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Derniers projets en Shou Sugi Ban

Après la visite de notre nouvelle maison en bois brûlé, je voulais partager avec vous mes derniers petits projets en Shou Sugi Ban… Quand la fièvre de la torche vous prend, il y a peu de chance qu’elle vous quitte ! Avec le bois brûlé, je ne vois jamais la vie en noir. Envie de tester ? Alors à vos torches, prêts, brûlez !

Que faire de mes chutes en bois brûlé ?

Une fois terminé le bardage de la maison, il me restait un gros volume de chutes déjà brûlées. L’inconvénient des lames à rainures-languette, c’est que vous êtes toujours contraint par l’assemblage. Du coup vous avez tendance à produire plus de chutes qu’avec une lame de bois à plat joint.

J’étais chagriné par cette “perte”. Tous ces morceaux de Shou Sugi Ban avaient couté des sous, du gaz, de l’huile de Tung et du temps à produire. J’ai vite trouvé un moyen de les valoriser.

Nichoir à mésanges et rouge-gorge en Shou Sugi Ban

Au début, mes ambitions sont restées modestes ! Pour attirer les oiseaux dans notre forêt, nous avons réalisé 2 nichoirs. Nous avons glané les plans sur Internet. Chaque race d’oiseau a sa propre architecture. Nous avons décidé en famille d’offrir un gite à une famille de mésange charbonnière (évidemment avec un nichoir en bois brûlé !) ainsi qu’une famille de rouge-gorge.

Nichoir à oiseau en bois brûlé fixé en hauteur sur le tronc d'un arbre

Pour les mésanges, nous avons trouvé un plan sur ce site. Attention au diamètre du trou, la tailles diffère selon que vous souhaitez abriter des mésanges charbonnières ou des mésanges bleues, huppées ou nonnettes.

Pour notre famille de rouge-gorge, nous avons préparé un abri différent. Les rouge-gorge sont “semi-cavernicoles”, ils logent donc dans des nids plus ouverts que les mésanges. Vous pouvez trouver les détails sur ce site. D’ailleurs notre prochaine réalisation avec nos chutes de Shou Sugi Ban sera un abri pour nos écureuils !

Bûcher bas en Shou Sugi Ban

Les nichoirs à oiseaux, c’est sympa mais il me restait toujours un gros paquet de chutes après cela. J’ai donc pensé à un projet en Shou Sugi Ban un peu plus grand.

Un bûcher bas en Shou Sugi Ban facile d’accès

Dans la vie, il n’y a pas que le bois brûlé. Il y a aussi le bois À Brûler ! Celui qu’on abrite en prévision de l’hiver. En plus de quelques Douglas de 30 mètres de haut, nous avons aussi abattu des chênes, des châtaigniers et des bouleaux pour construire la maison. Il fallait donc protéger tout ce bois en pensant aux belles flambées à venir.

J’ai donc commencé par un bûcher bas que j’ai placé dans le patio, près de la baie la plus proche de notre poêle. Je peux y mettre 2 rangées de bûches en 35cm. C’est mon “stock-tampon”, facilement accessible.

Bûcher “maison” en Shou Sugi Ban

Pour cet autre projet en Shou Sugi Ban, j’avais 3 contraintes. D’une part, je voulais stocker un peu de bois. Ensuite, je devais avoir un espace technique à la base pour accueillir la pompe de relevage des eaux de pluie qui alimentent les toilettes, la machine à laver et les serres. Et puis, comme cette installation serait visible depuis la plus grande baie de la maison, il fallait que ce soit esthétique !

Projet en bois brûlé Shou Sugi Ban. Bûcher en forme de maison
Bûcher avec local technique pour la pompe de relevage des eaux de pluie

J’ai donc opté pour un style “petite maison en bois brûlé”. Les 2 panneaux du bas sont en contre plaqué brûlé et démontables pour l’accès technique. Comme sur l’autre bûcher, j’ai passé 2 couches d’huile de Tung pure pour bien hydrofuger le toit en Shou Sugi Ban.

Caisson de rangement extérieur

Une fois parti, j’ai eu du mal à m’arrêter (mon côté “Achiever” confirmé par le test CliftonStrengths dont je parle dans mon autre blog). J’ai donc réalisé un autre petit chantier pour cacher mes bouteilles de gaz propane. 2 portes et un toit sur charnières pour accéder facilement au contenu. L’ensemble est adossé au bardage de la maison côté est. En plus du gaz, je peux également y stocker mon petit cuiseur à bois économique acheté auprès de l’association Bolivia-Inti Sud Soleil.

Un coffre en bois brûlé pour cacher des bouteilles de gaz à l'extérieur de la maison

Prêts pour l’hiver !

Avec ces derniers projets en Shou Sugi Ban, nous voilà prêts à affronter l’hiver. Bon, OK, nous ne sommes pas non plus dans le grand Nord Canadien… Mais il a quand même fait -4° une fois l’année dernière !

Je vous présenterai une prochaine fois la charpente de ma serre nord… En bois brûlé et huilé bien sûr !

Dans l’intervalle, commentez cet article !

Guillaume de Sol-éco

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La Forêt : Un Patrimoine en Danger ?

arbre remarquable

Je viens d’écouter une émission de radio diffusée sur France Culture à propos de la forêt et du réchauffement climatique… J’étais alors en train de polir une sculpture en loupe de frêne, au milieu de la petite forêt privée où nous habitons.

sculpture en loupe de frêne et cristal poli par Sophie et Guillaume Le Penher
Sculpture en cristal et loupe de frêne par Sophie et Guillaume Le Penher

New Delhi sur Seine…

En cet été 2019, les records absolus de température sont tombés les uns après les autres en France mais également partout en Europe ! Avec plusieurs jours d’alerte canicule au niveau rouge dans les Hauts de France, le nord du pays découvrait des températures dignes de la saison chaude en Inde ! Si les humains souffrent lorsque le thermomètre s’envole au-delà des 40°C, les arbres ne sont pas en reste.

Quand il fait chaud, comme nous, les arbres transpirent. C’est par ce mécanisme qu’ils régulent les pics de chaleur. Nous avons quitté l’agglomération nantaise l’année dernière pour nous installer dans un lotissement forestier afin de profiter de cette fraicheur que nous procurent les arbres. Quand on transpire, il faut boire plus. C’est pareil pour les arbres !

Des arbres de verre

Mais comment les arbres peuvent-ils boire plus lorsque les sols sont déjà secs depuis plusieurs semaines ou mois ? Comme toutes les plantes, ils sont alors en état de “stress hydrique”. L’Office National des Forêts (ONF) explique dans cet article les stratégies de ripostes des arbres face à cette pénurie d’eau. Fermer les stomates (les pores des feuilles) afin de réduire la transpiration ou sacrifier des feuilles en les laissant dépérir. Ces stratégies peuvent être efficaces un certain temps mais se font au détriment de la croissance de l’arbre.

