. Le Shou Sugi Ban n’existe pas mais il s’écrit pourtant de la même manière que le Yakisugi-ita ! CQFD.

Guillaume de Sol-éco

brûlage au chalumeau d'un clin de Douglas Shou Sugi Ban

RESTEZ INFORMÉ/E

Laissez votre prénom et votre email si vous souhaitez contribuer ou être tenu/e au courant en premier de l'avancement du premier livre sur le Yakisugi !

Publié par Laisser un commentaire

Mon potager en carré en bois brûlé

Vous connaissez certainement les potagers en carré ? Cette méthode a d’abord été développée par l’américain Mel Bartholomew puis remodelée “à la française”…

Les avantages des planches de culture surélevées sont multiples :

  • Ergonomie (la terre est moins basse)
  • Organisation facile des cultures
  • Circulation autour des carrés
  • Rendements améliorés par la facilité d’entretien
  • Besoin en eau réduit
  • Plantes plus productives grâce à une hauteur de sol augmentée (si le sol est bien préparé en amont)
  • Microclimat : la surélévation peut faire gagner un ou deux précieux degrés l’hiver
  • Esthétique

Comme dans toute bonne technique, il existe aussi quelques contraintes ou inconvénients. J’en ai listé quelques-uns :

  • Le coût. Les kits vendus en jardineries ou grandes surfaces sont très variables (de 20 à 350€ !)
  • La durée de vie. En la matière, plus cher ne veut pas forcément dire plus durable…
  • Le plastique. Je ne parle pas des carrés de potager en plastique, ceux-là ne sont même pas dans mon radar. Je parle du plastique mis entre le bois et la terre dans le carré. Il ne vieillit généralement pas bien et on peut le percer en cultivant.

J’avais fait déjà une première expérience il y a quelques années et je me suis donc inspiré du bilan pour préparer ce nouveau potager en carré en bois brûlé. Pour ce nouveau chantier, j’avais un souci majeur : pas de terre correcte à y mettre. J’ai donc en plus appelé Charles Hervé-Gruyer de la Ferme du Bec-Hellouin pour me conseiller.

Regardez cette vidéo pour savoir comment faire un potager en carré durable et bien préparer votre sol :

2 astuces principales pour mon potager en carré en bois brûlé.

Pour mon premier carré de potager dans ce nouveau jardin, j’ai conçu un modèle sans vis et surtout protégé par la méthode du bois brûlé japonais “Yakisugi” ou appelé abusivement Shou Sugi Ban en Europe et en Amérique du Nord.

Pas de vis :

A moins d’utiliser des vis inox couteuses et fragiles (elles cassent net contrairement aux vis bichromatées ou équivalentes), les vis rouillent dans le bois. En moins de 2 ans, les assemblages sont fragilisés. Le moindre choc sur la structure suffit ensuite à casser le cadre du potager. Donc, pas de vis !

Du coup, je suis parti sur un assemblage à mi-bois. C’est plus propre et le design est sympa. Il faut juste s’éloigner de 10cm du bout de la planche pour que l’assemblage soit assez solide.

Pas de bois traité :

Comme le bois est en contact durable avec la terre, tous les produits chimiques contenus dans le bois se libèrent dans le sol. Certains soutiennent qu’un sol bien vivant dégrade facilement les résidus de produits chimiques, de médicaments et de pesticides. Par précaution, je ne recommande pas d’utiliser des bois traités ou récupérés comme les palettes, vieux bois de charpentes et SURTOUT PAS de traverses de chemins de fer (traitées avec un bain de chrome-cadmium-arsenic ou de la “créosote” produit extrêmement dangereux, polluant et persistant).

Je vais donc utiliser mes premières planches de douglas débitées avec ma gruminette :

Vous pouvez également utiliser des planches de coffrage non traitées que vous trouverez en grande surface de bricolage.

Pas de plastique :

Pour éviter le film plastique intérieur et avoir un potager en carré durable et esthétique, j’ai chois de le brûler au chalumeau puis de le huiler avec de l’huile de Tung pure Sol-éco. Je procède ainsi : une première couche d’huile après le brûlage puis un réchauffage au chalumeau. Une fois refroidi, une seconde couche d’huile, toujours au pinceau pour fixer le carbone et bien protéger le bois. je laisse ensuite sécher 2 jours avant d’assembler mon potager en carré et de le mettre en place.

Les avantages du brûlage sont multiples. Dans le cas du potager en carré, je cherche à éviter les champignons qui prolifèrent dans les zones en contact avec la terre. Ils aiment les coins sombres et peu ventilés. Dans une planche de coffrage classique, la pourriture cubique vient à bout de la structure du bois en moins de 3-4 ans. Le brûlage “Yakisugi” permet d’éliminer la cellulose dont ils se nourrissent. La surface brûlée ne présente donc plus d’intérêt pour ces champignons. Le carbone rend également le bois moins sensible à l’humidité.

Vous n’avez pas de bois ou ne voulez pas passer du temps à faire vos assemblages ? Vous voulez quand même avoir un potager en carré sans vis et durable grâce au Yakisugi ?

Pas de problème ! Vous pouvez acheter ou commander un potager en carré en douglas brut comme celui-ci et le brûler vous-même. C’est la partie la plus fun ! Pensez bien à huiler le bois avec de l’huile de Tung Sol-éco quand même 😉

Préparer la terre pour son potager en carré

Non. Je suis désolé !

Votre potager en carré ne se pose pas sur votre pelouse comme une jardinière… Pour récolter dans quelques semaines de beaux légumes, il ne suffit pas de déverser 4 sacs de terreau acheté à la jardinerie et basta !

En plus, du terreau ici j’en avais pas et mon sol est en glaise compacte. Alors, pour savoir comment préparer ma terre au mieux j’ai donc appelé mon ami Charles Hervé-Gruyer de la ferme du Bec-Hellouin. Avec sa femme Perrine, ils ont créé en une dizaine d’années un lieu incroyable au cœur de la Normandie. D’une petite vallée pauvre au bord d’un petit ruisseau où s’égaient quelques truites, ils ont fait un paradis d’abondance végétale. Jardin-forêt, vergers, jardins mandalas, culture sur buttes ou planches, chaque espace est soigneusement réfléchi puis entretenu amoureusement. Plus de 5000 personnes sont déjà venues se former ici au maraichage et à la permaculture !

D’ailleurs notre maraicher bio dans notre petite ville de campagne s’est formé là-bas… Aujourd’hui, c’est un homme heureux et qui vit très correctement de son activité.

Charles m’a donc délivré quelques précieux conseils pour préparer mon terrain.

1/ Décompacter le sol

Dans le fond, Charles m’a dit que le sol en argile n’est si grave que ça. Il met du temps à démarrer au printemps car l’humidité le garde froid plus longtemps. Par contre il est riche en minéraux. Il demande quand même à être un peu drainé et aéré.

Voici la méthode préconisée par Charles Hervé-Gruyer :

Sur l’aire prévue pour mon potager en carré, j’enlève une première épaisseur de bêche. Cet horizon est déposé à côté. Ensuite, à l’aide d’une grelinette je décompacte un second horizon que je laisse en place sans le retourner. Une fois le décompactage profond effectué, je remets le premier horizon dessus. Mon sol est maintenant un peu plus haut que le reste du terrain grâce au décompactage. Je peux maintenant poser ma structure de potager sur cette terre.

2/ Remplir le carré de potager

Comme je n’ai pas d’autre terre à disposition et que mon compost n’est pas prêt, Charles m’a donné d’autres astuces pour remplir mon cadre. D’abord, je suis allé chercher du fumier de cheval bien mûr chez un éleveur. J’ai mélangé cela au peu de terre végétale que j’ai trouvé en place. J’y ai ajouté des feuilles mortes, des fougères, des orties et un peu de glaise bien effritée. J’ai bien brassé le tout avec un fond de sac de terreau et j’ai réparti le mélange dans mes 2 zones de potager. J’ai ajouté à cela un gros paillage (fougère, paille de blé, tonte d’herbe, orties, déchets de cuisine).