Lorsqu’il n’y a plus d’eau, les arbres sont victimes d’embolie : une bulle de gaz monte dans une branche et la fait mourir !

Les bouleaux souffrent de la chaleur et de la sécheresse…

Sous nos latitudes, les arbres poussent principalement en 2 temps : une première croissance vigoureuse au printemps puis une seconde plus faible en été. C’est la raison pour laquelle nous pouvons voir les cernes du bois en coupe. Compter soit les cernes clairs, soit les foncés permet bien de donner un âge à l’arbre. Les scientifiques étudient le climat depuis longtemps grâce à cette observation. La dendrochronologie nous donne des indications sur les sécheresses passées. Les cernes sont alors plus serrés car l’arbre n’a pas pu se développer autant que les autres années.

Les effets des sécheresses répétées ne permettent plus à certains boisement d’être résilients. En Suisse, les hêtres “cassent comme du verre”. Pour l’instant, seuls les sujets âgés sont touchés. Pour nous (ma femme et moi) qui associons le bois et le verre dans nos sculptures, cette situation est plus que cocasse. Comment penser il y a 15 ans que le bois deviendrait fragile comme le verre !

Vers un cataclysme forestier ?

Depuis une décennie, nous assistons à la fois à des épisodes de sécheresse et de canicule répétés mais également à la prolifération de parasites de tout genre. Je me souviens de l’arrivée des pyrales du buis (à partir de 2008 en France) qui ont rapidement détruits tous les buis que j’avais patiemment bouturés au fil des ans. Et mes petits malheurs ne pèsent rien face aux jardins de Versailles ou toutes les splendides buxaies privées dévastées.

Depuis peu, avec la hausse moyenne des températures, ce sont les scolytes qui se multiplient dans le Grand Est. Au départ, ces coléoptères sont bénéfiques à la forêt car ils détruisent le bois mort. Comme ils aiment la chaleur, ils prolifèrent et s’attaque du coup aux épicéas sur pied.

La riposte génétique

Dans le monde entier, la riposte s’organise. Les scientifiques mobilisent leurs réseaux et leurs (maigres) moyens pour tenter de faire face à ce qui pourrait bien être un cataclysme.

L’ONF a lancé en 2011 le “Projet Giono”. En moyenne un chêne “avance” de 300 mètres par an. Ok, il n’avance pas lui-même, c’est son peuplement, son aire naturelle d’habitation qui évolue. Pour faire face au changement climatique, il faudrait qu’il accélère de 10 fois sa vitesse ! L’ONF a donc décidé avec le “Projet Giono” d’aider les arbres à s’adapter en faisant cette migration pour eux.

Concrètement, lors des replantations, les forestiers allient des plants venus d’une aire géographique plus septentrionale et des plants locaux issus de sujets résistants à la sécheresse. L’idée est d’accélérer le processus de migration des arbres tout en favorisant le croisement de sujets plus résilients.

La riposte pragmatique

Une autre méthode moins technologique mais très efficace est la plantation d’arbres en masse. L’Australie a annoncé qu’elle se lançait dans la plantation d’un milliard d’arbres. L’Éthiopie en veut 4 milliards et à presque battu le record indien en plantant 350 millions d’arbres en 12 heures !

La volonté éthiopienne est d’autant plus louable qu’elle a associé toute sa population à ce projet. En commençant par les plus jeunes, elle montre l’importance accordée à l’arbre au niveau national. De plus, cette plantation massive a été utilisée pour souder une population déchirée par des conflits sanglants pendant des décennies autour d’un projet commun. Même si ce ne sont pas des oliviers, ces arbres portent un espoir de paix…

Et ici ?

De notre côté, ici, à Sol-éco et dans nos autres activités, nous nous engageons pour la forêt. La notre déjà, car nous vivons autour de 450 arbres sur seulement 3400m2 (sans la maison). Nous l’entretenons avec amour et replantons régulièrement. Nous sommes également partenaires de Reforest’Action, la start’up qui plante des arbres. Grâce à un abonnement mensuel, nous plantons automatiquement des arbres sur des projets locaux ou éloignés. Avec plus de 3 millions et demi d’arbres plantés, ils sont encore loin des prouesses éthiopiennes et indiennes. Alors, soutenons-les !

La forêt couvre 30% de la France et pourtant, je vois toujours des zones vide où nous pourrions avantageusement planter des arbres… Les arbres que nous plantons aujourd’hui seront peut-être les arbres remarquables d’après demain. Un jour, j’irais voir avec ma famille les séquoia californiens de 5000 ans ou le châtaignier français qui date de 1515 !

arbre remarquable
Un platane remarquable à Missillac (56)

Sol-éco !

En choisissant des huiles Sol-éco, vous avez la garantie de produits efficaces et issus d’arbres ! Les graines de Tung, l’huile de camélia ou l’huile issue des peaux d’orange. Voici nos matières premières ! Elles sont simples et 100% d’origine naturelle. Ces plantations ne concurrencent pas les forêts primaires comme le palmier à huile dans certaines régions. Elles valorisent aussi des sous-produits, comme les peaux d’orange (ce qui aide au compostage en extrayant l’huile).

Bref, en achetant des huiles Sol-éco, vous faites un vrai choix ! Et nous vous en remercions !

Amicalement,

Guillaume Le Penher

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Comment protéger mon parquet massif ?

Comment protéger mon parquet en bois massif ?

Comme moi, vous aimez certainement les parquets massifs.

Pin, chêne, châtaigniers (pour éloigner les araignées paraît-il…), noyer (la classe !) et maintenant bambou. Avec les parquets massifs, il y en a pour tous les goûts et tous les budgets. Je ne parle bien sûr pas de teck ou de merbau à proscrire car la traçabilité et la durabilité de la ressource restent souvent trop incertaines.

Qu’il soit collé ou cloué sur lambourdes votre parquet massif apporte une touche chaleureuse à votre intérieur. De plus, un beau parquet valorise votre maison ou votre appartement. Bien entretenu, le parquet massif est un revêtement durable et écologique. Comme je reçois beaucoup de questions à propos de la protection et de l’entretien du parquet, il est temps que je partage avec vous mon point de vue (en toute subjectivité mais forgé au long de 25 ans de travail du bois…).

Alors, voici LA QUESTION EXISTENTIELLE qui revient sans cesse :

« Comment protéger mon parquet massif ? Avec de l’huile ou un vitrificateur ?… »

1/Petit retour en arrière…

Je me souviens de mon enfance où l’on « patinait » le dimanche avec de la paille de fer sur le parquet « petits bois » en châtaignier du salon… Ensuite, mon père passait de la cire liquide dont l’odeur de térébenthine se répandait dans la maison. Puis, deuxième séance de patinage avec un vieux pull de laine cette fois !

Vous aussi, vous avez connu cela chez vos parents ou vos grands-parents ?… Le grand avantage de cette technique un peu désuète résidait dans la possibilité de gratter la surface ponctuellement ou totalement afin d’enlever une tâche, un coup ou une griffure.