3/ Arrosage

J’ai arrosé l’ensemble car une partie de mon mélange était assez sec. L’humidité est importante pour activer les bactéries.

4/ Plantation

J’ai suivi les recommandations de Charles en commençant par planter des courges. Elles s’accommodent bien d’un compost pas encore bien décomposé. Je pourrais ensuite y mettre des choux et du fenouil pour l’hiver. D’ici là, je vais continuer à apporter beaucoup de matière organique pour créer de l’humus : déchets de cuisine, feuilles, tonte…

Résultat

Une fois terminé, le résultat est vraiment sympa. Je crois que je vais en préparer d’autres sur le même espace. Ça tombe bien, il me reste du bois 😉

Le bois brûlé s’harmonise très agréablement dans la verdure ambiante. Cela donne une touche vraiment classe à notre potager… Et vous ? Prêt à tenter l’expérience ?

Guillaume de Sol-éco

Publié par Laisser un commentaire

6 questions fréquentes sur l’huile de Tung

loupe d'enfant sur parquet chêne, questions fréquentes sur l'huile de Tung

L’huile de Tung (prononcez “tongue”) gagne en popularité en ce moment. Je reçois de plus en plus de questions par mail, par téléphone ou en commentaires sur son utilisation, son origine ou ses propriétés. Pour que tout le monde puisse bénéficier de mes réponses, j’ajoute souvent manuellement ces échanges dans la faq. J’ai déjà fait un long article sur l’huile de Tung, mais je me rends compte qu’il est plus généraliste, botanique et historique. J’ai donc décidé aujourd’hui de répondre aux 6 questions les plus fréquentes que vous vous posez sur l’huile de Tung.

  • Est-ce que l’huile de Tung teinte le bois ?
  • Quel rendu final vais-je obtenir ?
  • Comment appliquer l’huile de Tung ?
  • Combien de couches dois-je passer ?
  • Quel est le temps de séchage de l’huile de Tung ?
  • Comment calculer ma consommation d’huile ?

Je réponds à chacune de ces questions sur l’huile de Tung dans la suite de cet article et également dans la vidéo ci-dessous publiée sur la chaine YouTube de Sol-éco. Abonnez-vous à la chaine dès maintenant pour être prévenu en premier lors de la mise en ligne de la prochaine vidéo 😉

Abonnez-vous !

1/ Est-ce que l’huile de Tung teinte le bois ?

C’est une des questions sur l’huile de Tung qui revient le plus souvent. J’en suis toujours étonné car pour moi, chaque pièce de bois a sa propre teinte, densité et son propre grain issu de son histoire (sol, accès à l’eau et à la lumière…). J’aime cette diversité au sein d’une même essence.

L’huile est d’une couleur ambrée. Si on en mettait l’épaisseur d’un vernis, cela donnerait certainement une teinte un peu caramel au bois. Comme l’huile doit être appliquée dans la majeure partie des cas avec parcimonie, elle ne fonce pas le bois. Il y a quand même quelques nuances à apporter. Tout d’abord, les bois clair (pin, bouleau, peuplier, érable…) ont tendance naturellement à jaunir sous l’effet des UV. Qu’ils soient vernis ou huilés, rien arrête dans le temps la puissance de ces rayonnements.

Regardez la vidéo pour comparer le résultat du huilage sur des échantillons de chêne, de bouleau, de pin et de bambou.

Dans le cas où vous souhaitez obtenir une teinte particulière, faites la teinte sur le bois brut puis huilez. Dans tous les cas, assurez-vous d’avoir assez de teinte pour l’ensemble de votre surface. C’est comme le carrelage, selon, les lots le résultat peut être différent. Procédez toujours à un essai de teinte sur une chute. Suivez les indications d’emploi du fabricant de votre teinte. Un bon plan si vous souhaitez vous procurer une teinte de qualité professionnelle : les ébénistes-restaurateurs se fournissent encore chez Laverdure, une des dernières entreprises du Faubourg Saint-Antoine à Paris.

2/ Quel rendu final vais-je obtenir ?

Vous souhaitez garder la teinte naturelle de votre bois (parquet, meuble, plan de travail…) ? Vous vous demandez quelle couleur va t’il prendre après huilage ? Comme vous me posez souvent cette question par rapport à l’huile de Tung, je vous propose ma petite astuce…

Vous pouvez facilement faire un test simple chez vous, directement sur votre bois. Prenez une éponge humide et passez-la sur votre surface. La couleur obtenue sera très proche du résultat du huilage. Je ne prends pas en compte l’éventuel jaunissement futur (bois clairs) liés aux UV car cela dépend de beaucoup de facteurs (exposition, lumière, volets ou pas…). Pensez bien à reponcer votre surface test après séchage car l’eau aura relevé les pores du bois et rendu la surface rugueuse.

Regardez la vidéo pour comparer le résultat du mouillage par rapport au huilage sur des échantillons de chêne, de bouleau, de pin et de bambou.

La finition huilée est mat voire très légèrement satinée. Le rendu final dépend aussi du grain et de la densité du bois ainsi que du ponçage. Par exemple, si vous finissez votre plan de travail au grain de 180 ou de 320, votre résultat sera différent. Plus vous polissez votre bois plus douce et soyeuse sera la finition.

3/ Comment appliquer l’huile de Tung ?

Tout dépend de la taille de votre projet ! Si vous avez un petit objet en bois à protéger ou 200m2 de bardage en Shou Sugi Ban à huiler, ce n’est évidemment pas le même chantier. Un autre facteur est le relief éventuel de votre surface.

  • Si vous avez des parties sculptées, creuses ou difficiles d’accès, je vous recommande d’utiliser un pinceau ou une brosse large.
  • Pour une surface lisse type plan de travail bien poncé, dessus de meuble, j’utilise un chiffon en coton pour déposer des couches fines qui durcissent plus vite et ne prennent pas la poussière en séchant.
  • Pour des projets plus grands type parquets en bois massif ou bardages sans profils, vous pouvez utiliser un rouleau ou un spalter large.

Dans tous les cas en intérieur, pensez à ré-essuyer au chiffon la couche d’huile pour éviter les surplus.

4/ Combien de couches d’huile de Tung dois-je appliquer ?

Généralement 2 couches suffisent pour bien protéger votre support. Dans certains cas plus extrêmes comme la protection du bois en extérieur, vous pouvez passer une troisième couche pour augmenter la longévité. Comme l’huile de Tung que je vous propose est naturelle et non catalysée (ben oui ! Elle sèche naturellement contrairement à l’huile de lin…), vous pouvez reprendre facilement et sans trace le huilage de zones plus sollicitées. Ce n’est pas possible avec les huiles dures danoise très catalysées (et donc instables et facilement auto-inflammables).

Si vous appliquez votre huile au chiffon, vous pouvez le conservez quelque temps (pas plus de 15 à 21 jours, après il durcit) dans un pot en verre pour ralentir son séchage. Le fait que mon huile ne soit pas catalysée la rend moins dangereuse que les huiles modifiées. Les chiffons ne chauffent pas à cause de la réaction chimique entrainée par le catalyseur. Des ateliers et des garages ont déjà brûlé à cause d’huiles catalysées et de chiffons qui prennent feu ! Faites très attention si vous faites vos propres tambouilles en mélangeant différents produits. Je ne le vous recommande clairement pas et vous conseille d’utiliser mes huiles telles quelles.

Les pinceaux et les brosses peuvent être nettoyés à l’huile d’orange dans un pot en verre que vous refermez après usage pour conserver votre huile d’orange et la réutiliser. L’huile d’orange garde les poils des pinceaux et spalter soyeux, contrairement à l’acétone qui les sèche.