Par contre, la glissance était élevée. Cela permettait de belles figures acrobatiques avec les chaussons en feutre… et des rétablissements douloureux dans les escaliers ! Mes gencives se souviennent encore des échardes de sapelli enlevées une à une par le dentiste. Ouille !

Aujourd’hui, fini la cire ! Sauf peut-être dans les châteaux et chez mamie (n’oubliez pas les patins ;)). Les 2 techniques les plus populaires (et efficaces) pour protéger son parquet massif sont le huilage et la vitrification.

2/ La vitrification

Commençons par la vitrification. Il en existe 2 types :

  • La vitrification d’usine
  • La vitrification que vous faites chez vous

Cette protection de surface est plus dure que le vernis. C’est un produit à base de solvants en phase aqueuse. Dans le cas d’une vitrification d’usine, le seul choix que vous aurez éventuellement est le niveau de gloss (de brillance) de votre finition. Le niveau de brillance est régit par la norme NF EN ISO 2813. Comme toutes les normes bien faites, il faut débourser plusieurs dizaines d’euros pour avoir l’honneur de déchiffrer le texte officiel… Alors oublions-le !

Suivant les fabricants, votre vitrification pourra aller du mat au brillant extrême (plus rare de nos jours). Vous sentirez une bonne différence de prix par rapport à un parquet brut et c’est logique. Le grand avantage de ce choix est la rapidité et la facilité de mise en œuvre. Votre parquet est circulable 24 heures après la pose (suivant le type de colle utilisé). Par contre, malgré des produits de plus en plus performants en terme de résistance à l’abrasion, un parquet vitrifié reste fragile.

Parquet bambou massif vitrifié en usine

Vous pouvez décider d’acheter un parquet brut, moins cher, et le vitrifier vous-même. Dans ce cas, après la pose de votre parquet (collé ou cloué), vous devrez poncer à la bande ou à la ponceuse de parquet l’ensemble de votre surface. Attention, si vous utilisez une grosse ponceuse à parquet que vous aurez louée :

  • Poncez dans le sens des fibres (sauf en cas de ponceuse circulaire ou excentrique)
  • Descendez progressivement en grain (par exemple 80, 150, 240)
  • finissez les angles et recoins soit à la main, soit avec une ponceuse à main type “orbitale”.
  • aspirez soigneusement avant de vitrifier

Appliquez ensuite le vitrificateur en suivant les recommandations du fabricant.C’est un travail long et fastidieux mais le résultat est flatteur.

Au bout de quelques années, si l’on n’en prend pas assez soin, il faut recommencer le processus : ponçage au 150 puis 240, dépoussiérage, vitrification. Et si jamais le procédé vous ennuie, vous pouvez alors opter pour une solution plus souple… Le huilage !

3/ L’huile pour protéger mon parquet

Si vous avez déjà lu d’autres articles de ce blog (comme par exemple celui sur l’huile de Tung) vous avez déjà compris que je suis très attaché aux solutions naturelles et efficaces ! Vous aussi probablement et c’est la raison pour laquelle vous êtes encore là !

Comme dans la vitrification, vous avez 2 possibilités. Soit vous achetez votre parquet déjà huilé, soit vous le faites vous-même. Dans le cas d’un parquet huilé en usine, vous n’aurez pas le choix du type d’huile utilisé par le fabricant. Il s’agit généralement d’huile dure à base d’huile de lin préoxydée et de divers produits pétroliers. Vous obtiendrez une surface légèrement satinée et plutôt agréable. Par contre, ce type de protection n’a pas grand chose de naturel. De mon point de vue (forcément subjectif !), ces produits tiennent plus de la tambouille de chimiste que du produit naturel. Ils représentent tout ce que j’ai fuis en créant Sol-éco. La complexité de leur formulation est issue de la recherche de marges commerciales. Attention, je ne dis pas que ces huiles ne sont pas efficaces ! Simplement, si vous cherchez un produit naturel pour protéger votre parquet massif continuez plutôt votre lecture…

huile pour bois haute protection 1L
Huile Sol-éco pour protéger votre parquet en bois massif

Oubliez donc les huiles dures (danoises et autres) et optez pour une véritable protection écologique à base d’huile de tung pure, première pression à froid (comme l’huile d’olive !). L’huile de tung (ou huile d’abrasin pour “nos cousins de la fesse gauche” du Québec) protège durablement le bois et donc votre parquet. En effet cette huile issue d’une graine siccative naturellement. Elle sèche tout en laissant respirer le support, un peu comme un tissu Gore-tex. Un autre avantage de cette huile pour protéger votre parquet est sa facilité de reprise. En cas de tâche ponctuelle ou de griffure, vous pouvez revenir au bois brut facilement. Vous pouvez alors huiler à nouveau sans craindre une différence de teinte contrairement aux huiles dures.

4/ Comment procéder ?

La préparation de votre parquet est toujours primordiale quelque soit le type de finition pour lequel vous optez. Dans le cas du huilage avec l’huile Sol-éco, vous pouvez arrêter votre ponçage au grain de 180. Dépoussiérez soigneusement votre parquet. Commencez à huiler du fond de votre pièce vers l’entrée. Pour appliquer l’huile, en fonction de la taille de votre surface je vous conseille plusieurs techniques.

  • Vous pouvez utiliser une brosse large ou un rouleau pour la première couche. Vous gagnerez du temps pour imprégner votre parquet mais il y a une chose à respecter IMPÉRATIVEMENT : n’appliquez jamais une couche d’huile épaisse. Ce n’est pas une vitrification ! Essuyez soigneusement tout le surplus d’huile. N’essayez pas de saturer le bois à la première passe. Procédez par petites surfaces en tirant l’huile au maximum avec votre brosse ou votre rouleau. Si vous ne respectez pas cette règle, l’huile ne sèchera pas, fixera les poussières en suspension et vous consommerez trop de produit. Cette méthode n’est valable que pour la première couche.
  • Je vous conseille sinon d’utiliser un chiffon de coton (type “vieux T-shirt). Faites couler un peu d’huile Sol-éco sur votre parquet puis étalez-là en faisant des mouvements circulaires. C’est un peu plus long mais vous ne risquez pas d’avoir une mauvaise surprise à la fin. Souvenez-vous : tirez bien le film d’huile. Laissez pénétrer 24 heures avant de passer la seconde couche selon le même procédé.
  • Comme les autres produits, l’huile est sensible à l’hygrométrie et à la température. Trop froid (en dessous de 10°C), trop humide (il pleut des cordes dehors), remettez votre travail à des jours meilleurs !
  • Pour savoir si votre parquet est protégé correctement, vous pouvez laisser tomber une petite goutte d’eau dessus. Si la goutte s’écrase et pénètre le bois, repassez une couche (vous pouvez diluer cette couche avec 5% d’huile d’orange). Si la goutte reste en perle, votre huilage est efficace.
  • Avant de remettre le parquet en service, il est conseillé d’attendre au moins 48 heures. Si vous ne pouvez patienter (c’est souvent mon cas !), divisez votre espace en 2. Vous huilerez la seconde partie lorsque la première est circulable.

Je compare souvent le temps de séchage complet de l’huile à une chape en béton. On dit qu’une chape met 3 semaines pour être sèche à cœur. Il en va de même pour l’huile. Toutefois, vous pouvez quand même vivre dans votre pièce avant l’expiration de ce délai !

Parquet chêne massif protégé avec l’huile Sol-éco

5/ Conclusion

Pour récapituler cet article, voici ce qu’il faut savoir avant de choisir comment protéger votre beau parquet massif :

  • De quel temps disposez-vous ? Si vous êtes pris par le temps, choisissez plutôt un parquet vitrifié ou huilé en usine. Sinon, faites-le vous-même !
  • Quel est votre budget ? Suivant les essences, les dimensions et les épaisseurs les prix des parquets massifs varient beaucoup d’un marchand à l’autre. Dans le cas d’une pose collée, ne négligez pas le coût de la colle. En effet, ce poste de dépense peut vite monter à 15€ TTC le m2 ! Sachant également qu’il est prudent de majorer la consommation avancée par le fabricant de 10-15%. Cela évite de se retrouver sans colle avant la fin du chantier… Si vous souhaitez maitriser votre budget, optez pour un huilage “maison” avec de l’huile haute protection Sol-éco par exemple !
  • Finition naturelle ou chimique ? Chacun a ses propres niveaux d’exigence. J’ai formulé les huiles Sol-éco avec le plus haut degré d’exigence. Je n’utilise que des matières naturelles, renouvelables et valorisant des cultures alternatives (Tung) ou des sous-produits (huile d’orange issue des peaux).

J’espère vous avoir apporter un maximum d’information pour vous permettre de profiter pendant de nombreuses années de votre parquet massif (tout en stockant du carbone !)… Postez vos questions et commentaires sous cet article !

Amicalement,

Guillaume Le Penher

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Soyez incollable sur l’huile d’orange (D-Limonène) !

L’huile d’orange ou D-Limonène, efficace et naturel !

(Et devenez incollables sur le sujet en moins de 5 minutes chrono !)

 

huile d'orange 0,25l
Huile d’orange ou D-Limonène

Prêt à l’emploi !

Depuis que j’ai découvert l’huile d’orange ou D-Limonène, je n’ai jamais plus jamais acheté de diluants chimiques type white spirit, trichlo ou acétone ! Son efficacité combinée à son odeur incomparable d’orange fraiche m’a vite fait oublié ces vieux dérivés de pétrole. Rien de mieux pour nettoyer mes outils, spatules, pinceaux ou diluer huiles et graisses… avec une efficacité et un confort incomparable !

J’ai appris depuis que l’huile d’orange est déjà omniprésente dans nos vies quotidiennes ! Sous de multiples formes et pour de multiples usages… Je vous raconte maintenant tout ce que je sais à ce jour sur sa production, sa composition et ses qualités et ses usages.

Une orange pressée ?…

Orange Botanique !

Cette fameuse huile d’orange vient bien sûr de l’écorce du fruit simplement pressée à froid. Elle est produite en parallèle au jus d’orange, sur les mêmes chaines. L’extraction de l’huile de la peau aide au compostage (il n’y a plus de cire) tout en valorisant un “rebut”. C’est déjà intéressant !

De la famille des Rutacées, l’oranger doux est un des arbres les plus cultivé sur la planète ! Sa floraison printanière est abondante et remarquable par son parfum qui se diffuse jusqu’en été. Par contre, l’eau de fleurs d’oranger que nous utilisons en cuisine pour parfumer les crêpes et gâteaux est extraite de l’oranger amère ou bigaradier. Originaire de Chine, Citrus sinensis (l’oranger doux) est un arbre à feuilles persistantes et peu rustique. Adulte, il atteint 5 à 10 mètres de hauteur. Il affectionne les étés chauds et humides et les hiver doux et secs. En pleine terre, il se développe dans des sols acides, riches et bien drainés car ses racines détestent l’eau stagnante. Comme tous les agrumes, il faut le tailler pour encourager la fructification puisque les fruits ne se développent que sur les pousses de l’année.

Une orange pressée ?

La consommation de jus d’orange dans les pays occidentaux tend à se stabiliser voire à décliner mais le marché mondial reste dynamique à la faveur du développement de nouveaux marchés dans les pays émergents. Le Brésil reste le champion de la production d’orange et donc de D-Limonène. Les autres grands producteurs sont en Floride, en Espagne ou en Chine. Plus des 2/3 des oranges sont destinées au jus. En Floride, 90% des agrumes produits terminent en jus ! Ce secteur emploi 45 000 personnes au total et pèse 8,6 milliards de $ avec les retombées économiques pour l’état. en 2010, l’Europe et l’Amérique du Nord ont avalé plus de 80% de la production mondiale de jus ! Avec ces niveaux de business, ça ne rigole plus ! Du coup, le partage du marché ressemble à un cartel avec 4 entreprises qui écrasent littéralement le marché dont Coca-cola (Minute Maid) et Tropicana.

Il faut bien différencier la production de jus d’orange et la production de fruits frais. Le bassin méditerranéen réserve 85% de ses fruits pour la table quand le Brésil n’en mange que 20% ! Il y a 2 “mondes” de l’orange : le marché du fuit frais et la production industrielle de jus ainsi que plusieurs sous-produits (Limonènes, huiles essentielles, cires, pellets).

Le parfum enivrant de l’oranger…

Génétique et agrumes

Nous avons visité en 2009 une zone de culture d’oranges à jus implantée en joint-venture par “Tropicana” et une filiale du groupe de BTP chinois “3 Gorges construction group” au sud-est de Chongqing, en Chine. Cette zone avait été choisie spécialement pour la garantie hors-gel de son climat et une hydrographie naturelle favorable (les agrumes boivent beaucoup l’été !). Après plusieurs épisodes de gel en Floride au tournant du 21ème siècle, Tropicana avait décidé de collaborer avec la Chine pour sécuriser la production. Une bonne affaire pour Pékin qui a récupéré dans l’affaire toutes les souches variétales de Tropicana… Combinée à celles déjà cultivées en Chine, cela représente plus de 90% de la génétique mondiale des agrumes.

Maquette de la plantation et diversité génétique des oranges chez Pai Sen Bai, Chongqing, Chine

Géopolitique de l’orange

Au milieu des plantations, avec cette odeur permanente d’orange fraiche, se trouvent l’usine de pressage et la pépinière. Le jus produit était exporté en qualité NFC (Not From Concentrate) ou FCOJ (Frozen Concentrate Orange Juice) en cuves de 1000L. L’huile brute était revendue en Chine. Cette visite dans la campagne de Chongqing nous a fait comprendre une part de la géopolitique qui se joue derrière notre verre de jus d’orange ! Le jus d’orange vendu en Europe provient bien souvent du Brésil ou des États-Unis. Il arrive par tanker à des terminaux portuaires dédiés, notamment en Allemagne ! On est loin de la publicité idyllique du fruit frais pressé et bourré de vitamines (et de sucres…) ! Pourtant , c’est bien la vérité. Le jus de base arrive sous forme de FCOJ  pour être ensuite réhydraté et embouteillé.