5/ Quel est le temps de séchage de l’huile de Tung ?

Généralement, j’ai tendance à dire que c’est comme le béton : sec à cœur en 21 jours. Ne vous inquiétez pas, cela ne veut pas dire que votre pièce est condamnée pendant 3 semaines et que vous ne pourrez pas marcher sur votre parquet d’ici là ! En fait, le secret c’est de faire des couches fines pour qu’elles sèchent plus vite. En effet, le séchage de l’huile se fait par oxydation au contact de l’air.

L’avantage par rapport à un vernis, une lasure ou un vitrificateur, c’est que vous pouvez quand même circuler ou utiliser votre surface rapidement. Quand j’ai commencé à utiliser l’huile de Tung pour mes meubles, un des premiers avantages était que je pouvais faire les livraisons dès le lendemain du huilage. Avec un vernis, il fallait que j’attende plusieurs jours afin qu’il soit dur et que les solvants principaux soient évaporés (dans l’air de mon atelier 😉 ). C’est pas très vendeur d’arriver avec une belle table de repas en érable massif qui empeste les solvants !

Généralement l’huile est sèche au toucher en quelques jours mais vous pouvez utiliser votre meuble ou circuler sur votre sol rapidement sans endommager la finition.

6/ Comment calculer ma consommation d’huile ?

Voici une autre question sur l’utilisation de l’huile de Tung très fréquente car elle détermine votre quantité à commander. En utilisant de l’huile de Tung pure ou simplement affinée à 10% d’huile d’orange (comme avec l’huile Haute Protection de la boutique) , vous bénéficiez de toutes ses qualités protectrices. Aucun produit de grandes surfaces de bricolage ne garantit cette teneur en huile.

Il faut savoir que la première couche “boit” plus que la seconde car votre support brut doit être imprégné. La consommation varie selon les essences (plus ou moins poreuses) et suivant la manière dont vous “tirez” le film d’huile.

En moyenne, avec 1 litre, vous couvrez 12 à 15m2 pour la première couche en intérieur. La seconde est moins gourmande et vous permet de couvrir 15 à 20m2.

A l’extérieur, on garde des couches plus grasses (sans pour autant tartiner le support !). La consommation est donc supérieure. Comptez 8 à 12m2 avec 1 litre pour être tranquille. 8m2 par litre, c’est plutôt le rendement constaté pour un Shou Sugi Ban avec une couche carbonée très épaisse et qu’on souhaite gorger d’huile pour la rendre plus durable et plus propre. Donc si vous avez du mobilier à protéger, tablez sur 10-12m2 par litre d’huile de Tung. Dans tous ces cas, préférez l’huile pure Tung (sans huile d’orange).

7/ Vous avez d’autres questions sur l’huile de Tung ?…

Avec cet article, j’espère avoir répondu assez clairement à vos questions les plus fréquentes sur l’huile de Tung. Je souhaite aussi vous avoir donné envie d’utiliser cette huile naturelle pour protéger vos bois en intérieur comme en extérieur. Elle est facile d’utilisation et extrêmement efficace, parole de professionnel 😉

Et s’il vous reste encore des questions sur cette huile de Tung, posez-les en commentaire et j’y répondrai avec plaisir !

Bon chantiers !

Guillaume de Sol-éco

Publié par Laisser un commentaire

Customiser des vieux meubles avec le Shou Sugi Ban

peti meuble d'appoint en bois brûlé Shou Sugi Ban installé dans le salon

Comment remettre au goût du jour de vieux meubles rustiques, campagnard ou Louis-Philippe qui pullulent dans nos maisons ou les vide-grenier ? C’est vrai qu’aujourd’hui on a souvent envie d’autre chose pour nos intérieurs. Fini le temps du bahut 2 portes, du confiturier et de la bonnetière… Pourtant, par rapport à tout le mobilier moderne en panneaux de particules (bourrés de colle polluante pour l’air de nos maison), ces vieux meubles en massif méritent un traitement de faveur… Et si customiser des vieux meubles avec le Shou Sugi Ban devenait tendance ?…

un petit meuble en chêne massif customisé avec la technique du Shou Sugi Ban
Un petit meuble d’appoint en chêne massif sans grande âme devient une star de salon déco grâce au Shou Sugi Ban ou Yakisugi !

Avant le Shou Sugi Ban

Les mouvements du Do It Yourself (DIY) ou de l’upcycling marquent une tendance lourde dans la déco depuis un certain nombre d’années. Ils naissent d’une triple volonté :

  • Le plaisir et la fierté de faire soi-même. Il est très facile de trouver des tutos complet pour créer tout un tas de choses aujourd’hui. Rares sont les techniques qui y échappent vraiment. De la poterie au scrapbooking, les possibilités offertes sont quasiment infinie. La fabrication et la customisation de meubles et objets n’y échappe pas.
  • L’aspect économique. En étant maline / malin, on peut réaliser des chouettes créations pour vraiment pas cher. Cela nécessite de résister aux sirènes des rayons des magasins de loisirs créatifs… Pas toujours facile !
  • L’écologie. Cet aspect est souvent lié à l’économie d’ailleurs car l’abondance est difficile à gérer pour les humains. Cela entraine beaucoup de gâchis. En rénovant, en restaurant, en customisant ces vieux meubles nous pouvons les rendre à nouveau glamour. Cette économie circulaire est primordiale pour “consommer mieux” et diminuer notre empreinte sur cette planète.

Du coup, les bricoleuses et les bricoleurs n’ont pas attendu que la technique du Shou sugi Ban (ou Yakisugi) devienne populaire pour customiser de vieux meubles. Certains ont essayé les céruses par exemple. Pas toujours avec succès car il faut pour cela un bois hétérogène c’est-à-dire une essence dont les veines (différence entre “bois de printemps” et “bois d’été”) sont très marquées. En France, beaucoup de meubles rustiques ou de style Louis-Philippe sont fabriqués en merisier. Ce bois ne convient pas pour la céruse car son grain est homogène. Il faut préférer pour cette technique le chêne, l’orme ou le pin. Et il faut poncer, brosser pour creuser le fil du bois. Tout ce que je déteste. Les vibrations des ponceuses pneumatiques m’ont valu une opération du canal carpien droit à l’âge de 20 ans et un an de rééducation… Je commençais bien dans le métier !

Si vous choisissez de peindre votre vieux meuble afin de lui donner un coup de jeune, c’est pareil : il faut décaper complétement les couches de cire ou de vernis qui protégeaient le bois. Vous pouvez y aller à la ponceuse électrique au début avec un grain de 80 mais il faudra aussi finir tous les reliefs à la main : les moulures, les sculptures ou les angles de panneaux… Quand je vois ce genre de chantier, je me dis :

“Hummm ! Y’a une bonne tendinite là…”

Je viens de vous décrire brièvement les 2 alternatives classiques pour customiser un vieux meuble. Franchement, vu l’énergie que ça demande, je comprends pourquoi les hangars des compagnons d’Emmaüs sont remplis de ces meubles dont presque plus personne ne veut. Mais ça pourrait bien changer ! Je vous explique tout de suite comment !

Fini le ponçage !

Vous l’avez compris, le ponçage est ma hantise. Ce n’est pas que je déteste poncer, c’est juste que mon exigence est toujours trop élevée. Je serai capable de poncer du bardage au grain de 240 ! Du coup, ça m’a coûté des tendons… Si vous voulez faire une belle peinture sur un vieux meuble, le ponçage est primordial. C’est la clé d’un “tendu” parfait, avec la qualité de la peinture bien sûr ! Cette quête de la surface parfaite est épuisante.