Visite d’une usine de jus d’orange à Chongqing, Chine

Cette géopolitique de l’orange, elle commence avec les médecins chinois qui connaissent ses vertus médicinales depuis plus de 4000 ans. L’huile essentielle d’orange est très largement utilisée et ses bénéfices multiples. L’arbre s’est propagé jusqu’en Europe grâce à la route de la soie. Il est cultivé en Italie depuis la fin de l’Empire romain. En Espagne, ce sont les Arabes qui l’introduisent en Andalousie. Il a conquit les Indes occidentales au fil des explorations portugaises et espagnoles.

 

Pépinière et jeunes plants d’oranger à Chongqing, Chine

USAGES ET COMPOSITION DE L’HUILE D’ORANGE ou D-Limonène

L’huile d’orange ou D-Limonène,  est un terpène, c’est-à-dire un hydrocarbure comme le camphre ou le caoutchouc. Elle est commercialisée sous plusieurs dénominations : Terpène d’orange, huile d’orange, D-Limonène. Sa formule chimique est C10H16 et sa masse molaire est de 136,2g/mol. Son point éclair est de 48°C et son point d’auto-ignition est de 237°C. Le D-Limonène est également un constituant naturel de certains légumes comme le cornichon ou le céleri…Voilà, ça c’est dit !

Groupe de fleurs d’oranger par Sophie

Du menthol dans mon orange !

Depuis les années 60, l’industrie agroalimentaire utilise l’huile d’orange comme agent de saveur dans les boissons sans alcool, les chewing-gum ou les gâteaux. Je ne vous ai pas encore dit que c’est une molécule étonnante. En effet, le limonène est une molécule chirale, c’est-à-dire composée de 2 énantiomères. En gros, la molécule est composée de deux parties quasi-symétriques mais avec des propriétés différentes. Cela parait compliqué mais vous allez vite comprendre : lorsque l’on sépare les 2 énantiomères, l’un a le goût d’orange (D-Limonène) et l’autre le goût menthol (L-Limonène) ! L’huile d’orange (L-Limonène) est donc la première source de menthol pour l’industrie agroalimentaire !

Qui veut mon huile d’orange ou D-Limonène ?

On l’utilise aussi dans les savons, détergents et produit cosmétiques en tant qu’arôme. En décryptant les étiquettes des produits d’entretien ou de cosmétique vous vous rendrez compte que le Limonène est présent partout ! Plus étonnant, les propriétaires d’imprimantes 3D se ruent sur l’huile d’orange depuis quelques années car elle dissout (et 10 sous, c’est pas cher !) les fils HIPS qui soutiennent souvent la structure imprimée sans endommager le fil ABS.

L’industrie lourde n’est pas en reste et emploie le Limonène en tant qu’agent de dispersion ou de mouillage dans le secteur de la production de résines. J’ai trouvé beaucoup d’éléments intéressants dans la littérature technique québécoise car l’usage de l’huile d’orange s’est démocratisé plus vite outre-Atlantique. La recherche canadienne s’est donc intéressée de près aux usages et aux risques du Limonène. Quand je parle de Limonène tout court, il s’agit du mélange naturel L-Limonène et D-Limonène bien sûr !

 

Fleur d’oranger par Sophie

Protocole de Montréal

En 1987,le protocole de Montréal est signé. C’est le premier protocole mondial de protection de la planète. Il vise à éradiquer l’usage de certains produits chimiques et gaz. J’avais 10 ans et je me souviens que dans les années qui ont suivies, nous avons beaucoup entendu parler des CFC qui étaient responsables du trou dans la couche d’ozone… 30 ans après, la communauté scientifique est plus optimiste sur l’avenir de cette couche qui filtre certains rayons cosmiques néfastes.

Le Protocole de Montréal a interdit le Trichloroéthane et le trichloréthylène, des solvants industriels extrêmement volatils et toxiques. L’huile d’orange ou D-Limonène a remplacé ces solvants dans certains usages : dégraisser machines et soudure, nettoyer (dégraver) les écrans de sérigraphie, nettoyer les cartes électroniques, diluer et dissoudre les peintures glycérophtaliques et les huiles minérales ou végétales, dissoudre le cambouis… Tout en diffusant une odeur bien plus plaisante et moins agressive en comparaison avec les solvants chimiques. On l’emploi même pour nettoyer les tâches difficiles des fuselages d’avion !

Plastique orange…

le fatal tourne disque orange…

Les années 70 nous ont laissé de nombreux objets, meubles et tissus d’une belle couleur orange flashie… Le 21ème siècle nous apportera peut-être un nouveau matériau aussi prometteur qu’inattendu  : le plastique d’orange ! Il est fabriqué à partir d’huile d’orange combinée à du CO2. Ce n’est encore qu’un matériau de laboratoire mais je rêve déjà de le voir remplacer une part croissante de nos vieux polymères ! Orange ou pas, voici un plastique qui devrait mettre tout le monde d’accord…

Synthétique ou naturel ?

En effet il y a D-Limonène et D-Limonène… Certains produits sont entièrement chimiques. Notre D-limonène provient, lui, exclusivement d’origine NATURELLE ! Selon cette étude, la molécule d’origine naturelle serait moins allergisante que son homologue de synthèse. Toutefois, “naturel” ne veut pas dire “sans danger“. L’huile d’orange ou D-Limonène pénètre principalement par les voies aériennes. Il faut donc toujours travailler dans des lieux bien ventilés ! Le contact prolongé avec l’huile d’orange peut parfois assécher la peau et la rend photosensible.

Il y a peu d’études toxicologiques disponibles actuellement. La seule littérature existante est même parfois contradictoire. Les articles les plus complets sont canadiens. Je vous mets des liens intéressants à ce sujet en bas de page.

Comme en toute chose, appliquez votre bon sens ! Vêtements adaptés, lunettes de protections, gants, ventilation et/ou protection respiratoire sont maintenant des gestes normaux. Heureusement, nous ne sommes plus au temps des ouvriers clope au bec, dans un bruit assourdissant et un nuage de poussières d’enfer, sans aucune protection. Ils ne faisaient pas de vieux os mais ils étaient fiers d’effectuer un dur labeur ! J’en ai connu quelques-uns au début de mon apprentissage…

Fier mineur !

Tourneur-fraiseur

Do it Yourself…

Cet article vous a donné l’envie de produire votre propre huile d’orange ? J’ai déniché pour vous le site qu’il vous faut pour devenir le “pro” de l’extraction de terpène d’orange et enfin briller en société !

Si cet article vous a plu, faites-le circuler ! Diffusez le savoir… Et MERCI de m’avoir lu. Je réponds à tous vos commentaires et questions !

Amicalement,

Guillaume Le Penher

PS : Cet article est également le premier à accueillir les dessins de ma femme et creative partner for ever : Sophie !

Vous pouvez voir ses dessins quotidiens publiés notamment ici !

 

 

 

CENTRE ANTIPOISON : http://www.centres-antipoison.net/

FICHE DE SÉCURITÉ : lien

Sources :

  • Un travail très complet de Denis Bégin et Michel Gérin, du Département de Médecine du Travail et d’Hygiène du Milieu de l’Université de Montréal.

“La substitution des solvants par le D-Limonène”

http://www.irsst.qc.ca/media/documents/PubIRSST/B-057.pdf

  • Répertoire toxicologique canadien :

http://www.csst.qc.ca/prevention/reptox/Pages/fiche-complete.aspx?no_produit=248898

  • Un bon article scientifique sur tous les usages actuels et futurs de l’huile d’orange

http://www.exchem.fr/limonene.htm

  • Les tourbillons du marché mondial du jus d’orange

The world’s leading producer of orange juice is getting squeezed

  • L’huile essentielle d’orange

https://www.passeportsante.net/fr/Solutions/HuilesEssentielles/Fiche.aspx?doc=huile-essentielle-orange-douce

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2500 ans d’efficacité : une histoire de l’huile de Tung.

Bardage huile de Tung

L’ huile de Tung : efficacité prouvée depuis 2500 ans !

Utilisée en Chine depuis plus de 2000 ans, l’huile issue de la noix de Tung n’a pas fini de nous offrir ses qualités exceptionnelles… Appelée “Abrasin“, “huile d’abrasin” ou “Aleurite” par les canadiens, cette huile est également connue sous le nom d’huile de bois de Chine. L’ huile de Tung est la plus ancienne huile siccative connue.

J’ai découvert cette huile de Tung il y a plus de 10 ans lorsque je cherchais une alternative aux vernis et finitions chimiques pour le bois. Je l’emploie dans presque toutes mes popotes pour protéger les meubles, les objets et les sculptures que je créé avec mon épouse, Sophie (vous pouvez d’ailleurs voir une partie de notre travail commun alliant bois et verre en suivant ce lien).

Il faut que je vous prévienne d’emblée : face à la richesse de l’histoire de cette substance naturelle, je ne peux me résoudre à faire un article court ! Je vais donc vous exposer un condensé des connaissances botaniques, techniques et historiques de l’huile de Tung.

1/ Botanique

Fleurs de Tung mâles et femelle
On voit ici 2 fleurs mâles et une fleur femelle dont les pétales sont tombés. Photo issue du site anglais suivant : http://www2.palomar.edu/users/warmstrong/tungoil1.htm

fruit de Tung

    coupe du fruit de Tung
  • Caractéristiques

En chinois You Tong ferait référence à sa feuille en forme de cœur, nom scientifique Vernicia fordii (anciennement Aleurites fordii). Petit arbre (3 à 12m) à feuilles caduques comprenant 3 espèces en Asie orientale et Océanie. Son biotope est situé sous le 30ème parallèle (Sud de la Chine, Sud des États-Unis, Argentine, Paraguay, Afrique) dans des sols humifères et légèrement acides. La production démarre vers la 3ème année et le pic de production se situe vers 10-12 ans. L’exploitation commerciale dure environ 20 ans. Les fruits tombent entre septembre et novembre. Ils sont d’abord séchés à l’air puis pressés à froid. La noix contient environ 20% d’huile.

  • Utilisations traditionnelles

Cet arbre sert parfois d’espèce de reforestation. Ses usages sont multiples : bois d’œuvre (meubles), la coque brûlée des graines donne un excellent charbon actif, les feuilles, l’huile et les graines sont utilisées comme insecticide contre les pucerons, les chenilles, les mouches ou les courtilières (taupes grillon qui provoquent des dégâts dans les cultures en sectionnant les racines des végétaux). Les graines, l’huile, les fleurs, les racines, les fruits immatures et les feuilles sont utilisées en médecine traditionnelle chinoise pour soigner les bosses, les ecchymoses et les brûlures (source : Dictionnaire Ricci des plantes de Chine, éditions du Cerf, page 554).

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Attention : Toutes les parties de l’arbre sont toxiques par ingestion ! Des cas d’intoxications sont régulièrement révélés en Chine ou à Taïwan suite à une confusion avec des châtaignes. Pourtant, le fruit est vraiment différent… Les symptômes apparaissent rapidement (problèmes cardiaques, perte de réflexes, nausée et vomissements). Ils disparaissent généralement dans les 24 heures.

2/ Histoire des usages de l’huile de Tung

Premièrement, on dit que Confucius (551-479 AV J-C) mentionne son emploi dans confection de la laque traditionnelle chinoise. Marco Polo en aurait aussi rapporté un échantillon… Certains usages anciens sont mieux documentés.

  • La Grande Muraille de Chine

L’histoire de l’huile de Tung commence il y a plus de 2000 ans avec la construction de la Grande Muraille de Chine. Cet édifice mondialement connu est l’un des seuls ouvrages pérenne que la Chine ancienne nous a légué. La majeur partie du patrimoine chinois étant construit en bois, la Chine n’est pas un “Pays de vieilles pierres”. La muraille est unique ! Cyrille Javary, éminent initiateur à la culture chinoise nous explique sa vision : “la construction de la muraille de Chine est la réponse d’un peuple d’agriculteurs sédentaires à l’attaque de barbares nomades. Elle contrôle les mouvements Nord-Sud et est vectrice de communication Est-Ouest. Son rôle n’est pas tant de stopper l’envahisseur mais de pouvoir arrêter ces pillards alors qu’ils remontent vers leurs terres ralentis par leur chargement…” (Cyrille J-D JAVARY, La souplesse du dragon, Albin Michel).

La grande muraille de Chine à Jinshanling
La grande muraille de Chine à Jinshanling, 2011. Photo archives Sophie et Guillaume Le Penher

La grande muraille doit sa longévité à la résistance de son mortier. En effet, le Nord de la Chine est soumis à un climat continental (chaud l’été, froid l’hiver) qui met la pierre à rude épreuve. Pourtant la muraille résiste aussi bien aux assauts climatiques qu’aux tremblements de terre (dans une certaine mesure). Le secret de cette longévité réside dans la recette exclusive de son mortier ! Alliant carbonate de calcium, riz gluant et huile de Tung, ce mélange est souple, collant, hydrofuge et durable ! C’est l’huile de Tung qui rend le mortier hydrofuge. Les joints sont donc protégés de l’éclatement par le gel en hiver. http://www.pourlascience.fr/ewb_pages/a/actu-le-riz-gluant-fait-le-mur-25276.php

  • La construction navale

Le charbon actif issu de la carbonisation de la coque des noix mélangé avec de l’huile de Tung sont les constituants du premier coaltar utilisé pour étanchéifier les coques des bateaux. L’Empereur Yong Le confia à Zheng He (un eunuque musulman fidèle de la première heure à l’Empereur) “l’organisation d’une formidable armada maritime destinée à aller porter au plus loin l’éclat recouvré de l’Empire chinois. La flotte de Zheng He est impressionnante par son avancée technologique” grâce à 2 inventions majeures : la boussole et le gouvernail d’étambot. L’armada de Zheng He compte un millier de navires, dont le coeur est constitué d’une soixantaine de jonques géantes longues de 120 à 140 mètres de long et 50 de large et accueillant ensemble plus de 2000 passagers (soldats, savants, officiels et même jardiniers qui y cultivent des légumes frais afin d’éviter le scorbut).