Du coup, je suis très friand des techniques qui ont un rendu très sympa sans passer des heures à poncer. lorsque j’ai découvert le bois brûlé que les Japonais appelle “Yakisugi” ou “Shou Sugi Ban” (“Sugi” étant le bois de cèdre japonais, cryptomeria, employé à l’origine), je pensais d’abord aux utilisations en extérieur. Bardage, mobilier de jardin ou palissades. Et puis un jour, ma femme a ramené à la maison ce que j’appelle “un meuble à mémé”. Pour un ébéniste contemporain, c’est un cauchemar ! Une vraie croûte. Hors de question de mettre cette “chose” en l’état dans la maison sans y voir un affront personnel (pfff ! qu’est-ce que je peux être rigide des fois…).

Bref, j’ai tourné autour, dehors, pendant plusieurs jours. Il a quand même UN avantage : il est en chêne massif. En y regardant bien, sa petite coquille sur la traverse basse est plutôt sympa. Par contre, ce qui me répugne, c’est sa finition faussement ancienne (il doit dater des années 70-80). Rien que de penser à l’enlever, je sens déjà l’odeur de vieux et de poussière de vernis mêlés. Beurk !

Et puis j’ai eu un flash. J’ai vu ce meuble complétement noir de carbone, tout brûlé, magnifique…

J’ai brûlé un meuble à mémé !

Le Shou Sugi Ban, c’est simple et efficace : tout ce que j’adore ! Faut dire, depuis que j’ai découvert la Loi de Pareto, j’essaie de trouver les 20% d’efforts qui apporteront 80% d’effet. Dans cette optique, le bois brûlé est au top. Il apporte en plus une touche d’imperfection, de passage du temps, d’impermanence que j’apprécie. Les japonais ont une expression pour cela : “Wabi-Sabi”, la beauté de l’imperfection.

Pour savoir comment customiser des vieux meubles avec le Shou Sugi Ban, le plus efficace est de regarder cette vidéo publiée sur la chaine YouTube de Sol-éco :

Comme vous pouvez le voir dans cette courte vidéo, vous pouvez faire un meuble en shou sugi ban rapidement et en économisant vos efforts. Le résultat que vous obtiendrez va en surprendre plus d’un ! Je suis persuadé que la tendance des vieux meubles customisés avec le shou sugi ban a de beaux jours devant elle. Vous pouvez aussi retrouver d’autres idées inspirantes sur mes tableaux Pinterest.

Méthode pour meuble shou sugi ban

Pour commencer, il vous faut un meuble en bois massif. Peu importe lequel tant que TOUT est en massif, y compris les panneaux arrière, latéraux ou de porte. Exit donc les meubles en placage, avec de la marqueterie ou du Formica ! Si vous avez des quincailleries en laiton ou en fer, démontez-les. Pareil pour des portes vitrées, déposez les vitres, les marbres… Ne gardez que la structure en bois massif. Démontez les portes si possible pour les brûler recto/verso.

Le shou sugi ban est une activité d’extérieur ! Pas de brûlage dans votre garage ! Avant de commencer, assurez-vous de disposer d’eau au cas où. Vérifiez les abords et enlevez tout ce qui pourrait prendre feu. Travaillez par un jour sans vent (inférieur à 30km/h) sinon votre flamme va tournoyer, être moins concentrée et plus dangereuse.

Petit meuble d'appoint en chêne massif en cours de brûlage en extérieur avec la méthode du Shou Sugi Ban ou Yakisugi

Ensuite, commencez le brûlage en faisant attention aux parties les plus fines comme les panneaux de portes. Suivant les finitions appliquées avant, l’opération sera plus ou moins longue. Les vernis ont plus tendance à cloquer et s’enflammer que les cires. Si le feu prend trop dans une partie plus fragile, éteignez-le avec de l’eau.

Une fois que vous avez brûlé l’intégralité de votre meuble, passez un coup de brosse plus ou moins prononcé suivant l’effet que vous recherchez. Dépoussiérez bien l’ensemble avant d’appliquer une couche un peu grasse d’huile de Tung pure au pinceau.

Baissez ensuite l’intensité de votre chalumeau pour chauffer l’huile sur toute la surface du meuble.

Après refroidissement complet (le jour même ou le lendemain), appliquer une nouvelle couche d’huile de Tung pure pour fixer la couche de carbone et éviter de se salir en touchant votre meuble. Laissez sécher plusieurs jours. La catalyse de l’huile dépend de la température et de l’humidité ambiante.

Une fois que l’huile de Tung a bien séché, vous pouvez installer votre meuble shou sugi ban dans votre maison et savourer les commentaires de vos visiteurs ébahis 😉

Conclusion

Selon moi, le Shou Sugi Ban ou Yakisugi est la méthode la plus efficace pour remettre facilement un vieux meuble en massif au goût du jour. Cette finition a plusieurs autres avantages :

  • Elle est économique. Même si vous devez investir dans un chalumeau à 30€ et un litre d’huile de Tung pure, ce coût sera très vite amortit par rapport à l’achat de teintes, d’abrasifs de ponçage et de céruse.
  • C’est plus écologique. Hormis la combustion, la finition bois brûlé reste simple et vous épargne l’usage de produits dérivés du pétrole.
  • La rapidité est indiscutable ! Comparée aux autres possibilités (peinture, céruse, remise à blanc+cirage…), vous épargnez un maximum d’énergie pour un maximum de résultat.
  • Votre meuble est assainit. En effet, le brûlage détruit les larves et les œufs des ravageurs du bois. Vous évitez ainsi un traitement anti-xylophages. Adieu vrillettes, lyctus ou capricornes ! Vous pouvez donc l’installer sans crainte chez vous.
peti meuble d'appoint en bois brûlé Shou Sugi Ban installé dans le salon
C’est fini !

Voilà, j’espère vous avoir convaincu de customiser des vieux meubles avec le Shou Sugi Ban ! Partagez ici vos résultats et vos questions. Je réponds personnellement à chacun d’entre vous. J’ai hâte de voir vos œuvres postées sous cet article !

A vos chalumeaux !

Guillaume de Sol-éco

Publié par Laisser un commentaire

Comment protéger le bois en extérieur ?

Grange de montagne sous la neige

Le bois est un des matériaux de construction les plus utilisés en extérieur. Bardage, terrasse, pergolas, mobilier de jardin, clôtures, le bois est partout. Il est alors soumis à des conditions extrêmes : UV (soleil et lune), variations de température et d’hygrométrie… Sans parler des insectes comme les termites ou les capricornes. Du coup, comment protéger le bois durablement et de manière écologique en extérieur ? Nous allons détailler concrètement dans cet article plusieurs milieux extrêmes : mer (Bretagne), montagne (Haute Savoie), semi-continental (Belgique). Quelque soit l’endroit où vous habitez, vous trouverez dans cet article des conseils précis correspondant à votre cas particulier.

Angle de batiment en bois brûlé avec une ligne jaune
Extension d’une mairie bretonne en shou sugi ban avec une ligne jaune élégante. (MEBB)

1/ Voici pourquoi le bois grise

Avant de détailler différents milieux, je vais vous expliquer pourquoi le bois grise en extérieur. Ce n’est pas l’action des UV qui grise le bois. Les UV rendent le bois plus sombre (sauf certaines essences comme le Wengé). Le grisaillement du bois est un phénomène naturel plus ou moins long qui n’altère pas les qualités du bois. Il est dû à un champignon microscopique.

Il faut de l’humidité (plus de 20%) et l’aide d’une bactérie qui prépare le bois. Ensuite, le champignon lignicole (“qui pousse sur le bois”) s’installe et se nourrit des nutriments contenus dans les couches supérieures du bois. Ce champignon n’abime pas le bois car il ne détruit pas les parois cellulaires, contrairement aux champignons lignivores (“qui mange le bois”). Les champignons lignivores ont aussi besoin d’humidité, d’une absence de lumière et colonise les endroits confinés. Les dessous de terrasses mal ventilées sont des lieux rêvés pour leur développement !

2/ Comment lutter contre le grisaillement du bois ?