75 ans plus tard, Christophe Colomb partira sur une caravelle d’à peine 30 mètres de long avec une quarantaine de marins… (d’après Cyrille JAVARY, “La souplesse du dragon”, éditions Albin Michel).

Yong Le
L’empereur Yong Le, Dynastie Ming

Zheng He
Le navigateur Zheng He (1405-1433)

  • L’encre de Chine

Mondialement connue, son origine est trouble. Elle viendrait d’abord d’Inde. Il faut d’abord savoir qu’il existe de nombreuses recettes et qualités différentes d’encre de Chine. En flacon ou en bâton, elle reste l’apanage des artistes et des lettrés. Sa composition semble toutefois immuable : du noir de fumée, issu de la carbonisation de végétaux (pin) et de résine et de l’huile de Tung. Elle n’est pas indélébile et sa densité est fonction de sa qualité (https://chine.in/guide/encre_4442.html). Cette encre est utilisée depuis des millénaires en Chine.

  • Les usages modernes

A partir du début du XXème siècle, l’industrie s’est emparée des vertus de l’huile de Tung. Les encres industrielles, les peintures, les vernis, la laque, le linoleum en contiennent alors une bonne proportion. Cette huile est naturellement siccative par oxydation au contact de l’air. En séchant, elle forme un film mat, souple et respirant. Elle colore à peine le support, ne fonce pas avec le temps et ne moisit pas contrairement à l’huile de lin. Son seul défaut est son odeur jugée désagréable par certains (comparée aux solvants pétroliers, je préfère sentir une petite odeur de frite plutôt qu’une bonne dose de COV délétères pour la santé…).

huile de Tung pour bois sol-éco
Huile de Tung Sol-Eco Pure, bidon PEHD de 5 litres

  • L’essor de l’industrie

Les États-Unis deviennent  les plus gros importateurs d’huile de Tung en provenance de Chine. Le premier arbre est introduit dans le sud des États-Unis en 1905. Rapidement, des plantations sont mises en place afin de pallier les importations insuffisantes. Ces plantations sont porteuses de grands espoirs. Les fermiers y consacrent de plus en plus d’espace durant les années 1920-30 car ils sont en recherche de cultures rentables après la crise de 1929. Le Mississippi, la Géorgie, la Louisiane et une partie de la Floride deviennent alors les bastions américains du Tung.

Bardage huile de Tung
Protection d’un bardage en mélèze avec de l’huile de Tung Sol-Eco. L’huile de Tung pénètre en profondeur dans ce bardage exposé plein Sud et laissé brut pendant 9 ans. La première couche redonne de la souplesse au bois tandis que la seconde protège par imprégnation.

Pendant la seconde guerre mondiale, l’huile de Tung est déclarée d’importance stratégique. Elle sert à protéger les munitions de la corrosion et de l’humidité. On l’emploie également en tant que substitut au gasoil pour les véhicules militaires. L’embargo japonais sur la Chine rend l’approvisionnement mondial délicat.

  • Le déclin des années “Pétrochimie”

Après la guerre, l’apparition du polyuréthane (https://fr.wikipedia.org/wiki/Polyur%C3%A9thane) puis de dérivés pétroliers à bas coût diminue progressivement l’attrait de l’huile de Tung. De plus, des gelées tardives au court des années 50 et 60 mettent à mal la production américaine. La rentabilité des plantations chute face à l’huile en provenance d’Argentine ou du Paraguay. Les tempêtes de la fin des années 60 détruisent une bonne part des surfaces plantées en Amérique du Nord. Malgré la mise au point d’un clone à floraison tardive les agriculteurs américains renoncent quand même à cette culture dès le début des années 70. Aux États-Unis l’arbre est aujourd’hui classé en catégorie 2 des pestes exotiques comme espèce invasive… Fin de l’histoire ?

  • Et… Le renouveau de l’huile de Tung !

L’histoire continue aujourd’hui ! Après être resté un marché de niche pendant 30 ans, l’huile de Tung revient au premier plan. Elle protège même les soudures des circuits imprimés de certains de nos appareils domestiques (quand ses cours mondiaux ne s’enflamment pas…). Dans le Sud des États-Unis une entreprise a en effet récemment relancé la culture dans le golfe du Mexique ! Voir cet article. Les éléments de cette section de l’article sont traduits de cette page : http://www.floridamemory.com/blog/2014/07/23/floridas-not-so-native-tung/

3/ Propriétés et mode d’emploi de l’huile de Tung

Fiche technique

Aspect : liquide visqueux et ambré

Densité : 0,933-0,938 à 25°C

Point éclair : 289°C

Auto-ignition : 457°C

COV : 0g/L

L’odeur caractéristique de l’huile disparait au bout de quelques jours. On peut la masquer en utilisant de l’huile d’orange pour la dilution.

Selon la réglementation européenne, l’huile de Tung ne présente pas de danger pour la santé humaine ( https://echa.europa.eu/substance-information/-/substanceinfo/100.029.338). Pure, elle est stable et ne nécessite pas de pictogramme particulier pour son transport (pas d’inflammabilité notable).

Notre huile de Tung est originaire du Guizhou en Chine. Nous développons des partenariats artistiques et commerciaux sur place depuis 2009.

timbre du Malawi Tung Tree
From Malawi with Love, Tung Tree

  • Mise en œuvre

L’huile s’applique aussi bien au pinceau, au chiffon, à la mèche de coton ou au pad de huilage. D’abord, il faut bien préparer le support par un ponçage au grain de 180 minimum. Le dépoussiérage est extrêmement important (brossage, passage à l’eau, aspiration…). Les éventuelles poussières résiduelles vont s’amalgamer avec huile et former des grattons au séchage. Personnellement, je déteste cela !

Ensuite, les 2 premières couches d’huile sont diluées avec l’huile d’orange à 50% pour l’huile de Tung pure. Vous pouvez également utiliser notre mélange prêt à l’emploi et ajouter 10 ou 20% d’huile d’orange pour l’affiner. La dilution permet à l’huile à la fois de mieux pénétrer en profondeur et de limiter les excès sur le support. Enfin, après application, essuyer le support puis laisser sécher au moins une nuit. Réitérer l’application suivant le même process. A partir de la 3ème couche, utiliser soit l’huile de Tung diluée à 10 ou 20% ou bien notre mélange prêt à l’emploi.