Vous n’êtes pas convaincu par l’effet esthétique du gris argent ? Alors, vous allez peut-être devoir mener une lutte incessante contre ce minuscule champignon. L’air ambiant contient des quantités folles de spores prêts à coloniser de nouveaux espaces. S’ils sont moins destructeurs, ils partagent avec l’Humain des désirs expansionnistes !

Nettoyeur haute pression

panneau attention

Vous pensez en venir à bout avec un bon coup annuel de nettoyeur haute pression ? Effectivement, en creusant la couche superficielle du bois de votre terrasse ou bardage, le gris est parti. OK. En fait, vous venez juste de préparer le terrain de jeu idéal du champignon ! Il s’accroche beaucoup mieux sur les support rugueux que sur un bois finement poncé.

Le dégriseur

C’est décidé, vous allez exterminer ce petit champignon de rien du tout qui grise votre bois. Le dégriseur est votre Graal ! Armé de votre seau et de votre balai, vous allez lui faire la peau à cet ennemi microscopique. Mouais. Dans ces cas-là, on se retrouve souvent avec un produit contenant de l’acide oxalique (présent naturellement en faible dose dans l’oseille, les épinards, la rhubarbe ou les betteraves), de l’eau oxygénée, de l’ammoniaque…

Devinez où ces merveilleux produits vont finir leur ruissellement ? Dans votre jardin bien sûr ! Pas sûr que les vers de terre et autres alliés vous remercient. Alors oui, il existe des produits alternatifs estampillés “écologique”. Ils sont évidemment beaucoup plus cher et leur efficacité est limitée. Du coup, il va falloir frotter et… créer de l’accroche pour vos futurs champignons-griseurs. Un véritable cercle vicieux.

Et si on réfléchissait différemment ? En mode 80/20 loi de Pareto ? 20% d’efforts et 80% de résultat.

3/ Comment éviter le grisaillement du bois ?

Revenons-en à la cause du grisaillement : le bois humide à plus de 20%. Et si nous réfléchissions à éviter au bois d’atteindre ce seuil critique ?

Par exemple, si vous avez un projet de construction et que vous souhaitez mettre du bardage, il y a une astuce simple. En faisant un débord de toit plus important (comme dans les maisons bio-climatiques) vous protégez une surface plus importante de votre mur. Vous pouvez aussi faire un soubassement assez haut en pierre ou autre matériau insensible à l’humidité. Vous éliminez ainsi également les projections basses.

Pour une terrasse bois, on peut réfléchir à la couvrir. Pergolas, toit en polycarbonate ou en verre.Cela permettra en plus d’en profiter plus souvent !

4/ Protéger durablement votre bois extérieur

un vieux chalet sous la neige
Comment protéger le bois à l’extérieur ? (photo de Yann à Morzine)

Si votre bois est déjà en place (bardage, terrasse en bois, mobilier de jardin en bois, pergolas, claustras, clôtures…), il faut lui éviter au maximum de se gorger d’humidité.

Pour protéger le bois en extérieur, il n’y pas 36 solutions sur le marché. 36 produits oui mais 2 solutions : les lasures et les huiles.

A/ Les lasures

Teintées ou naturelles, la famille est grande ! Gélifiées ou liquides, plus ou moins écologiques. Ces produits forment une pellicule plus ou moins souple à la surface du bois. Elles demandent un entretien régulier. En choisissant cette solution, vous devrez appliquer 2 à 3 couches pour commencer puis au moins une couche tous les 2 à 5 ans suivant l’exposition et l’efficacité du produit.

Les lasures durcissent sous l’effet des UV. Les variations hygrométriques du bois provoquent des microfissures. L’humidité s’engouffre ensuite par ses fissures et se retrouve piégée dans le bois. La couche s’écaille et le bois grise. En choisissant ces produits, vous devez lutter sans cesse contre les éléments. Je ne discute même pas de l’apparence du bois lasuré. On est loin d’une couleur “naturelle”.

Chimiquement, ces produits sont constitués de résines polyuréthane dispersées dans un liant qui apporte la souplesse. Le polyuréthane est un plastique fantastique (comme je suis nantais, je pense évidemment à Elmer Food Beat en disant ça ;)). S’il plutôt stable une fois catalysé (c’est-à-dire après avoir relargué un peu de cov pendant quelques heures / jours…), sa production rejette beaucoup de gaz polluant pour les basses couches de l’atmosphère.

Sa fin de vie est encore plus difficile à gérer. Les écailles de lasure se dispersent dans la nature et se dégradent très lentement. Du coup, j’en reviens à Elmer Food Beat qui a revisité en 2019 son célèbre hit des années 90 : le plastique, c’est dramatique !

Aujourd’hui, nous trouvons sur le marché principalement des lasures en phase aqueuse. L’idée semblait séduisante sur le papier. Moins de COV et un nettoyage à l’eau. Sauf que cela pose 2 problèmes

  • La chimie est plus complexe. Avez-vous déjà essayer de mélanger de l’eau et de l’huile ?… Vous avez certainement obtenu une vinaigrette ! C’est un peu pareil avec ces produits qui mélangent corps gras et aqueux. Du coup il faut stabiliser l’ensemble par un procédé délicat.
  • Quand on nettoie ses outils à l’eau, on a moins cette impression de danger, de pollution qu’avec un produit solvanté. Du coup, on lave nos pinceaux à grand volume d’eau potable. Le hic, c’est que les résidus s’amassent alors dans les boues d’épuration. Et savez-vous ce qu’on fait avec ces boues (qui contiennent également des molécules pharmaceutiques) ? On les épand dans des champs pour les “fertiliser”. Pour s’en débarrasser en fait. Pas le choix… Du coup, je ne suis pas tellement partisan des produit à l’eau. Et lorsque j’en utilise, j’essuie mon pinceau au maximum sur du journal. Ensuite j’utilise un fond d’eau dans un récipient que je laisse ensuite s’évaporer.

B/ Les huiles

bidon d'huile de Tung sol-éco posé dans un chantier
Un bidon d’huile de Tung sol-éco sur le chantier de Yann à Morzine (photo de Yann)

On va parler ici uniquement d’huiles végétales. Pas d’huile de vidange 😉 (certaines granges et maisons du nord de l’Europe ou même dans nos montagnes sont enduites de ce déchet…).

Pour protéger le bois extérieur, seules 2 sont régulièrement employées :

  • L’huile de lin (que nous allons éliminer rapidement)
  • L’huile de Tung

>>>L’huile de lin

Elle est issue d’une plante très intéressante dont on utilise les fibres, les graines et l’huile. Mais clairement, je ne recommande pas l’huile de lin pour la protection du bois en extérieur. Et c’est dommage car elle est locale et bien plus économique que l’huile de tung. Elle souffre pour être efficace de 3 inconvénients majeurs :

  • Contrairement à ce que je lis sur le net, elle ne sèche pas seule. On doit donc lui ajouter un catalyseur pour qu’elle puisse durcir. Ces siccatifs posent différents problèmes (pollution, toxicité, COV) suivant leur composition (ceux au plomb sont désormais interdits dans de nombreux pays, ouf !).
  • L’huile de lin est sensible aux UV. L’huile jaunit avec le temps.
  • Les bactéries adorent l’huile de lin. Le bois noircit très vite s’il est exposé à l’humidité (même en intérieur).

Bon, pas la peine de vous faire un dessin, on la gardera (ou pas) pour quelques usages précis dans la maison…

>>>L’huile de Tung

L’huile de Tung est la plus adaptée à la protection des bois en extérieur. Si vous voulez tout connaitre de cette huile, lisez cet article que je lui ai déjà entièrement dédié.

Bidon de 5 litres d'huile pure Tung, appelée aussi huile d'Abrasin ou huile de bois de Chine
Bidon de 5 litres d’huile de Tung pure

En bref, l’huile de Tung est issue de la graine d’un arbre cultivé sous le 30ème parallèle. C’est la seule huile à pouvoir sécher toute seule et garder une souplesse. C’est pourquoi elle est très employée dans les vernis et peintures de qualité. Elle leur apporte de la souplesse et la résistance à l’humidité. L’huile de Tung résiste également beaucoup mieux aux bactéries et aux champignons que l’huile de lin.

Ses propriétés sont connue depuis longtemps car les chinois la mélangeait au mortier de la muraille de Chine. L’huile de Tung aurait donc contribué à la longévité de la muraille en empêchant l’humidité de pénétrer dans les joints entre les pierres. Avec le gel, cette humidité aurait été fatale à la fameuse muraille…

J’ai découvert l’huile de Tung en 2009 lorsque j’ai pris la décision de ne plus vernir mes meubles et sculptures. J’avais entre temps testé de nombreux produits (huiles dures danoises, cires végétales…). Aucun de ces produits ne répondaient complétement à mes attentes. C’est en me penchant sur les traditions japonaises et chinoises que j’ai découvert cette huile fabuleuse.

Depuis, je n’ai toujours pas trouvé de produit mieux placé ! L’huile de Tung répond à tous mes critères :

  • Écologie
  • Rapport qualité / prix
  • Durabilité

C’est donc ma solution privilégiée, celle que je vous recommande, pour protéger le bois en intérieur et en extérieur ! Et je ne suis pas le seul à en être convaincu. Dans la suite de cet article, vous allez rencontrer 3 personnes, professionnel ou particuliers, qui ont opté pour l’huile de Tung. Avec eux, nous allons sillonner la pointe bretonne, la moyenne montagne à Morzine et les Ardennes belges. 3 lieux, 3 climats, 3 contraintes, 1 seul choix.

Marc Eliès (MEBB) et la Bretagne

Marc Eliès est brestois. De Lampaul Plouarzel plutôt. Il aime le béton… Et la mer. En rénovant sa maison, il se prend de passion pour le béton. Il nourrit alors le projet d’ouvrir un atelier de création d’objets et de mobilier en béton.

Lames de bardage brûlées, creusées et brossées puis huilées yakisugi
Bardage yakisugi très creusé par le brossage (MEBB)

Et puis la sérendipité s’en mêle. Marc désherbe au chalumeau autour de sa maison. Par mégarde, il brûle une chute de bois qui se trouve là. L’effet le séduit. Le soir même, il se plonge dans des recherches sur internet et découvre le monde du Shou Sugi Ban ou Yakisugi.

Il monte rapidement son atelier et alterne entre production de bardage brûlé et recherches techniques. Marc teste de nombreuses méthodes pour brûler rapidement et efficacement le bois. Il utilise dès le début l’huile de Tung pour protéger ses bardages et fixer la couche de carbone. Il essaie beaucoup d’autres produits du marché puis revient finalement à l’huile de Tung…

Ce qu’il aime dans le bardage brûlé.

Marc est exigeant. Son sens éthique et esthétique couplés à sa curiosité le poussent à aller toujours plus loin. Il veut être sûr d’avoir trouvé la “meilleure solution”. Durabilité, beauté, écologie. Pour lui, c’est un trio indissociable.

Il aime voir le bardage changer d’aspect en fonction de la lumière, de la position du soleil ou de l’humidité. 50 nuances de noir…

Ce qui le satisfait également, c’est l’absence de chimie. Une protection efficace sans molécules complexes. Pour Marc, c’est primordial ! D’autant qu’il a toujours été déçu du rapport qualité / prix des produits issus de la pétrochimie…

Ses conseils et retours d’expérience

Comme beaucoup de bretons, Marc ne tire pas des bords quand il s’exprime ! Quand je lui demande quels sont les avantages du Shou Sugi Ban protégé à l’huile de Tung, il me répond du tac au tac : Aucun !

Comme ça réponse me bouscule un peu, je l’aide à approfondir. “Si c’est pour mettre du bardage brûlé à en haut d’une falaise de Penmarch, face à Boston, il va se faire buriner par le vent et lessiver par la pluie”.

OK Marc, c’est vrai qu’il n’y a pas de phare en bois en Bretagne, seulement au bout du monde, au Cap Horn !

Hormis ce “disclaimer” comme disent les américains, Marc est un enthousiaste du bardage Yakisugi ! Pour une couche carbonisée avec de grosses écailles, il va choisir la méthode de la “cheminée” (3 planches liées entre elles, installées à la verticale lors du brûlage).

Surélévation de maison en bois brûlé
Surélévation d’une maison bretonne en bardage Yakisugi par MEBB

Il préfère les bois dense, contrairement au cryptoméria japonais qui est très léger. Pour lui, la couche carbonée qui protège le cœur du bois est plus solide.

Sa technique est de gorger la couche brûlée d’huile de Tung, de la saturer complètement afin de la rendre souple et résistante. Exactement l’inverse du résultat à la sortie du four ! Il obtient donc la protection du carbone alliée à la souplesse de l’huile de Tung…

Je lui demande également ce qu’il pense de l’utilisation d’Accoya (un bois qui a subit un traitement particulier pour être plus résistant) pour le Yakisugi. Il me répond avec humour : “ceux qui brûlent ce type bois n’ont rien compris ! C’est comme peindre une statue en or avec de la peinture glycéro !”

Marc Eliès (MEBB) produit du bardage brûlé en fonction de vos besoins. Il expédie ses lames dans toute la France. Retrouvez ses coordonnées complètes en fin d’article.

Un chalet à Morzine

Chalet sous la neige avec bardage en bois brûlé brossé et soubassement en pierre
Le chalet de Yann avec le bardage en bois brûlé brossé (avant la pose du placage de pierre en soubassement.

Yann a rénové une grange sur un plateau à 1160m d’altitude, entre Morzine et les Gets, en Haute Savoie. Son climat est très ensoleillé avec un un vent modéré. Le bâtiment d’origine date de 1822. En 2017, il débute son chantier de réhabilitation totale.

D’emblée, Yann voulait éviter le bardage en partie basse : neige et éclaboussures de terre l’aurait usé et sali rapidement. Il a donc opté pour un soubassement en placage de pierre de 1,70m de haut (en moyenne car il y a de la pente !). Le reste des murs est habillé de bardage en sapin blanc acheté auprès d’une scierie locale. Le brûlage de ses lames à rainure-languette est en cours. Yann est exigeant et aime faire par lui-même alors il prend son temps. Il n’y a que les grosses poutres de charpente de son débord de toit qu’il a fait brûler par un professionnel. Il a confié ce chantier à l’entreprise Merotto à Bons en Chablais.

Sa découverte du bois brûlé

Yann voulait une solution rustique et durable pour son chalet. Il a cherché pendant des mois comment protéger son bois en extérieur. A l’origine, le vieux bois de mélèze de son chalet avait un aspect particulier que Yann cherchait à reproduire. En se penchant un peu plus dessus, il a compris que ces bardages avaient été durcis au feu puis enduits d’huile de vidange. A l’époque, on faisait avec les moyens du bord pour garder les choses en état le plus longtemps possible. En effet, l’écologie n’était pas encore une préoccupation !

chalet de montagne avec bardage bois brûlé brossé et soubassement en pierre
Beau contraste avec le bardage Yakisugi brûlé/brossé et huilé et le soubassement en pierres plaquées.

Yann s’est donc mie en tête de trouver une solution plus respectueuse de l’environnement tout en offrant un aspect similaire. Le Yakisugi s’est ensuite imposé de lui-même…

Ses conseils pour le bois brûlé

La technique du shou sugi ban / Yakisugi ou bos brûlé, peu importe comment nous l’appelons, n’est pas très compliquée en soi. Par contre, pour avoir un résultat harmonieux sur l’ensemble d’une façade, cela demande une régularité de brûlage et de huilage.