  • Avantages

Par rapport aux autres huiles disponibles sur le marché, l’huile de Tung est économique. Son pouvoir couvrant est supérieur et son film plus résistant à l’eau notamment face à l’huile de lin. La finition huilée est très facile d’entretien. En effet, on peut reprendre un support de manière ponctuelle, ce qui n’est pas faisable avec un vernis. Par exemple, du mobilier de jardin dont le vernis est écaillé nécessite un long et fastidieux travail de remise en état alors qu’avec une finition huilée il n’y a jamais besoin de mettre le bois à nu. Du coup, ça nous laisse plus de temps pour s’y reposer ! Nos huiles ne sont pas catalysées chimiquement en conséquence elles sont plus stables avec un point éclair plus haut.

4/ Conclusion

Depuis 2500 ans cette huile accompagne l’humanité ! Aujourd’hui de plus en plus de personnes, professionnels ou amateurs, la découvrent ou l’utilisent régulièrement. Dans ce monde où nous devons tous faire attention à notre impact sur l’environnement l’huile de Tung est effectivement une alternative naturelle et durable aux finitions chimiques.

Se pencher sur son histoire, c’est découvrir la face cachée des progrès de la civilisation. L’Homme a toujours eu besoin de la nature par contre l’inverse n’est pas si sûr ! A travers cet article, j’espère vous avoir communiqué un peu de la passion qui m’anime lorsque je parle de ces produits naturels qui me fascinent tant !

A bientôt pour un nouveau partage de connaissances !

Amicalement,

Guillaume Le Penher

African-American workers gathering tung nuts on a farm near Tallahassee (circa 1960s).
Une autre photo de l’exploitation du Tung en Floride http://www.floridamemory.com/blog/2014/07/23/floridas-not-so-native-tung/

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Shou Sugi Ban : Une tradition japonaise exceptionnelle !

chalumeau et bois brûlé
brûlage du bois

Avez-vous déjà entendu parlé du Shou Sugi Ban ou Yakisugi ?…

Cette technique de brûlage du bois de bardage était très employée dans le Japon médiéval. En effet, comme dans les villes d’Europe, les maisons japonaises était majoritairement construites en bois. De plus, les rues étaient étroites. Cela favorisait la propagation d’incendies gigantesques comme celui de Chartres en 1134, de Bourges en 1252 ou ceux qui ravagèrent l’ancienne capitale du Japon : Edo. Ces incendies urbains étaient parmi les pires calamités que les habitants avaient à redouter. La ville d’Edo a connue à elle seule 85 incendies majeurs durant son histoire !

Des avantages multiples !

Les japonais ont donc pris l’habitude à cette époque de brûler les bardages de cèdre (cryptomeria japonica) qu’ils employaient pour leurs façades. Les avantages de cette technique sont multiples. D’abord, tout bois brûlé devient plus résistant et ralentit la propagation du feu entre les bâtiments. Le bois ainsi traité ne contient plus d’amidon dans ses couches supérieures, les insectes xylophages et les champignons n’ont donc plus rien à y faire ! Autre avantage, le bois brûlé est extrêmement résistant aux UV (qui est une des causes majeures du vieillissement du bois). Après le huilage final le bois est hydrofuge, limitant ainsi les variations dimensionnelles. Le bois ainsi préparé est réputé durer près d’un siècle ! Quel traitement chimique nous garantit une telle longévité ? Ne cherchez pas, il n’y en a aucun !

Vous l’aurez compris, le Shou Sugi Ban mérite vraiment qu’on s’y arrête car il présente de nombreux avantages pour la réalisation d’éléments extérieurs en bois massif. Les multiples variations des tons du brûlage du bois offrent également toute une palette d’effets pour la décoration intérieure. L’intensité du feu, les essences employées (cèdre, douglas, chêne, pin…) et le débit (dosse ou quartier) sont les 3 facteurs à explorer pour faire varier son esthétique.

Voici le procédé que j’utilise pour faire mon Shou Sugi Ban :

Matériel :

  1. Vos planches (essence, épaisseur et type de débit à votre convenance)
  2. Chalumeau de couvreur avec sa bonbonne de gaz
  3. De l’eau pour stopper le feu
  4. Brosse métallique ou synthétique (plus souple)

chalumeau en action
chalumeau en action

Huile de Tung Pure Sol-éco, bidon de 5 litres

Pure Huile de Tung 5L

Bidon de 5 litres, huile Sol-éco
huile Sol-éco

Procédé du Shou Sugi Ban :

Brûler le bois à l’aide du chalumeau en veillant à être régulier dans le brûlage pour obtenir une teinte homogène.

brûlage sur chêne
brûlage sur chêne

Lorsque le bois est bien brûlé en surface ou que vous estimez que sa teinte vous convient, arrêter le feu avec de l’eau puis laisser le bois à la verticale pour que l’eau puisse ruisseler hors de la planche. Laisser sécher quelques instants (variable en fonction du climat…).

stopper le feu avec de l'eau

Une fois la planche sèche, brosser le bois dans le sens des fibres pour enlever la couche carbonisée et friable. Pour cette étape, je préfère utiliser une brosse souple (type balai brosse) car elle creuse moins le bois.

brossage shou sugi ban
brossage des parties friables

Appliquer ensuite généreusement l’huile Sol-éco haute protection à l’aide d’un spalter ou d’une brosse large.

application de l'huile Sol-éco
application de l’huile Sol-éco

huilage au pinceau shou sugi ban

Puis, à l’aide du chalumeau, sécher l’huile en chauffant l’ensemble de la planche. Régler la flamme avec moins de puissance que lors du brûlage. Le but étant d’accélérer la catalyse de l’huile par évaporation des parties volatiles et non pas de rebrûler votre planche !

re-brûlage de l'huile
chauffer l’huile aide à la faire pénétrer en profondeur

Et voilà ! L’ensemble de ces opérations vous auront pris environ 10 minutes pour une planche de bardage classique. Votre bois est maintenant prêt à traverser le temps !

final shou sugi ban
c’est parti pour des décennies !

Utilisations du Shou Sugi Ban:

Hors le bardage, j’ai également utilisé cette technique pour mes potagers en carrés que je réalise avec du bois de coffrage (non-traité). L’avantage est d’utiliser du bois vraiment pas cher et de le rendre esthétique et durable même en contact direct avec la terre. Un autre avantage de cette technique est la constance de l’esthétique : en effet, le bois a le même aspect du premier au dernier jour. Plus de surprise ou de déception quant à l’évolution de sa couleur dans le temps !

Il existe de multiples applications au Shou Sugi Ban et quelque chose me dit que nous en verrons de plus en plus dans les années à venir… En guise de conclusion, je vous propose également une petite vidéo dont l’ambiance champêtre japonaise a tout pour me séduire !

Et maintenant, à vos chalumeaux !

Guillaume Le Penher