Composition de 2 photos qui montre le procédé du brossage et le résultat final du bois brûlé brossé
Le brossage du bardage brûlé avant huilage est salissant et fastidieux mais le résultat est magnifique !

Yann nous recommande de bien brûler les nœuds du bois car cela peut être préjudiciable au résultat final. Si vous vous faites aider par plusieurs personnes sur les opérations de brûlage au chalumeau et de huilage, veillez à bien garder le même protocole tout au long du chantier.

En tout cas, Yann est ravi d’avoir trouvé une technique rustique et durable pour protéger son bois en extérieur. D’ailleurs, son chantier fait des émules dans le coin…

Les collines Ardennaises

Plus au nord, Anthony a mis du temps à trouver le terrain idéal pour y implanter son projet d’habitation. Il est un peu isolé, sur une petite colline des Ardennes belges, à 400 mètres d’altitude, entre Bruxelles et le Luxembourg.

Le chantier de maison d'anthony dans les Ardennes belges
La maison contemporaine d’Anthony dans les Ardennes belges avec son bardage en bois brûlé (yakisugi).

Pour son projet d’habitation, Anthony ne veut pas d’un pavillon classique en brique et crépi comme on en voit beaucoup dans cette région. Il entame alors des recherches sur internet via Pinterest notamment. En cherchant une esthétique et une couleur qui sera différente, il tombe sur le bois brûlé.

Le chantier débute en 2015. Anthony brûle son bardage lui-même. C’est un travail lourd (230m2 de surface totale) qu’il réalise petit à petit.

Son avis sur le yakisugi

La maison d’Anthony a une forme particulière. Il est vraiment satisfait de la manière dont le bois noir dessine les lignes architecturales. Il a trouvé l’esthétique qu’il recherchait !

Par contre, s’il ne faisait pas son bardage lui-même, le prix du shou sugi ban l’aurait freiné. Il insiste quand même sur le temps qu’il faut consacrer au process : brûlage, huilage à l’huile de Tung, découpe des lames, brûlage des coupes…

échaffaudage de pose le long du pignon sud d'une maison pour la pose du bardage Yakisugi
Anthony brûle et pose lui-même son bardage shou sugi ban.

Comme c’est un bardage vertical, brut de sciage et ajouré, Anthony brûle également les liteaux de fixation (bardage vertical = double liteautage !). Il visse ensuite ses lames avec des vis inox. “C’est un vrai budget ces vis mais j’en suis satisfait”.

Anthony attend encore avant de se prononcer sur le vieillissement de son bois brûlé car il n’a pas encore assez de recul…

Protéger écologiquement le bois en extérieur

J’espère que ce petit tour d’horizon de la protection du bois en extérieur vous aidera à faire votre choix et à vous poser les bonnes questions. Après des années d’essais, j’en arrive à la conclusion qu’il est plus intéressant d’entretenir une protection que de réagir lorsqu’il est trop tard !

PROACTIF au lieu de RÉACTIF !

Quel que soit le produit employé, si vous laissez une table de jardin en bois 3 ans de suite dehors sans la protéger, vous savez ce qui va arriver… Il faudra ensuite passer un week-end complet (voir plus) à poncer puis passer 2 ou 3 couches de protection. Bonjour les tendinites !

Question produit, vous l’avez compris, mon choix est fait depuis plus de 10 ans. Pour protéger mon bois en extérieur ou en intérieur, je choisis l’huile de Tung. En extérieur, je préfère passer une couche régulièrement sur les zones les plus exposées qu’attendre que le bois soit craquelé et gris. L’huile de Tung c’est la cosmétique du bois ! Au bout de quelques années, un bardage en bois par exemple, c’est comme une peau sèche : il faut l’hydrater. Pour cela, le mieux est d’appliquer une huile douce et naturelle qui protège vraiment 😉

Guillaume Le Penher

>>>Pour vos projets en bardage bois brûlé, contactez MARC ELIES-MEBB mebb.contact@gmail.com

>>>Chaine Youtube de Sol-éco.

>>>Tableau Pinterest sur le Shou Sugi Ban / Yakisugi / Bois brûlé (technique, objets, architecture)

>>>Acheter de l’huile de Tung Sol-éco pour protéger votre bois en extérieur

Publié par Laisser un commentaire

Derniers projets en Shou Sugi Ban

Après la visite de notre nouvelle maison en bois brûlé, je voulais partager avec vous mes derniers petits projets en Shou Sugi Ban… Quand la fièvre de la torche vous prend, il y a peu de chance qu’elle vous quitte ! Avec le bois brûlé, je ne vois jamais la vie en noir. Envie de tester ? Alors à vos torches, prêts, brûlez !

Que faire de mes chutes en bois brûlé ?

Une fois terminé le bardage de la maison, il me restait un gros volume de chutes déjà brûlées. L’inconvénient des lames à rainures-languette, c’est que vous êtes toujours contraint par l’assemblage. Du coup vous avez tendance à produire plus de chutes qu’avec une lame de bois à plat joint.

J’étais chagriné par cette “perte”. Tous ces morceaux de Shou Sugi Ban avaient couté des sous, du gaz, de l’huile de Tung et du temps à produire. J’ai vite trouvé un moyen de les valoriser.

Nichoir à mésanges et rouge-gorge en Shou Sugi Ban

Au début, mes ambitions sont restées modestes ! Pour attirer les oiseaux dans notre forêt, nous avons réalisé 2 nichoirs. Nous avons glané les plans sur Internet. Chaque race d’oiseau a sa propre architecture. Nous avons décidé en famille d’offrir un gite à une famille de mésange charbonnière (évidemment avec un nichoir en bois brûlé !) ainsi qu’une famille de rouge-gorge.

Nichoir à oiseau en bois brûlé fixé en hauteur sur le tronc d'un arbre

Pour les mésanges, nous avons trouvé un plan sur ce site. Attention au diamètre du trou, la tailles diffère selon que vous souhaitez abriter des mésanges charbonnières ou des mésanges bleues, huppées ou nonnettes.

Pour notre famille de rouge-gorge, nous avons préparé un abri différent. Les rouge-gorge sont “semi-cavernicoles”, ils logent donc dans des nids plus ouverts que les mésanges. Vous pouvez trouver les détails sur ce site. D’ailleurs notre prochaine réalisation avec nos chutes de Shou Sugi Ban sera un abri pour nos écureuils !

Bûcher bas en Shou Sugi Ban

Les nichoirs à oiseaux, c’est sympa mais il me restait toujours un gros paquet de chutes après cela. J’ai donc pensé à un projet en Shou Sugi Ban un peu plus grand.

Un bûcher bas en Shou Sugi Ban facile d’accès

Dans la vie, il n’y a pas que le bois brûlé. Il y a aussi le bois À Brûler ! Celui qu’on abrite en prévision de l’hiver. En plus de quelques Douglas de 30 mètres de haut, nous avons aussi abattu des chênes, des châtaigniers et des bouleaux pour construire la maison. Il fallait donc protéger tout ce bois en pensant aux belles flambées à venir.

J’ai donc commencé par un bûcher bas que j’ai placé dans le patio, près de la baie la plus proche de notre poêle. Je peux y mettre 2 rangées de bûches en 35cm. C’est mon “stock-tampon”, facilement accessible.

Bûcher “maison” en Shou Sugi Ban

Pour cet autre projet en Shou Sugi Ban, j’avais 3 contraintes. D’une part, je voulais stocker un peu de bois. Ensuite, je devais avoir un espace technique à la base pour accueillir la pompe de relevage des eaux de pluie qui alimentent les toilettes, la machine à laver et les serres. Et puis, comme cette installation serait visible depuis la plus grande baie de la maison, il fallait que ce soit esthétique !

Projet en bois brûlé Shou Sugi Ban. Bûcher en forme de maison
Bûcher avec local technique pour la pompe de relevage des eaux de pluie

J’ai donc opté pour un style “petite maison en bois brûlé”. Les 2 panneaux du bas sont en contre plaqué brûlé et démontables pour l’accès technique. Comme sur l’autre bûcher, j’ai passé 2 couches d’huile de Tung pure pour bien hydrofuger le toit en Shou Sugi Ban.

Caisson de rangement extérieur

Une fois parti, j’ai eu du mal à m’arrêter (mon côté “Achiever” confirmé par le test CliftonStrengths dont je parle dans mon autre blog). J’ai donc réalisé un autre petit chantier pour cacher mes bouteilles de gaz propane. 2 portes et un toit sur charnières pour accéder facilement au contenu. L’ensemble est adossé au bardage de la maison côté est. En plus du gaz, je peux également y stocker mon petit cuiseur à bois économique acheté auprès de l’association Bolivia-Inti Sud Soleil.

Un coffre en bois brûlé pour cacher des bouteilles de gaz à l'extérieur de la maison

Prêts pour l’hiver !

Avec ces derniers projets en Shou Sugi Ban, nous voilà prêts à affronter l’hiver. Bon, OK, nous ne sommes pas non plus dans le grand Nord Canadien… Mais il a quand même fait -4° une fois l’année dernière !

Je vous présenterai une prochaine fois la charpente de ma serre nord… En bois brûlé et huilé bien sûr !

Dans l’intervalle, commentez cet article !

Guillaume de Sol-éco

Publié par 10 commentaires

Notre maison en bois brûlé

Vous rêvez d’une maison en bois, de conception écologique et d’entretien limité ? La maison en bois brûlé est la réponse idéale à ce type de contraintes.

Maison en bois brûlé vue du sud. Bardage noir en shou sugi ban
Notre maison en bois brûlé

Nous aussi nous avions ce rêve…

Alors, nous nous sommes retroussés les manches et n’avons pas lâché notre objectif de vue. Il nous a fallu près de 2 ans entre le repérage et l’achat du terrain jusqu’à la pose de la dernière lame de bois brûlé (Shou Sugi Ban)

OUI ! Vous avez bien lu : Bois brûlé !

Vous voulez en savoir plus ? Alors, par ici la visite…

Bienvenue !

Une conception originale

Dès le début, nous avions une idée précise de l’implantation de la maison. En fait, tout part d’une de nos sculptures, le Square Garden #1.

Sculpture en bois d'if et pâte de verre polie par Sophie et Guillaume Le Penher, Titre : Square Garden #1
Square Garden #1 par Sophie et Guillaume Le Penher. If et pâte de verre polie.

Nous cherchions des volumes en équilibre, une harmonie entre les matières.

Après quelques semaines de recherches, nous avons trouvé le terrain idéal pour notre projet : 4000m2, 450 arbres (douglas, pins pectinés, châtaigniers, bouleaux, hêtres, houx, aubépines, chênes, alisiers… Je les ai tous compté !). Le terrain est situé dans un domaine boisé le long du canal de Nantes à Brest.

Feng Shui pour maison bois brûlé

Nous sommes passionnés par la Chine depuis notre premier voyage en 2009 à la rencontre des producteurs d’huile de Tung et d’orange. La culture traditionnelle nous marque un peu plus à chaque séjour. C’est donc tout naturellement que nous nous sommes tournés vers une architecte nantaise formée au Feng Shui : Maria Tavares.

Raie de lumière sur ce lion en bronze fixé sur le bardage shou sugi ban à l'entrée de notre maison en bois brûlé
Bardage Douglas bois brûlé Shou Sugi Ban

Elle a donc réalisée une étude complète puis nous a dessiné notre projet de maison en bois brûlé. Ce travail préalable nous a permis de valider l’hypothèse d’implantation Sud-Ouest. Nous nous sommes ensuite chargés de la maitrise d’ouvrage.

Une belle cathédrale de bois !

Volumes et espaces dédiés

Comme dans notre sculpture Square Garden #1, nous voulions 2 ailes séparées : une partie habitation et une partie studio créatif. Ces 2 parties sont reliées par 2 serres potagères afin d’abriter notre collection d’agrumes, de plantes rares et quelques légumes.

L’ensemble renferme en son centre un patio ouvert d’une soixantaine de m2. Ce jardin fermé est un écrin pour nos rêveries…

Sol Eco Ossature Bois
Maison ossature bois vue de dessus

Une maison en bois brûlé

Dès le début du projet, notre volonté était claire : tout le bardage serait en douglas brûlé selon la technique japonaise du Shou Sugi Ban (ou Yakisugi). Brûlage au chalumeau alimenté avec du gaz propane, huilage à l’huile de Tung pure et re-brûlage léger pour aider à la pénétration et au séchage de l’huile de Tung.

Façade sud-ouest de notre maison en bois brûlé avec la douce lumière du soleil d'automne sur le bardage shou sugi ban (yakisugi)
Façade Sud-Ouest en bois brûlé

La technique est certes un peu fastidieuse mais elle vaut vraiment l’investissement ! L’aspect esthétique a surpris un peu le voisinage et la technique du Shou Sugi Ban a suscité beaucoup de curiosité. Certains voisins et amis sont même venus nous donner un coup de main (qu’ils en soient mille fois remerciés !) et sont repartis avec de nouvelles idées !

Au départ, on aurait pu croire qu’une maison en bois brûlé soit austère et décalée par rapport à l’environnement. En fait, la maison se marie très bien dans son espace naturel. Comme elle est de plain pied, elle laisse la verticalité des arbres (30-35 mètres de haut quand même pour les douglas !) et se fond dans le sous-bois.

Façade ouest de la maison en bois brûlé. Bardage douglas Shou Sugi Ban.
Façade ouest

Le toit en tuiles plates rapporte de la stabilité à l’ensemble et assoie la structure. Pour nous, son motif ressemble à des écailles de poissons ! Cette matière est également en accord avec l’étude Feng Shui qui préconisait de la terre…

Comme un mantra

Brûler, huiler, re-brûler… Puis recommencer !

vue du patio de notre maison en bois brûlé depuis le toit en tuiles plates
Le patio qui sera bientôt fermé par la seconde serre

Nous avions près de 350m2 de bardage en douglas à brûler. J’utilise la technique du Shou Sugi Ban depuis plusieurs années cependant, je souhaitais améliorer mon procéder afin de gagner du temps. J’ai donc effectué beaucoup de tests : matériel, organisation du chantier, température extérieure, hygrométrie, humidité du bois…

Notre fille avec un chalumeau à la main brûle du bois sur le chantier de construction.
Le Shou Sugi Ban ? Un jeu d’enfant !

La seule constante a été l’huile de Tung. Je ne connais aucune autre huile qui catalyse naturellement et d’une telle durabilité dans le temps. Comme je souhaitais que la couche carbonisée ne soit pas salissante, j’ai repassé une seconde couche d’huile sur le bardage posé. Elle a séché rapidement et a fixé le noir comme je l’attendais.

En moyenne, bien concentrés et organisés, nous brûlions 6 à 7m2 par heure. Il nous a donc fallu près de 60 heures pour préparer l’ensemble du bardage de notre maison en bois brûlé.

A votre tour !

Nous sommes vraiment satisfaits du caractère particulier que le Shou Sugi Ban donne à notre maison en bois brûlé. Nous savons également que, dans le temps, nous avons fait le bon investissement : le bois brûlé dure très longtemps (plusieurs décennies) avec très peu d’entretien.

gros plan sur le bardage shou sugi ban de notre maison en bois brûlé
Bienvenue !

Nous ne pouvons que vous encourager à choisir, vous aussi, le bois brûlé Shou Sugi Ban pour vos projets de construction, d’extension ou de décoration intérieure.

Alors, à vos chalumeaux !

Angle Nord est de notre maison en bois brûlé shou sugi ban (yakisugi)
Angle nord-est

Bon chantier à tous,

Guillaume de Sol-éco